Guerres et Révolution française !

Vasteprogramme

Le programme est pour le moins vaste, d’abord par son ampleur chronologique. En effet de  1792 à 1802 ( et au-delà sous l’empire jusqu’en 1815 ) la France sera en guerre permanente contre une bonne partie de l’Europe monarchique. La Révolution française fait basculer l'Europe dans une période de guerre continue qui bouscule les anciennes alliances laissant la place à deux coalitions successives qui se forment contre la France : la première de 1792 à 1797 ;  la seconde de  1798 à 1802. Nous ne traiterons pas ici de cette dernière.

Ensuite parce que durant la période la guerre a des conséquences importantes sur la société  et la vie politique : la mobilisation  qui sera totale va provoquer des bouleversements matériels, sociaux mais aussi culturels et idéologiques.

Enfin parce que la Révolution va « révolutionner » l’armée elle-même ( tout au moins avant 1795 ) ainsi que les façons de faire la guerre.

 C’est pourquoi, ici nous n’aborderons le sujet que sous deux aspects :

- Quel type de guerre (défensive, révolutionnaire ou d’annexion pure et simple ) ?

- Comment la guerre radicalise le cours des choses aboutissant au renversement de la monarchie peu de temps après son déclenchement et à la mise en place, de façon progressive à partir de 1793, d’un régime d’exception que l’on prendra l’habitude de qualifier, après l’an II et jusqu’à nos jours, de « terreur ».Nous ne ferons qu’effleurer les effets de la Révolution française sur l’organisation militaire. Pour les curieuxnous les  renvoyons aux travaux de Jean-Paul Bertaud ( notamment son La Révolution armée. Les soldats-citoyens et la Révolution française. Paris : Robert Laffont, 1979 ). Pour les aspects plus strictement militaro-stratégiques : W. Serman, J.-P. Bertaud. Nouvelle histoire militaire de la France. Paris : Fayard, 1998 ; ainsi que, pour les rapports entre armée et sciences, P. Bret.  L’État, l’Armée, la Science. L’invention de la recherche publique en France, 1763-1830. Rennes : Presses Universitaires de Rennes, 2002.

Par conséquent,  nous bornerons notre travail aux premières années de la Révolution en ne nous éloignant finalement que peu de la période conventionnelle ( soit une période couvrant les années 1790-1795 ), selon une progression chronologique. Les périodes subséquentes ne seront que survolées et l’empire totalement ignoré tant le sujet serait immense.

1. La Constituante.

1.1. En fait la Constituante souhaite avant tout éviter la guerre et se montre  prudente en matière de politique étrangère.

Sa Déclaration du 22 mai 1790 affirme haut et fort que l'Assemblée nationale n'enverrait « […] jamais ses forces contre la liberté d'aucun peuple. »,déclaration qui peut être considérée comme une Déclaration des droits des peuples, ou des gens comme on disait plus couramment au XVIII° siècle ( voir en annexe 1 ).

Certes les Constituants en reconnaissant le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes avaient suscité quelques inquiétudes, l'effervescence gagnant en Belgique, Irlande, Suisse, Savoie, Comté de Nice et Italie, sans que les monarchies se décident à intervenir malgré les sollicitations multiples suggérées par les émigrés ou la cour elle-même.

1.2. Les Monarchies restent indifférentes.

Léopold IILes monarchies de l'Europe n’étaient certes pas totalement indifférentes à ce qui se passait en France, en effet il y avait de quoi  être inquiété par une remise en cause du principe monarchique. Mais elles hésitaient et considéraient que d'autres problèmes étaient plus urgents à traiter :

  • La Grande-Bretagne, si elle se préoccupe de la contagion jacobine sur un mouvement radical interne assez puissant, voit également non sans déplaisir la France affaiblie par ses luttes internes. Le souvenir de l’ingérence française dans la guerre d'indépendance américaine aux côtés des insurgents aidant sans aucun doute à persister dans cette attitude. D'autre part, elle tient par-dessus tout à éviter une guerre qui viendrait rompre l'équilibre européen sur lequel repose finalement sa puissance.
  • Le roi de Bohême et d'Autriche, également Empereur du Saint Empire romain germanique et accessoirement frère de Marie-Antoinette, Léopold II, est plus préoccupé par le dépeçage de la  Pologne que par la France. Sa disparition assez précoce en 1792, permet l’accession à la tête du Saint Empire germanique d’un monarque beaucoup sensible à la « question française », François II.
  • Il en va de même du roi de Prusse, Frédéric-Guillaume II.
  • Catherine II, tsarine de Russie verrait des avantages certains à ce que la Prusse et l'Autriche-Hongrie s'intéressent plus au sort de la monarchie française, cela les éloigneraient de la Pologne sa « chasse gardée » , mais elle est occupée par une guerre avec la Suède en 1790 et avec la Turquie en 1791.
  • Enfin, Charles IV d'Espagne penche plus pour le pacifisme que pour une entrée en guerre.

