4 L'affaire Morin

Jacques Pierre Michel Chasles ( 8 ) : maire de Nogent-le-Rotrou, conventionnel, montagnard, prêtre défroqué...

Suite de la biographie d'un acteur de la période révolutionnaire, pas un des personnages de premier plan connus de tous ( « les grands hommes » ) mais un acteur de second rang, certains diront un troisième couteau même si, dans un ouvrage du début du siècle actuel, Sergio Luzzatto a pu le classer parmi les députés Montagnards thermidoriens les plus clairvoyants.

Aujourd'hui nous poursuivons l'étude de ses démélés avec les réfractaires de la ville soutenus par le conseil d'administration de l'hôtel-Dieu dont il était chapelain. Conflit qui agita la ville durant plusieurs mois, dont Chasles et les "jacobins" locaux sortirent renforcés :

 

 

 

Chasles à Nogent-le-Rotrou (4 ) : L'affaire Morin.

Au moment où se tenaient les assemblées électorales dans la ville de Nogent, la mobilisation contre les « agissements » des administrateurs de l’Hôtel – Dieu redoubla d’intensité. La campagne de la Société Patriotique n’y fut sans doute pas pour rien. Une première escarmouche eut lieu le dimanche 13 novembre 1791. On tenta d’empêcher l’abbé Morin de célébrer la messe dans la chapelle de l’Aumône. Le dimanche suivant, 20 novembre 1791, un rassemblement considérable de personnes armées et « […] d’autres en plus grand nombre sans armes […] »[1], se pressait devant les portes de l’église St Jacques de l’Aumône à l’heure des vêpres. Chasles entra dans la chapelle et pria Morin de se retirer, celui – ci n’en fit rien. Chasles prit alors l’assistance à témoin « […] que l’on disait malgré lui les vêpres dans son église […] »[2]. Morin dut se retirer devant les menaces de la foule. Le bureau de l’Hôtel – Dieu blâma Chasles, précisant qu’il n’occupait plus les fonctions de chapelain de l’Hôtel – Dieu et signalait, au district,  qu’à l’occasion de ces tumultes « […] les malades avaient recommencés leurs injures et menaces envers les sœurs […] »[3].

Le 29 novembre 1791, le département prenait un nouvel arrêté interdisant à Chasles, ou à toute autre personne, de troubler l’abbé Morin dans l’exercice de ses fonctions. Ce même arrêté chargeait l’accusateur public du district de poursuivre les auteurs et instigateurs de l’émeute du 20 novembre, ainsi que ceux qui continuaient de tenir des discours séditieux pour perpétrer les troubles[4].

 Mais Chasles était alors en position de force. Il tenait la mairie et surtout il était soutenu, contre les administrateurs de l’Hôtel – Dieu, par les masses populaires. Le 28 novembre 1791 au soir, il se présentait à la barre de l’Assemblée nationale afin d’y exposer les « vertiges politiques » dont était agitée la ville de Nogent – le – Rotrou. Chasles était le second pétitionnaire Il y tint le discours suivant :

« Un ecclésiastique, ci-devant chanoine de Tours, et actuellement maire de Nogent-le-Rotrou, est admis à la barre : il dénonce à l'Assemblée le despotisme des administrateurs de l'Hôtel-Dieu de la ville de Nogent-le-Rotrou, et s'exprime ainsi

Messieurs, nous ne pouvons plus le dissimiler, il existe dans toutes les villes du royaume deux partis divisés par les querelles religieuses. La ville de Nogent-le-Rotrou, chef-lieu du district de ce nom, département du Loir-et-Cher [ sic, l'erreur ne peut -être le fait de Chasles lui-même ] est plus que toute autre ville agitée de ce vertige. Le dimanche 20 de ce mois, les deux partis se trouvaient en présence les armes à la main.

