Image Les cent jours

Chasles et les Cent-Jours ( mars – juillet 1815 ).

Durant les Cent-Jours, la famille Chasles étant au plus juste, l’ex-conventionnel écrivit à Carnot, alors ministre de l’intérieur, le 12 avril 1815, pour solliciter à nouveau la place de bibliothécaire du Panthéon ( actuelle bibliothèque Sainte Geneviève ) que lui avait soufflé Le Chevalier, un dizaine d’année auparavant, ce dernier ayant disparu depuis le 15 mars[1]. Démarches vaines. Le lendemain, 13 avril, il sollicitait Fouché lui faisant parvenir un état de sa situation domestique et se déclarant prêt à assumer toute fonction dans l’intérêt général[2]. Cette fois encore sa démarche fut stérile. Quelques mois plus tard, en mai 1815,  il exprima ses sentiments sur ces refus dans des lettres adressées à son fils :

« si j’avais suivi le torrent, et capitulé, comme tant d’autres, j’aurais depuis longtemps des emplois, des revenus, peut-être des cordons. […] certes, je n’envie pas le sort brillant de quelques-uns de mes collègues ; mais je regrette mon sacrifice et mes efforts puisqu’ils ont nui à votre mère et à vous. » Puis en juin : «  pour me consoler, autant que possible, voici comme je raisonne : l’année dernière à pareille époque, étions-nous mieux avec les cosaques, les Bourbons et les prêtres ? »[3]

Selon M. M. Pichois et Dautry, il dut coopérer au journal l’Indépendant, fondé par Fouché, durant cette période ; journal qui sous la seconde restauration prit le nom de Le Constitutionnel et devint l’organe de ralliement des libéraux, des bonapartistes  et des anticléricaux. Mais il ne reste aucune preuve de cette activité qui demeure hypothétique.


[1] Bibliothèque de la Ville d’Angers, ms. 1289, fos 92-93.

[2] A. N. F7. 6711, plaq. 3, pièce 190.

[3] Voir PICHOIS, DAUTRY. Le conventionnel Chasles… Pages 126.