CharivariDans son ouvrage consacré aux Jacobins de l’Ouest[1], Christine Peyrard rapporte plusieurs exemples de résurgences de pratiques « folkloriques » durant les mobilisations populaires des quatre premières années de la révolution dans la Sarthe. Nous en avons retenus deux qui se déroulèrent dans l’est du département à quelques dizaines de kilomètres de Nogent-le-Rorou.

A Mamers[2], ce fut la pratique séculaire du charivari qui connut une forme de politisation. En novembre 1791, un marchand drapier ayant refusé de faire baptiser son enfant par le prêtre constitutionnel subit un tapage au son du clairon et le lendemain fut promené à dos d’âne dans les rues de la ville. Le lendemain, les attroupé s’étaient promis de faire subir le même traitement à la marraine du même enfant mais finalement ils se rendirent à une vente à l’encan d’une charretée de bois saisie dans la forêt de Perseigne, vente qu’ils perturbèrent quelque peu en se partageant le bois après avoir chassé du lieu  l’huissier et les gardes de la forêt. Le même marchand subit une seconde émeute en avril  1792, le rumeur circulant dans la ville qu’il faisait dire des messes nocturnes par des prêtres réfractaires. Il fut trainé de force avec sa femme, l’enfant dont il a été question plus haut et deux employés, sur la place publique où ont leur coupa les cheveux, puis ils furent promenés dans les rues de la ville dans un tombereau sous les huées et les insultes de la ville. Il ne semble pas qu’il eût de poursuites même si le district qualifia la scène de scandaleuse[3].

A Sceaux-sur-Huisne, en mai 1792, les gardes nationaux du bourg et de communes voisines abattirent le mai[4] qui avait été dressé devant la maison du maire, celui-ci étant accusé d’être aristocrate.



[1] Christine, PEYRARD. Les Jacobins de l’Ouest. Paris : publications de la Sorbonne, 1996.

[2] Ville de l’est du département que Christine Peyrard décrit comme étant en  insurrection quasi-permanente entre 1789 et 1793.

[3] A. D. 72 L 269.

[4] L’érection d’un mai devant la maison des notables était une pratique honorifique courante dans la Sarthe.