Registre FévrierLe samedi 26 février : 26_02_1791

  • La municipalité débattait d'abord d’une affaire concernant le Sieur Villambre, maréchal des logis du détachement de Dragon en stationnement dans la ville, accusé de façon explicite par des officiers municipaux et le maire d’avoir tenu des propos inciviques chez un « limonadier » :

« Ce Jourd'hui Vingt Six Fevrier mil sept cent quatre vingt onze du matin dans l'aSSemblée du Corps Municipal de la ville de NoGent le rotrou ou Se Sont trouvé M. M. Crochard maire, Baugars, Dagneau, Mallet, ProuSt, VaSseur officiers municipaux et Sieur Lequette procureur de la commune Lequel a fait rapport d'une requette preSentée par le S . Villambre marechal des logis a M. M. les membres du Directoire du District de cette ville expositive de faits absolument etrangers à l'imputation a lui faite, et par laquelle Il demande la comparution des officiers municipaux au directoire du District auX Fins de se disculper Sur les delits a lui imputés ; de la deliberation du Directoire du District en date du vingt cinq fevrier prèsent mois.

Les officiers municipaux observent premierement que la conduite que peut tenir un officier municipal dans les caffés et autres lieuX public ne peut nullement reflechir Sur le corps, qu'ils ne Sont point solidairement responsables des ecarts auXquels peut se livrer l'un d'eux : en conSequence que la conduite que le S. Marguerite a tenüe à l'egard du S. Villambre n'a aucun rapport auX motifs de la plainte qu'ils ont portée contre ce dernier.

Quant auX procedés du S. Villambre ils portent avec eux ce caractere de reporbation et de publicité le moins equivoque, ce qui le prouvera par le Recit des faits ; le Seize de ce mois les S. S. Crochard + [ en marge : + marguerite ] et VaSseur etoient ( ils ne rougissent point de le dire ) chez le S. Gillot limonadier a S'amuser ; le S. Villambre y etait auSsi dans la compagnie du Sr. Maillet Son confrere. Ce dernier Se leva en tenant Son Epée et une Baguette à la main dit que c'etoit la les armes avec les quelles il soutienDroit la ConStitution. Sur ce propos le S. Villambre repliqua que loin de la defendre il étoit prêt de lutter contre ceuX qui s'en declareroient les protecteurs, et que ceuX qui pensoient autrement etoient de J. F., que telle etoit sa façon de penSer, et que telle Seroit sa conduite dans toutes les CirconStances ; le S. Crochard prit la parole et dit au S. Villambre, vous Scavez bien que Vous êtes a Nogent, voilà plusieurs fois que je vous ai entendû tenir de pareils propos, Je vous engage de ne pas recidiver. auSsitot ledit Villambre repondit J'en ai dit autant a Paris, et partout ou Je Serai Je me ferai gloire de publier de pareils principeS ; nous citons pour temoins de ces faits les S. S. Sortais Delisle et Lefebvre chirurgien. Les officiers municipaux ajouteront a ces propos Incendiaires d'autres qui ne le Sont pas moins ; quinze jours vers le commencement de ce mois le S. Villambre tranSporté à l'Hotel commun pour affaires, et la conversation etant tombée sur la nouvelle ConStitutioN Il articula hautement en présence des S. S. Dagneau et Proust officiers municipaux et fauveau Sécrétaire qu'il repanDroit Jusqu'à la derniere goute de Son Sang pour voir revivre l'ancien regime et que Si tous les Individus de la Société lui reSsembloient, l'on ne tarderoit pas à faire Sauter les représentants

Les officiers chargés du maintien du bon ordre, et Zelés a concourir au bien g.al ont craint que le S. Villambre ennemi declaré de la ConStitutioN n'imitât [ sic ] Ses Sentiments pernicieux dans l'esprit de plusieurs Habitants, et ne leur Inspirât de l'aversion pour la ConStitution, ont cru devoir rendre compte de la Conduite du S.r Villambre au procureur général et de demander Son Renvoy.