1.3. Après juin 1791, l’Autriche et la Prusse gesticulent.

Finalement ce n'est qu'après la fuite ratée de la famille royale en juin 1791[1] que les cours européennes se montrent de plus en plus ouvertement hostiles à la France révolutionnaire. Cette fuite et surtout le retour forcé à Paris du boulanger, de la boulangère et de toute sa petite boutique, entraîne des déclarations hostiles visant à isoler et châtier la France ; elle a également eu  pour conséquences accessoires la cessation des expériences limitées et bien timides de « despotisme éclairé » ici ou là.

Pillnitz août 1791jpg

Le 27 août 1791  par la déclaration de Pillnitz , en Saxe( annexe 2 ),l'empereur Léopold II et le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume II, attiraient l'attention des monarques européens sur les événements qui se déroulaient en France et les invitaient «  au cas où ils seraient prêts » à agir d'urgence. En fait, à l'origine cette conférence devait traiter de la question polonaise. S'y rendirent le marquis de Bouillé[2], organisateur entre autre de la fuite ratée de la famille royale et depuis émigré à Coblence, l'ex-ministre Calonnes de toutes les intrigues contre la Révolution, et le comte d'Artois ; ce dernier arracha aux monarques, en dernière minute, la déclaration.

Déclaration de pure forme mais qui inquiéta en France. Depuis la Grande Peur de l'été 1789 et encore plus depuis la fuite du roi la crainte d'une invasion était omniprésente dans les esprits. D'autant que la presse royaliste, non censurée, incitait les officiers nobles à déserter pour rejoindre les émigrés. Dès le lendemain de la fuite du Roi, l’Assemblée avait décrété la levée de 100 000 volontaires recrutés au sein des gardes nationaux et payés 15 sols par jours ( soit beaucoup plus que les troupes de ligne ). Aussi durant l'été 1791, des bataillons de volontaires sont levés ( 2 bataillons dans l'Orne sont formés le 20 septembre 1791 ; 1 dans la Sarthe le 2 septembre ; 1 dans l'Eure-et-Loir le 1° novembre 1791 ). Bien entendu, les volontaires se recrutaient surtout chez les citoyens adhérant sans hésitation aucune au cours de la Révolution. Ainsi dans la Sarthe, la seconde compagnie du premier bataillon de volontaires était composée de : Jules Alexandre Léger Boutroüe au rang de capitaine ( il s’agissait du frère du futur conventionnel ), du Sieur Maignet au rang de lieutenant, de S Simon comme sous-lieutenant, Le sergent-major était  Réné Gabriel Levasseur, fils aîné de Levasseur  autre futur conventionnel de la Sarthe et comme sergent de MM Gelan, Guion, Trahan, Aubry, le tambour étant le sieur Roulant (  Le Journal général du département de la Sarthe du 11 septembre 1791 dans son numéro 28. Information tirée de Daniel, JOUTEUX. Laurent Martial Stalisnas Boutroüe. Les biographies des Conventionnels de la Sarthe de la SARF n°1, 2016. Page 27. ).

 

Dans le même temps, , l’assemblée déléguait plusieurs de ses membres, dotés de pouvoirs très étendus, pour  recevoir dans les départements les serments des troupes de ligne, visiter les forteresses, les arsenaux et magasins militaires.

1.4. Que faire des peuples demandant leur rattachement à la France ?

Très vite se pose   la question du sort des peuples  demandant à être rattachés à la France :

Ainsi en juin 1790, les Avignonnais et habitants du Comtat Venaissin réclamaient leur rattachement à la France, demande qui suscita des débats assez vifs, ce qui prouve que la réponse à la question posée ci-dessus n’allait pas de soi pour tous les députés. Finalement, le 14 septembre 1791, la Constituante prenait, sur la proposition du député Armand-Gaston Camus, un décret portant « incorporation à l'Empire français » des « deux États réunis d'Avignon et du Comtat Venaissin ». Décret sanctionné le jour même par le roi.