Législateurs, une étincelle peut allumer le feu de la guerre civile, qui embraserait le France et consumerait la Constitution. Les ennemis de la patrie ne le cachent plus, ils n'attendent que la première explosion. Les foyers de conspiration, intérieurs et extérieurs se communiquent, et l'on doit craindre, dans la ville de Nogent, une vieille corporation formée des débris de la féodalité et de la fiscalité. Cette corporation subsiste sous le nom de bureau de l'Hôtel-Dieu, telle qu'elle existait avant 1789. La Constitution la réprouve, le peuple la voit avec effroi, et ne lui a jamais donné son assentiment. Elle délibère, elle ordonne, elle agit à l'égal des autorités constituées dont elle se croit la rivale, je dirais presque la supérieure. Sous le prétexte apparent d'administrer l'Hôtel-Dieu, le bureau s'assemble la nuit comme le jour, mais ce rassemblement des membres qui le composent n'a véritablement pour objet que de se communiquer leurs opinions et de tracer leur plan. Ce bureau est composé d'un sieur Saint-Paul [ Saint Pol[5]], ancien major de cavalerie favorisé de la cour, et à qui la Constitution a fait perdre sa haute noblesse ( Applaudissements dans les tribunes. ) ; d'un sieur Bourdon, à qui le peuple n'a donné aucune place dans le nouveau régime, et privé par la Constitution du titre de conseiller du roi, échevin de la ville ; d'un sieur Bruzot, à qui le peuple n'a jamais donné la moindre marque de confiance, et qui a perdu par la Constitution le titre imposant de procureur du roi ; d'un sieur Gautier, à qui la Constitution a fait perdre la place de secrétaire de l'ancienne municipalité, et une charge utile dans les gabelles ; d'un sieur Goilard, à qui la Constitution a fait perdre celle de juge de la ville et de subdélégué de l'intendant ; d'un curé de la ville, qui aussitôt son admission, après avoir remplacé un pasteur non sermenté, a profité de son titre d'administrateur de l'Hôtel-Dieu pour dépouiller et s'emparer de toutes les fonctions d'un confrère élu par le peuple en vertu de la Constitution[6] ; enfin, du sieur Cron, commissaire du roi, à qui le Constitution a fait perdre le titre de juge, d'avocat du roi, de procureur du roi, de maire de la ville, de receveur du grenier à sel, et qui, avec le traitement que la nation lui paie, entretient aux Tuileries, la dame Hervé[7], sa fille, son gendre, garde du roi, à Coblentz, l'un de ses fils officier au régiment de Warwick, aussi à Coblentz, et son autre fils, ci-devant avocat, également à Coblentz[8]. (Applaudissements. )

Dès que le mépris dont les législateurs ont voulu couvrir le délire du fanatisme eut détruit l'espoir des ennemis de la Constitution, le bureau de l'Hôtel-Dieu de Nogent expulsa successivement de cette maison la chapelain assermenté, les soeurs patriotes, le chirurgien et son élèves patriotes, tous ceux enfin qui osèrent manifester leur respect de la Constitution. La municipalité, elle-même a été formellement exclue de toutes les délibérations anticiviques de ce bureau, et le département, trompé sans doute par les talents et par les réponses d'un rassemblement d'anciens formalistes, croyant faire triompher la bonne cause, a toujours prononcé contre la municipalité.

Victime de ma soumission à la loi, criminel aux yeux de ce rassemblement, d'avoir prêté mon serment, je recevais paisiblement dans mon église les ecclésiastiques non sermentés, les invitant même, avec toute la tolérance de la philosophie et de la religion, à disposer fraternellement de tout ce qui dépendait de moi pour le libre et tranquille exercice de leur culte, lorsque les électeurs, mes collègues, réunis pour les élections à faire dans notre territoire, me nommèrent successivement président du corps électoral, et membre de l'administration [… il s'agit de l'administration du district de Nogent-le-Rotrou...] , et les administrateurs eux-mêmes, président de l'administration. La confiance du peuple irrita les membres du bureau, ils sollicitèrent mon exclusion et le département la prononça. Les citoyens de la ville réunis à l'assemblée primaire pour la formation de la municipalité, m'ont élu maire à la grande majorité des suffrages. Le département a prononcé contre moi une troisième proscription.

