Juillet 1793Le vendredi 19 juillet  1793, la municipalité de Nogent-le-Rotrou tenait trois délibérations : 93_07_19

  • Dans la première, la municipalité recevait les membres de la Société populaire de la ville, son président, Bessirard le jeune, offrant un drapeau tricolore portant les symboles de la fraternité, de l’union, de la liberté et de l’égalité :

« Ce Jourd’huY  dix neuf Juillet mil Sept cent quatre Vingt treize deuXiême  de la République FrancaiSe

En l’assemblée permanente du ConSeil Général de la Commune de Nogent Le Rotrou Tenüe publiquement.

Les membres composant la Société populaire de Nogent sont entres ; leür president après avoir prononcé un discours plein d’énergie et caracteristique du Républicain le plus prononcé, a dit que la Société venoit déposer à la commune un drapeau tricolore, portant les Simboles de la fraternité, de l’union, de la Liberté et de l’ègalité ;

Le conseil général sensibl pénétré des Sentiments de la plus profonde Reconnoissance du don patriotique de la Société revolutionnaire de Nogent, l’a accepté au milieu des acclamations universelles du peuple qui Se trouvoit à la Seance et a déclaré que  [ mots rayés illisibles ]. Dès ce moment il entendoit se concerter avec la dite Société pour Le Succés d’une Révolution Commencée Sous d’auSSi heureuX présages, et a invité les membres de continuer leurs Travaux pour la découverte des infames conspirateurs dont qui agiSSent Sourdement contre l’indivisibilité de la Republique + [ rajout en marge : + et pour donner des marques de la gratitude la plus sincere a ladite Société, le  conSeil general arrête que ce drapeau ne pouvoit être porté que par un membre de la Société pris dans le 2.e bataillon auquel il Sera attaché ]. Trois mots rayés nuls.

VaSseur                    Chaillou            Bessirard         Rigot

Maire                       Secrétaire            le je. Pr.t

Hubert                   Beuzelin            J Sortais             Lalouette

Beaugars lainé                                                      J C Joubert     

      Pi Cherrault                              Fauveau

                                                         S. g. »[1]  

 

  • Ensuite, elle prenait un arrêté ordonnant que les cloches des églises de la ville ( à l’exception de la plus grosse de chacune d’entre elles ) fussent converties en canons. Décision justifiée par la situation militaire, tant interne qu’externe, très périlleuse dans laquelle se trouvait la République en cette été 1793 ( revers militaires aux frontières, insurrection vendéenne, révoltes « fédéralistes » ) :

« AuJourd’huY  diX neuf Juillet mil Sept cent quatre Vingt treiZe L’an deuXiême  de la République FrançaiSe

En l’aSSemblée permanente du Conseil Général de la Commune de Nogent le rotrou Tenüe publiquement.

un membre a observé que dans un moment ou les ennemis Intérieurs de la République dont le nombre S’accroiSSoit Tous les Jours employoient les moyens les plus perfides pour renverser l’èdifice d’une Constitution qui établit consacre à Jamais Le bonheur des français, le Conseil Général devoit prendre Toutes les mésures Propres a auGmenter les Forces De cette cité qui limitrophe du département de l’orne aujourd’huY en état de Rebellion Coure les danGers les plus Imminents de Tomber au pouvoir de quelques adm.ons révoltées contre l’autorité de la Convention[2], pourquoi Il a proposé que le  conSeil Général, conformément à l’autorisation accordée par la loi du 23 février dernier, fit convertir en Canons partie des cloches qui Se trouvoient dans les églises ParoiSSialles de cette Commune.

Le ConSeil Général ne pouvant Se diSSimuler les menées Criminelles que Se pratiquent en Tous Sens par des agents Infidelles contre la Souveraineté du peuple, a arrêté que pour Doubler les forces Militaires de cette Cité, et les rendre Plus Imposantes auX Yeus de Tous Corps militaire qui voudroit Tenter l’invaSion de Ce Territoire Par la force des Armes, rend hommage à l’esprit de civisme qui a dicté cette PropoSition, arrête que Toutes les cloches des egliSes de Cette cîté seroient converties en canon, en reservant la plus forte et la plus pesante dans chaque egliSe. »[3]

  • Enfin, dans une dernière délibération, la municipalité attribuait un certificat de civisme à plusieurs citoyens de Nogent :

 « En cet Endroit Sont comparus Les C.ens Barrois Marchand Parfumeur, François Fauveau [ mot rayé non déchiffré ] & Magloire hilaire VaSSeur pensionné de la republique lesquel ont prié le conSeil général de leur accorder un certicat de civisme.

Le conseil Général deliberant, oui le Procureur de la Commune en Ses Conclusions, a arrêté qu’il Sera accordé un certificat de civisme auX citoyens Barrois fauveau et Vasseur ci-dessus qualifiés. dont acte. deux mots rayés nuls.

VaSseur                            baugas                             Hubert

Maire                         Regnoust                   Lalouette

Rigot               J Sortais

           Beaugas le gros                  Baudoüin          J C Joubert

L ferré                  Beuzelin

Grenade    J Gautier             G Petibon                  A Jallon

Beaugas lainé             Pi Chereault                        G Salmon

   Ferré Bacle

                                                     Fauveau »[4]

 


[1] A. M. Nogent – le – Rotrou 1 D 2, feuillet 77.

[2] Allusion à la tentative de révolte « fédéraliste » dans l’Orne et le Calvados organisée par des députés Girondins chassés ( mais pas tous certains « révoltés » ne faisant pas partie des députés proscrits ) de la Convention par les insurrections des 31 mai et 2 juin 1793.

[3] A. M. Nogent – le – Rotrou 1 D 2, feuillets 77-78.

[4] A. M. Nogent – le – Rotrou 1 D 2, feuillet 78.