2. La législative.

2.1. Les débats sur la guerre.

A partir de la fin novembre 1791, la question de la guerre commence à occuper une partie importante des séances de l'assemblée et du club des jacobins. Un fort courant favorable belliciste se développe au sein de  toutes les tendances politiques :

  • Au premier desquels, la cour et le ministre de la guerre, Narbonne[3], qui pensaient n'y trouver que des avantages.
  • La FayetteLa Fayette, le général au blanc destrier,  attendait de cette guerre le commandement d'une armée qui, jointe à sa garde nationale, lui permettrait de chasser les Jacobins et d'empêcher une révolution sociale. Depuis longtemps il se voyait bien en « homme providentiel », en Cromwell, mais  un Cromwell aux pieds plats jouant le rôle de protecteur du monarque.

  • BrissotLes Girondins souhaitaient une guerre officiellement pour en terminer avec les émigrés et « aider » les peuples à se libérer du despotisme. Cependant, en privé, d'autres motivations moins honorables étaient avancées qui leurs permettraient de détourner l’attention des Français et plus particulièrement du peuple, de problèmes sociaux plus concrets, nous y reviendrons un peu plus loin.

Pour les Girondins une défaite était exclue, et par conséquent ils ne prenaient aucune mesure concrète pour renforcer l'armée, l'équiper et la réorganiser.

Seuls Marat et Robespierre s'élevaient contre cette idée à travers les clubs et la presse[4]. Mais ils resteront minoritaires et peu écoutés même dans les milieux les plus farouchement révolutionnaires qui se montraient très perméables aux sirènes de la libération des peuples. Le second avançait un certain nombre d'arguments sur le sujet dans différents discours[5] ( voir annexe 3 ) :

Robespierre

-d'abord, il estime la guerre prématurée, à cause de la désorganisation des armées ;

- ensuite, il s'oppose à toute idée de guerre de conquête. Pour lui une guerre ne peut se justifier qui si elle est défensive et menée révolutionnairement (en modifiant la structure militaire ) ;

- selon lui, la guerre détourne le peuple des véritables problèmes. Pour lui le principal ennemi de la révolution est à l'intérieur non aux frontières ;

- surtout elle renforce le pouvoir exécutif et risque de déboucher sur l'arrivée au pouvoir d'un dictateur ( en 1791 il pense d'abord à La Fayette ) ;

- enfin elle favorise toutes les manœuvres d'enrichissement des profiteurs.

2.2. La marche à la guerre.

Le 14 décembre 1791, le roi s'adressait à l'électeur de la principauté de Trèves en lui intimant l'ordre de disperser les rassemblements d'immigrés sur son territoire avant le 15 janvier 1792 sous peine de représailles.

Le 21 décembre, l'empereur d'Autriche avisait la France qu'il défendrait Trèves contre une agression française. La guerre semblait alors inévitable.

Le 7 février 1792 Léopold II conclut une alliance avec Frédéric Guillaume de Prusse et le 28 février la Prusse fit savoir que toute invasion en Allemagne serait considérée comme un casus belli. Léopold II mourut le 1 mars et fut remplacé par François II, beaucoup plus contre-révolutionnaire que son père.

Le 9 mars 1792 Narbonne est démis de ses fonctions pour avoir critiqué l'inertie du roi et réclamé l'épuration de son entourage. L'Assemblée profite aussitôt de ce renvoi pour manifester sa désapprobation au roi et au ministère Feuillant. Le 10 mars 1792, tout le ministère démissionne sauf le nouveau ministre de la guerre, De Grave.

RolandjpgDans la seconde moitié du mois de mars 1792 ( entre le 15 et le  23 mars ) un ministère Girondin se constitue autour de Roland à l'intérieur, Clavière aux finances et Dumouriez  aux affaires étrangères, lui aussi favorable à la guerre sans doute par simple ambition personnelle bien que lui aussi utilise l’appel à « libérer les peuples ».  Ce dernier, aventurier vénal et ancien agent secret de Louis XV, était l’homme fort du cabinet et achetait les Girondins pour faire cesser les attaques qui s’étaient multipliées contre le roi et la reine.  Il se rendait au club des jacobins coiffé du bonnet rouge et se créait une clientèle en distribuant des places dans son cabinet : Bonnnecarrère, ancien président du  comité de correspondance des jacobins, se trouvait promu directeur des services de son ministère, les journaliste Lebrun, ami de Brissot, et  Noël, ami de Danton,  devenaient chefs de bureaux...

Le 25 mars 1792 l'ambassadeur français à Vienne lance un ultimatum : que l'empereur disperse immédiatement les rassemblements d'émigrés en Rhénanie.  Ultimatum que l’Autriche rejettera finalement.

De son côté la cour encourageait secrètement l'Autriche à la guerre en lui laissant prévoir que, rapidement, une grande partie de la nation se rallierait à Louis XVI et aux libérateurs. Une fois la guerre commencée, les mêmes fournissent à la même Autriche les plans stratégiques envisagés du côté français.