La ville de Nogent, demande la suppression totale et prompte de l'administration de l'Hôtel-Dieu, de ce corps voué à l'impiété et proscrit par la Constitution. A cet effet, elle remet sur le bureau de l'Assemblée nationale sa pétition légalement souscrite, par environ 300 individus, tous citoyens actifs et fonctionnaires publics, tous véritables citoyens. Le but de cette pétition est de ne plus laisser subsister que les corps établis par la Constitution. (Applaudissements dans les tribunes. ) »[9]

 Le président assura Chasles que l'Assemblée prendrait en considération sa demande et l'invita à assister à la séance. Le député de la Haute-Marne, Léopold Henrys-Marcilly, demanda que la pétition fût renvoyée au comité dont elle relevait « […] et l'on verra qui a raison, ou de toutes les autorités constituées du départ, ou du ci-devant chanoine de Tours, porteur de cette pétition. »[10]

Mais Chasles bénéficia alors du soutien de deux députés, dont celui de François de Neufchâteau, le très « anti- prêtres réfractaires » député du département des Vosges :

« Un membre : Nous ne pouvons plus douter, d'après cette pétition, qu'il existe à Nogent une guerre entre les citoyens et le bureau dont ils demandent la suppression. Le pétitionnaire a eu raison de vous dire qu'il était plus sage encore et plus juste de faire une loi pour prévenir le crime, que de mettre les lois faites à exécution pour le punir. Je demande le renvoi de la pétition au comité de législation, pour qu'il vous en fasse rapport.

M. François de Neufchâteau[11]. J'appuie cette proposition, mais je la généralise en demandant une loi pour tout le royaume. Ces sortes de bureaux, qui existent encore dans beaucoup de villes, ont été composés à l'origine d'après la base des trois ordres, le clergé, le noblesse et les tiers Etat. C'est une ancienne barbarie féodale que vous ne pouvez laisser subsister. (Applaudissements. ) »[12]

L'Assemblée décréta que son comité de législation fût chargé de présenter une loi sur les bureaux d'administration des hôpitaux du royaume.

Chasles revint tout puissant à Nogent. Cette pétition fit une telle impression que le bureau de l’Hôtel – Dieu se sentit obligé de protester de son attachement à la constitution auprès du directoire du district[13].

Cependant le directoire du district tenta une dernière démarche auprès du département :

«[…]

  Vous verrez aisement Combien la Conduite Des Deux Corps administratifs Desquels il se plaint est pure, Combien ils ont été à Son egard Doux et modérés. il est très important que cet homme Soit Connu, nous vous invitons bien particulierement à poursuivre à la connaissance De cette affaire, à la Développer au Comité et à en pénétrer les membres qui le Composent il est essentiel le droit De Petition Est Sacré, mais il faut etre en garde Contreceux qui en font un usage abusif ; c'est le Rôle De Mr. Chasles qui à mis le Trouble à Nogent, Ville Très tranquille avant Chasl qu'elle L'eut Dans Son Sein. Depuis qu'il est à paris à la Suite de la pétition cette Ville jouit De la paix la plus profonde[14]

Nous vous prions De ne rien négliger Dans Cette Circonstance Pour nous être utiles. En agissant ainsi, Vous Servirez La Cause De L'Equité. Et vous Donnerez une Puisses l'assemblée nationale Donner une Bonne leçon à ce citoyen Turbulent.

Nous Sommes Très fraternellement

Messieurs                                                    

 Les administrateurs Du Directoire. »[15] 

 

Le département écrivit à l’assemblée le 8 décembre mais en vain : 

«   Chartres 8 Xbre 1791 ./.

Messieurs

 des papiers Publiés nous ont appris que Mr. Chasles Principal De nogent le Rotrou avoit été admis à la barre de l'Assemblée nationale, en qualité de Pétionaire et que Profitant de la certitude de n'avoir point De contradicteur autour De lui, il avoit Déclamé Contre les administrateurs De l'hopital De nogent, Contre le district de la même ville et enfin Contre le Département d'eure et Loir. Sa pétition a été renvoyée au Comité de législation. Si nous laissions ce citoyen intriguer, sans nous montrer, il se pourroit qu'il obtint un Décret favorable qui fut tout-à-la fois Contraire aux principes de sagesse et d'Equité qui dirigent le corps législatif et qui finisse com compromit le District et le Département dont il se plaint mal à propos.

 Nous vous adressons, Messieurs, les pièces qui concernent non seulement l'affaire qui a conduit Mr. Chasles à Paris ; mais celles qui regardent encore celles d'aut d'autres affaires qui sont les suites de la première. Vous verrez aisément par la lecture de ces pièces quel homme est Mr. Chasles, Quel Rôle il a joué à nogent et de Combien De Dangers il a essayé D'environner ce pais.