Ajoutant que les motifs qui les ont porté a faire cette delation ne Sont puisés que dans le déSir louable de prevenir les Suites funestes qui pourroient reSulter des propos Incendiaires dudit Villambre.

Declarant en outre les officiers mp.aux qu'ils perSistent dans la denonciation qu'ils contre ledit Villambre, et qu'ils ne l'ont pas voulu rendre Juridique pour raiSon a eux connüe, qu'ils Seront toujours inebranlables, lorsqu'ils verront le bien public en Danger ; et ont les officiers municipaux signé avec le Sécrétaire greffier dont acte. Trois mots rayés nuls.

                                                                      VaSseur                               Proust

//.J. Crochard                             Gallet Fils                           Lequette

      maire                                                                              p.r de la C.

Dagneau                        baugars                            Fauveau

                                                                                secr. »[1]

 

  • Dans une seconde délibération, la municipalité procédait à l’adjudication du droit de vendre de la viande durant le carême :

« Ce Jourd'hui vingt Six Fevrier mil Sept cent quatre vingt onze dans l'aSsemblée du Corps municipal de la ville de noGent le rotrou. Le S. Lequette procureur de la Commune a dit quil avoit aFF Fait afficher + [ en marge : + et publier a Son de tambour ] le Jour d'hier des annonces indicatives qu'il seroit procedé aujourd'hui à l'adjuration ++ [ en marge : ++ au plus offrant et d.er enchiriSseur ] du droit exclusif de vendre de la viande pendant le cours du careme, et que le prix provenant de la dite adjudication Seroit versé en la caiSse de l'hôtel dieu pour etre employé auprofit des pauvres malades Suivant les reglements qui Statuent à cet egard, aux charges Et clauses a condition de Vendre d'eXcellente viande que nous avons taxé a Sept Sols +++ [ en marge : +++ scavoir un tiers de menu avec le bœuf, en enfin los et demi pour les pauvres tant de l'hôtel dieu que de la charité ] d'effectuer le payement De ladite adjudication an deux portions egalles scavoir le premier comptant ------------

le Second a Pâques et les frais de la présente adjudication de preSenter bonne et Favorable caution qui reponde dudit payement et de reStitu de la dite adjudication., Pour y aSsujettir celui qui payes a comptant

et à l'instant ledit droit a été mis a prix et encheri par le S. Dubuar a vingt livres, par le S. Payen a Soixante trois livres par le S. Bellegarde a cent cinquante livres, par le S.r Paen a cent quatre vingt dix livres, et enfin par le S.r Bellegarde Dubuar fils a deux Soixante diX livres, et attendu qu'il ne S'est plus trouvé aucun encHeriSseur, avons adjugé audit Sieur Bellegarde Dubuar le Somme droit exclusif de vendre de la viande pendant tout le carême lequel a compté en deniers et monoyes ayant cours la Somme de deux cent Soixante dix livres, dont s'est chargé le S.r procureur de la commune qui a promis les verser à la caiSse de l'hôtel dieu, et ledit Dubuar déclaré bien entendre les conditions de Son adjudication, et a Signé avec les officiers municipaux Le procureur de la Commune et le Sécrétaire greffier dont acte.

[ en marge ecrit à la verticale : Enregistre a nogent le 6 MaY 1790 ( sic chiffre ou date peu déchiffrable ) Payé ?? Six livres Signé : Bonnet ]

Bellegarde [ signature très mal assurée ]                               Gallet Fils

                vaSSeur            Proust            Dagneau                 Baugars

                                                J. marguerith

                            Lequette                               // J. Crochard

                            P.r de la C                                       maire

                                                                               Fauveau

                                                                                Secr »[2]

 


[1] Archives municipales de Nogent-le-Rotrou, 1D1 feuilles 68 et 69.

[2] Archives municipales de Nogent-le-Rotrou, 1D1 feuilles 69 et 70.

 

 

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