Avril 1792 déclaration de guerreLe 20 avril 1792, l’Assemblée, sur proposition du roi, vote la déclaration de  guerre au « roi de Bohême et de Hongrie » (le décret est voté à l'unanimité moins sept voix ).

Dumouriez avait songé à pénétrer dans les  Pays-Bas autrichiens comptant sur un soulèvement populaire en faveur de la France. La désorganisation complète de l'armée française rendit ce projet illusoire.

Pour mémoire, moins d'un mois plus tard, le 25 avril 1792, Rouget de Lisle, alors capitaine dans un régiment du Génie,  chante à Strasbourg pour la première fois " le chant de guerre pour l'armée du Rhin " qui deviendra " la Marseillaise ".

Marseillaise 1

 

2.3. La guerre contre la Prusse et  l’Autriche commence mal !

Ce qu’espérait le roi et la cours se réalise, la guerre commence très mal pour la France en effet, nous ne le répéterons jamais assez, les Girondins « va-t-en-guerre » n’ont rien fait pour préparer la guerre et ne prennent aucune mesure concrète pour renforcer l'armée, l'équiper et la réorganiser :

- Les soldats se défient de leurs officiers nobles : le général Théobald Dillon accusé de trahison par ses hommes est massacré sur le front de Flandres le 29 avril 1792.

- L’armée est totalement désorganisée : de très nombreux officiers désertent, dont le général Rachambeau qui début mai donnait sa démission sans explication. Trois régiments passent à l'ennemi avec armes et bagages : le 6 mai 1792, le Royal Allemand, le 12 du même mois les hussards de Saxe et ceux de Bercheny.

- Les troupes françaises fuient.

- Les désertions se multiplient.

- Les généraux font retomber avec mépris la responsabilité de cette déconfiture sur l'indiscipline des troupes et plus particulièrement sur les volontaires.

Dans l’urgence, le 11 juillet 1792, l'Assemblée proclamait la Patrie danger. C’était une manière de détourner du veto royal les mesures nécessitées par la situation militaire catastrophique ( voir annexe 4 ).

La patrie en danger2

 

2.4. La Fayette joue et perd !

La Fayette TraitrejpgCe que craignaient Robespierre et Marat se réalise également, La Fayette tente de s’imposer mais  il échouera.

Mi-mai 1792, il envoyait un émissaire, l'ex-jésuite Lambinet, auprès de l'ambassadeur autrichien à Bruxelles, Mercy-Argenteau, pour l'informer qu'il ( La Fayette ) était prêt, en accord avec les autres généraux aux armées du Nord, pour marcher sur Paris afin de disperser les jacobins,  supprimer la garde nationale, rappeler les émigrés au premier rang desquels les princes et mettre en place une seconde chambre. En échange, il sollicitait de l'Autriche une suspension des combats. L'ambassadeur prévenu de la même méfiance que Marie-Antoinette vis-à-vis du général au blanc destrier lui conseillait de s'adresser directement à Vienne. Il écrivait au chevalier de Laucourt qu'il se croyait digne de la dictature.

Quelques jours plus tard, le 18 mai, ses aides de camps, La Colombe et Berthier, faisait tomber à leur tour la responsabilité des défaites sur la troupe en  déclarant au ministre Roland que les soldats étaient des lâches. La rupture entre le général et les Girondins était consommée.

Le 16 juin 1792, depuis son camp de Maubeuge, La Fayette envoyait à l'Assemblée et au roi une longue lettre dans laquelle il dénonçait comme factieux les Jacobins, les ministres girondins renvoyés quelques jours plus tôt et surtout Dumouriez. Cette lettre fut lue à la barre de l'assemblée le 18, même si Guadet compara le général à Cromwell, aucune mise en accusation ne fut proposée.

Le 28 La Fayette se présente à la barre, revendique le contenu de sa diatribe et déclare qu'il a été chargé, par tous les corps de son armée, d'improuver les insultes faites au roi ( allusion à la journée du 20 juin qui faisait suite au renvoi du « ministère girondin » ) et de demander la destruction de la « secte jacobine » ( dissolution du club des Jacobins ). Guadet demande une motion de blâme qui est rejetée ( 339 contre, 234 pour ), le général gardant beaucoup d'amis chez les feuillants. Le soir il tente un rassemblement de ses partisans au champs Elysées auquel répondent une centaine de personnes. Sur cette échec pitoyable, La Fayette quitte ensuite Paris pour rejoindre son armée.

Suite à cette mobilisation générale des fayettistes, le fougueux général est brûlé en effigie dans les rues de Paris.  L'idole de 89-90 est tombée de son piédestal et paye l'inaction inexplicable de son armée dans le Nord depuis deux mois bientôt. Cependant, il continuait de nuire, notre Cromwell national persistait.