 Mr les députés à l'assem Du départt d'Eure et Loir »[16]

Chasles profita de sa nouvelle situation de maire pour régénérer le bureau de l’Hôtel – Dieu. Le mode de recrutement en fut modifié. L’ancien bureau était constitué des deux premiers officiers municipaux, d’un fondé de pouvoir de l’évêque et de deux citoyens élus par les « habitants notables »[17]. Le nouveau bureau fut composé de quatre citoyens élus par le conseil général de la commune de Nogent – le – Rotrou. C’était la victoire totale des « patriotes révolutionnaires », et plus largement des masses populaires, sur les partisans de l’ancien ordre des choses qui dirigeaient encore l’Hôtel – Dieu en 1791. Les anciens administrateurs tentèrent une légère résistance, notamment au moment de l’apurement de leurs comptes, mais ils n’étaient plus en mesure d’inquiéter Chasles[18].

Les temps n’étaient plus à la clémence vis – à vis des prêtres réfractaires et de leurs amis. Le 29 avril 1792, l’Assemblée nationale venait de déclarer suspects tous les prêtres refusant de prêter le serment sous les huit jours, sous peine d’être privés de tout traitement ou pension. Ils devaient être éloignés des communes où des troubles avaient éclatés. L’Assemblée répondait ainsi aux vœux exprimés par la municipalité de Nogent  juste un an auparavant, le 1er mai 1791.



[1] A. D. Eure – et – Loir, L. 148 ancienne côte, L 1172 nouvelle côte, séance du 23 novembre 1791.

[2] A. D. Eure – et – Loir, L. 148 ancienne côte, L 1172 nouvelle côte, séance du 23 novembre 1791.

Chasles faisait preuve d’une mauvaise foi calculée. Il avait été destitué de son poste de chapelain de l’Hôtel – Dieu par l’arrêté départemental du 27 octobre 1791.

[3] A. D. Eure – et – Loir, L. 148 ancienne côte, L 1172 nouvelle côte, séance du 23 novembre 1791.

[4] On comprend que c’était Chasles et les membres de la Société Patriotique qui étaient visés. L’accusateur public, commissaire du roi, était Guérroult des Chabottières, également membre du bureau d’administration de l’Hôtel – Dieu.

[5] La liste donnée par Chasles diffère de nos données ( voir note ci-dessous numéros 16 ) : notamment en ce qui concerne le premier nommé que nous n’avons pas trouvé dans les archives locales, bien que la famille soit bien une famille noble de Nogent, il n’y aurait rien d’étonnant qu’un de ses membres fît partie du bureau d’administration de l’Hôtel-Dieu. Nous trouvons cité Emmanuel Antoine – René Pinceloup de Morissures fils que ne cite pas Chasles à moins qu’il ne s’agisse du même que le sieur Bourdon ?, Cron nommé par Chasles ne fait qu’un avec Guérroult des Chabottières.

[6] Il s’agit de Morin sans aucun doute.

[7] Lire Mervé.  Il s’agit de sa fille Claude Geneviève Adélaïde Charlotte qui fut femme de chambre de Madame Elisabeth ( sœur de Louis XVI ) de 1785 à 1789. Elle épousa, le 19 décembre 1785, à Nogent – le – Rotrou, paroisse de St Hilaire, Charles François Fontaine de Mervé, colonel des gardes du corps du roi, chevalier de Saint Louis, né à La Flèche le 2 juillet 1766.

[8] En fait les deux fils de Guerroult des chabottières émigrèrent en Grande Bretagne, un seul rejoignit l’armée de Condé en 1793 :

L’aîné, Jean Marie Henri Charles Michel fut avocat au parlement de 1785 à 1789. Il émigra en Angleterre en septembre 1791, sous le prétexte de prendre les eaux à Bath. Il mourut probablement avant 1815, sa veuve décéda à Paris le 18 octobre 1845 sans descendance.