Début juillet il proposait au roi de le faire sortir de Paris et de l'amener à Compiègne où des troupes l'attendaient. Le départ était d'abord fixé au 12 puis reculé au 15 et finalement tout fut annulé face à l'indécision du roi.

La Fayette faisait une nouvelle tentative au tout début du mois d'août mais en vain. Le 8 août, l'assemblée  vota son absolution, ce qui précipita peut-être les événements.

Après le 10 août 1792, La Fayette fait à ses troupes une proclamation  qui vise à tenter d'organiser, entre plusieurs départements de l'Est, une fédération dans le but de résister aux jacobins ;  cette entreprise échoue faute de soutien et finalement La Fayette est déclaré traître à la nation par l'assemblée, le 19 août. Il quitte précipitamment Sedan dans la nuit et passe à l'ennemi qui ne l'accueille pas à bras ouverts et l'emprisonne au château d'Ollmutz en Moravie.

2.5. Echec au roi.

 

Le 28 juillet  le manifeste dit de Brunswick était rendu public, il est publié à Paris par le Moniteur le 3 août  (Voir en annexe 5 ).Brunswick, à la tête des troupes prussiennes, prend Longwy  le 13 août 1 quelques semaines plus tard,  le 30 août il s’emparait de Verdun, la route de Paris lui était alors ouverte.

 

Mais entre-temps, les sans-culotte parisiens et le fédérés provinciaux en stationnement à Paris étaient passés à l’offensive le  10 août 1792 :

10 août 1792

- prise de Tuileries par la population parisienne et les fédérés montés à Paris ( 20 000 hommes ) ;

- nomination par acclamation d'un conseil exécutif provisoire ( Danton à la justice, Roland à l'intérieur, Servan à la guerre, Clavière aux finances,  Lebrun aux affaires étrangères et Monge à la marine ),

- décision de convoquer une nouvelle assemblée constituante, la future Convention nationale.

Dans le même temps, l'assemblée, sans doute échaudée par la trahison de La Fayette, envoyait douze de ses membres ( trois auprès de chacune des quatre armées )  avec le pouvoir " de suspendre provisoirement les généraux ou tous autres  officiers et fonctionnaires publics, civils et militaires, et même de les faire mettre en état d'arrestation, si les circonstances l'exigent, ainsi que de pourvoir à leur remplacement provisoire".

2.6. Après la prise des Tuileries, les Sans-Culottes parisiens s'impatientent de la lenteur de la justice vis-à-vis des « ennemis de l’intérieur» :

La victoire du 10 août s'était faite au prix de lourdes pertes chez les assaillants, au moins un millier de tués ou blessés lorsque les gardes suisses avaient tiré sans sommation alors que les gardes nationaux tentaient de fraterniser avec eux. Les sections et les fédérés  souhaitaient venger leurs morts. D'ailleurs un grand nombre de Suisse étaient massacrés par la foule lors de la prise du château.

Le lendemain, Santerre déclarait à l'Assemblée qu'il ne pouvait répondre du maintien de l'ordre que si se mettait en place rapidement une Cour  martiale afin de juger les Suisses.

- Le 17 août, sous pression de la commune insurrectionnelle de Paris, la Législative met en place un tribunal extraordinaire sans recours possibles pour juger les délits commis lors de la journée du 10 août ( étaient visés les gardes suisses qui avaient mitraillé la foule sans sommation ). Robespierre, élu juge et président de ce tribunal, se récusa immédiatement. Ce premier tribunal révolutionnaire fut dissout le 29 novembre 1792 .

- Le 30 août 1792, l'Assemblée faisait un dernier efforts pour museler la commune insurrectionnelle en votant un décret par laquelle elle la cassait et la renouvelait. Décret qui n'a pas été exécuté, la commune décidait de rester en fonction.

- Du 2 au 7 septembre 1792, massacres dans les prisons parisiennes. Les autorités laissaient faire.  Danton, ministre de la justice, ne prenait aucune mesure visant à protéger les prisons, allant jusqu'à déclarer au futur Louis-Philippe, alors duc de Chartres, au début de la Convention : " Au moment où toute la partie virile de la population se précipitait aux armées et nous laissait sans force à Paris, les prisons regorgeaient  d'un tas de conspirateurs et de misérables qui n'attendaient que l'approche de l'étranger pour nous massacrer nous-mêmes. Je n'ai fait que les prévenir. J'ai voulu que toute la jeunesse parisienne arrivât en Champagne couverte du sang qui m'assurât de sa fidélité. J'ai voulu mettre entre eux et les émigrés un fleuve de sang." Tous les journaux girondins, ce qui à lépoque constituait la quasi-totalité de la presses, faisaient,  au  moment même des faits, au pire  l'apologie des massacres au mieux plaidaient les "circonstances attenuantes", alors que dans les semaines qui suivent les principaux ténors girondins tentaient de faire retomber la responsabilité des massacres sur la Montagne.

Paris ne fut pas le seul endroit où se déroulèrent de tels massacres, partout où se rassemblaient les volontaires les "aristocrates" avaient tout à craindre et à se faire oublier  :  à Reims, le 3 septembre, à Meaux le 4, dans la première quinzaine du même mois dans l’Orne on dénombre pas moins de 11 tués  ( voir l’article :

 http://www.nogentrev.fr/archives/2016/01/02/33149719.html ), à Caen le 7, à Lyons le 9. L'assemblée électorale des Bouches-du-Rhône applaudit vivement à l'annonce des massacres parisiens. Signalons que cette assemblée était présidée par Charles Jean Marie Barbaroux qui en tant que conventionnel girondin attaqua vivement la commune de Paris dès la fin du mois de septembre 1792. Tout à fait représentatif de la morgue des Girondins, le 24 de ce mois de septembre 1792, il menaçait à la tribune des Jacobins de Paris, les " anarchistes ou déorganisateurs" qu'il assimilait aux montagnards " septembriseurs", sans peur du ridicule : " Huit cents Marseillais sont en marche pour Paris et ils arrivent incessamment. Ce corps est  composé d'hommes entièrement indépendants du côté de la fortune [ entendons des fils de familles aisées ]; chaque homme a reçu de ses pères et mères deux pistolets, un sabre, un fusil et un assignat de mille livres."

 

2.7. Valmy

Valmy 1Le 20 septembre 1792, victoire de Valmy et réunion de la Convention nationale. Premier effet de la mobilisation massive consécutive à la proclamation de la patrie en danger. Goethe, témoin oculaire de cette bataille[6] dira de cette bataille : «  De ce lieu et de ce jour date une ère nouvelle »( Campagnes de France et de Mayence, publié en 1817 ).Quant à mon livre d'histoire de classes primaires[7], il la décrit comme suit : « Les Prussiens qui avaient envahi la France se moquaient de ces volontaires mal armés, mal vêtus, mal chaussés. Mais à Valmy, ces va-nu-pieds marchèrent sur les Prussiens en criant : «  Vive la Nation ! » Les prussiens eurent peur, et ils reculèrent.»

Finalement la cour et le parti feuillant  sortent vaincus de ce début de guerre mais  les Girondins, qui jusqu'au bout ont tenté en vain de s 'opposer à l'insurrection du 10 août, sont également affaiblis. La constitution de 1791 qu'avaient ardemment combattue ceux que l'on va nommer les Montagnards, au premier rang desquels Robespierre, devient de fait un bout de chiffon à jeter et à refaire.

3. La convention girondine.

3.1. Que faire des victoires ?

Valmy est suivi d'autres succès :

- En Savoie : Montesquiou entré en Savoie dans la nuit du 21 au 22 septembre 1792 conquiert le territoire sans pratiquement combattre. Albert Mathiez assure : « Ce n'était pas une conquête, mais une libération »[8].

- A Nice : D'Anselme à la tête de l'armée du Var entrait à Nice également sans combattre le 29 septembre 1792. Ici l'accueil, pas totalement hostile au début, le devient rapidement à cause du comportement de l'armée d'occupation.

- En Rhénanie : Custine s'empare de Spire le 25 septembre, de Worms le 5 octobre 1792, de Mayence le 19 et de Francfort le 21 du même mois.  Cette dernière ville sera reprise le 12 décembre 1792 grâce à l'aide des habitants soulevés contre les Français.

- Dans le Nord : au même moment Kellerman reprend Longwy et en chasse les Prussiens.

De septembre à octobre 1792, la Convention repousse toute ingérence dans les affaires des pays occupés, l'assemblée semble pencher pour la mise en place de Républiques sœurs.

Mais après la victoire de Jemmapes ( aux portes de Mons ) le 6 novembre 1792, Dumouriez va occuper en moins d'un mois l'ensemble de la Belgique : Bruxelles était prise le 14 novembre,Liège le 28, Anvers le 30, Namur le 2 décembre 1792. Dumouriez ne poursuivit pas les Autrichiens, à l'époque il était déjà soupçonné par Pache, ministre de la guerre,  d'opérations financières douteuses. Attaqué à la convention par Cambon, les Girondins prirent sa défense et envoyèrent en Belgique Danton et Delacroix pour calmer le jeu.