Le cadet, Charles ou Gabriel René séjourna en Angleterre de 1783 à 1789. Il y avait suivi son oncle maternel, Jean Baptiste Mac Carthy Lyragh ( 1737 – 1788 ) chevalier de Saint Louis, qui fut capitaine au régiment Berwick  irlandais. Ce dernier mourut célibataire et sans descendance le 3 mai 1788 en la paroisse St Hilaire de Nogent – le – Rotrou, non sans avoir fait de son neveu Charles son héritier. Charles, de son retour d’Angleterre, se déclara naturalisé irlandais ( l’Irlande étant alors non indépendante ) et se fit nommé Mac Carthy Lyragh. Capitaine au régiment Berwick ( il y entra en 1778 à l’âge de 10 ans ), il rejoignit l’armée des Princes en 1793 ( régiment de Condé ), il combattit sur les frontières de l’est. Il retourna en Angleterre, après la défaite de la coalition royaliste, où il poursuivit une carrière militaire. Il finit par être nommé gouverneur du Sénégal puis de Sierra Léone et de la Gold Cost après 1815 ( reprise du Sénégal par les Français ) où il mourut au cours d’une guerre contre les Ashantis. « Il fut décapité avec d’autres officiers et sa tête orna longtemps la case du chef Ashanti ; selon d’autres sources, son crâne servit de coupe de libations rituelles […] ».

Renseignements puisés dans :

Madeleine SANDREA. «  Les Mac Carthy Lyragh en Normandie et dans le Perche, 1704 – 1905 ». In Cahiers Percherons, 1995 – 2, pp. 1 à 13.

[9] Archives Parlementaires, tome 35, pages 416 et 417.

[10] Archives Parlementaires, tome 35, pages 417.

[11] Il fut élu député des Vosges à la Législative, le 8e et dernier, après plusieurs tours de scrutin.

Élu d'abord secrétaire de l'Assemblée le 3 octobre 1791, puis membre du comité de législation, il se signala par son hostilité envers les prêtres réfractaires et l'Eglise en général, qu'il souhaitait subordonner à l'État, proposant la vente des édifices qui ne seraient point affectés au culte salarié et la suppression de la messe de minuit. Il provoqua, le 29 novembre 1791, l'adoption de mesures de rigueur contre les prêtres insermentés qui suscitaient des troubles dans les départements de l'Ouest. Dans son rapport il disait : « Il ne s'agit pas ici de contraindre les dissidents à reconnaître les prêtres citoyens et à entrer dans leurs églises, il s'agit de faire respecter la souveraineté nationale, de rendre hommage à l'ordre public. » répondant à une objection, il ajouta, que « seuls les prêtres de la religion catholique étaient et devaient être l'objet de mesures exceptionnelles, parce que leur état de célibat les mettait hors du commun des hommes, parce qu'ils disposaient de moyens extraordinaires pour influencer les esprits, et parce que enfin leur organisation était si solide qu'elle pouvait mettre en hostilité ouverte leur propre cause et celle du public. » Ce discours très applaudi lui valut, quelques jours plus tard (26 décembre), la présidence de l'Assemblée, qu'il conserva jusqu'au 6 janvier 1792, puis du mois d'août au 3 septembre 1792.

[12] Archives Parlementaires, tome 35, pages 417.

[13] A. D. Eure – et – Loir, L. 148 ancienne côte, L 1172 nouvelle côte, séance du 10 décembre 1791.

[14] Sur la réalité de ces affirmations voir sur ce blog l’article suivant en ce qui concerne les tensions politiques à Nogent en 1790 : http://www.nogentrev.fr/archives/2015/12/17/33081962.html

[15] A. D. Eure – et – Loir, L. 35/0 ancienne côte.

[16] A. D. Eure – et – Loir, L.35/0 ancienne côte.

[17] Il n’y avait pas eu de remodelage de ce bureau depuis la révolution, aussi était – il composé des anciens notables de Nogent :

-       Guérroult des Chabottières,

-       Emmanuel Antoine – René Pinceloup de Morissures fils,

-       Goislard fils,

-       l’abbé Morin,

-       Alexandre Bourdeau,

-       Augustin Bourdeau,

-       Brusson,

-       Denne Montigny ( receveur ).

[18] Sur ce problème voir deux documents conservés à la bibliothèque municipale de Chartres :

-       Situation de l’Hôtel – Dieu de Nogent – le – Rotrou au 15 février 1792. Une affiche, sans lieu ni date. Ce document est signé des anciens administrateurs de l’Hôtel – Dieu.

-       Le second document est signé de Chasles lui – même :

J. – P. – M. CHASLES . Petit mot d’avis aux citoyens sur un tableau de la situation de l’Hôtel – Dieu de Nogent – le – Rotrou. Chartres, 01 / 04 /1792, 4 pages.