Jemmapes1

 

Dès le 19 novembre 1792, sous l'impulsion de La Revillière-Lepeaux, dirigeant girondin, et de Pache et Monge ( guerre et marine ), la convention vote un décret de «  fraternité et secours » à tous les peuples qui veulent recouvrer leur liberté. L'option pacifiste, une fois la menace d'invasion écartée, est repoussée aux calendes grecques, il n'est même pas envisagé que l'on puisse négocier la paix.

Le 15 décembre 1792 est voté par acclamation le décret dit « guerre aux châteaux », en fait un décret qui impose le régime français aux pays conquis. Symboliquement, et ce n’est pas rien tant les mots sont importants, dans ce décret on qualifie les nations  conquises de « peuples mineurs » et la France de « grande nation » .

On est passé de la défense du droit des peuples à décider d'eux-mêmes à une politique nationale légitimant la réunion des territoires occupés/libérés à la France.

Ces décrets des 19 novembre et 15 décembre 1792 résument la politique étrangère des Girondins : d'abord protection aux peuples, puis sous condition que les dits peuples protégés acceptent de leur plein grès la dictature révolutionnaire de la France.  Avec ces décrets la Convention avait cru rallier à sa cause les masses opprimées dans les pays occupés. Ce fut l’inverse qui se produisit. Partout ou presque les populations n’y voient qu’un moyen de spoliation, un instrument arbitraire de domination voire une attaque à leur indépendance.

D’autre part, cette politique aliéna, ou contraignit à un silence prudent,  beaucoup de sympathies vis-à-vis de la France révolutionnaire qui s’étaient manifestées ici ou là en Europe ( surtout au Royaume-Uni,  dans les Etats allemands et aussi en Italie ).

Cloots 2Dans ce revirement annexionniste, les réfugiés étrangers en France, notamment les plus influents comme Clavière et Anarchasis Cloots, ont joué un rôle important. Notamment en  convainquant les Girondins qui hésitèrent un moment sur la politique à suivre ( voir annexe 6 ).

Ce qui est certain c'est que la politique expansionniste adoptée par les Girondins est aussi le reflet de sa politique sociale conservatrice.

  • Le 5 décembre, Clavière écrivait à Custine : « On doit se maintenir dans l'état de guerrier ; le retour de nos soldats augmenterait partout le trouble et nous perdrait ».
  • Rolland quant à lui affirmait en privé : «  Il faut faire marcher les milliers d'hommes que nous avons sous les armes, aussi loin que les porteront leurs jambes [ … ce que réalisera Napoléon un peu plus tard...], ou bien ils reviendront nous couper la gorge ».

 

La Montagne porte également une part de responsabilité dans cette politique. Elle ne s'y oppose pas réellement, ce qui lui était difficile au moment où elle accueillait dans ses rangs Cloots lors du procès du roi. Tout au procès du roi, elle ne fit que rarement des propositions concrètes et précises à même de modérer les appétits voraces des Girondins et des profiteurs de guerres.

Bientôt la notion de « frontières naturelles » revient de façon récurrente.

Danton 2D'abord, dans la bouche de Danton qui réclame l'annexion des villes et territoires belges au nom de ce principe  le 31 janvier 1793 ( voir annexe 7 ).

Puis sous la plume de Brissot qui écrivait le 26 novembre 1792 à Servan, ministre de la guerre : «  Nous ne pouvons être tranquilles que lorsque l'Europe et toute l'Europe sera en feu...si nous reculons nos barrières jusqu'au Rhin, si les Pyrénées ne séparent plus que des peuples libres, notre liberté est assise ».

3.2 Les premières annexions :

  • Savoie annexée le 27 novembre 1792.
  • Nice le 31 janvier 1793.
  • En Belgique :

Le 4 décembre 1792, une délégation Belge demandait, à la convention, l'indépendance de la Belgique. Le 12 janvier 1793, des représentants du « peuple libre de la ville de Louvain » demandaient à la convention d'abolir le décret du 15 décembre 1792 et de ne pas annexer la Belgique . Même démarche des représentants de Mons, le 21 décembre 1792, qui déclaraient à la Convention que le pouvoir révolutionnaire ne serait à leurs yeux « qu’un pouvoir usurpé, le pouvoir de la force ».

En ce début 1793,  certains en France commençaient à se demander s’il ne valait pas mieux rapporter le décret du 15 décembre ( des ministres : Lebrun, Roland, des députés de premier plan du camp girondin : Brissot, Guadet, Gensonné ainsi que le général Dumouriez ). Cambon, soutenu par Clavière, força les résistances en s’adressant directement à l’assemblée qui lui donna raison le 31 janvier 1793 ( occasion du discours de Danton cité ci-dessus ).

Finalement, le décret du 15 décembre 1792, s’applique en Belgique par la force ( ainsi qu’en Rhénanie ), on y réunit des assemblées populaires locales, mais on s’abstient d’organiser une assemblée générale de la Belgique comme cela avait eu lieu en Savoie.

Les villes et territoires belges furent donc annexées un à un à la France durant le mois de mars 1793 : le 1° mars, Bruxelles et sa banlieue ;le 2 le Hainaut sous le nom de département de Jemmapes ; le même jour réunion à la France de Gand et les communes de Franchimont/Stavelot et Logne qui n'en font plus qu'une ;  le 4 la ville de Florennes et 36 villages alentour ;  toujours le 4, la ville de Tournai et sa banlieue ; le 9 la ville et banlieue de Louvain ; le 11, Ostende, le 16 mars, Namur, Ham-sur-Sambre, Charles-sur-Sambre, Fleurus, Wasseigne ; le 23, Nerel, Aeltre, Thouroult, Blanckenberg, Etloc, Damne, et la banlieue de Bruges ; le 25, beaucoup de communes de Tournaisis.

Toujours en Belgique, le 16 mars 1793,  Danton, Delacroix et Camus sont à nouveau envoyés en mission pour superviser ces opérations : les deux premiers vont y acquérir une solide réputation de violence dans l'établissement des contributions et réquisitions, de débauche voire de déprédation ( ils expédièrent de Belgique deux voitures qui furent arrêtées à Béthune faute de laissez-passer. Un inventaire en fut dressé qui avait disparu avant leur procès. Les accusateurs du Tribunal Révolutionnaires ont prétendu qu'elles contenaient pour 400 000 livres d'objets précieux, du linge selon les accusés. Mathiez quant à lui parle de «  trois fourgons chargés de linge fin et d'argenterie expédiés par des créatures de Danton et par son ordre à lui et à Delacroix »[9] ).

Dans les pays annexés les biens des adversaires de la Républiques sont mis en vente au profit de la France. Des réquisitions, contre remboursement en assignats, sont imposées surtout en Rhénanie. Les contributions payées à la France sont payables en numéraire et non en assignats.Très vite on y impose le cours forcé des assignats, en fait on exporte l'inflation. :

Condorcet- Condorcet, grand humaniste, ancien ami de D’Alembert et sans doute le survivant le plus connu des encyclopédistes, était, en plus d'être un ci-devant marquis, un personnage aux opinions politiques fluctuantes. Au printemps 1789, au moment de la rédaction des doléances, il avait défendu fermement du haut de son statu de philosophe les ordres privilégiés lors l’assemblée de la Noblesse à Mantes, puis s’était opposé à la Déclaration des droits. L'année suivante, en 1790, il avait protesté contre la suppression des titres de noblesse, la confiscation des biens du clergé et la création des assignats. Ensuite, il avait fondé le très fayettiste club de 1789, avec l’abbé Sieyès, dans le but de contrer celui des Jacobins. Cependant après Varennes, il était devenu fervent républicain. En tant que directeur de la Monnaie ( un comble pour quelqu'un qui denonçait peu de temps auparavant la création des assignats ), il faisait autorité en matière de finance. C'est sans doute à ce titre "d'expert" qu'il trouve tout à fait normal d’exporter les assignats dans les territoires annexés, prétendant que ces derniers allaient apporter aux peuples conquis la prospérité !!!

- Anarchasis Cloots, l’orateur du genre humain, milliardaire, dit quant à lui que les armées françaises disposent d’une arme secrète incendiaire qui va leur apporter la victoire, cette arme c’est l’assignat !!!

C’est ni plus ni moins qu’une politique de pillage organisé qui est imposée aux pays annexés.

3.3. La première coalition.

Il est probable que ces annexions jouent un rôle aussi important que l'exécution du roi dans l'émergence de la première coalition. Pour la Grande Bretagne, la présence française en Belgique constitue une menace, elle se prépare à la guerre. L’exécution du roi fit basculer le Royaume-Uni dans les préparatifs de guerre déjà en germe depuis le mois de novembre1792 ( en fait depuis la prise d’Anvers le 30 novembre ). A l’annonce de la décapitation du citoyen Capet la cours d’Angleterre prenait le deuil et renvoyait l’ambassadeur de France ( avec lequel d’ailleurs toute relation était suspendue depuis le 10 août ).

Le 1° février 1793, la Convention, sur proposition de Brissot, déclare la guerre au Royaume Uni ainsi qu'à son allié la Hollande[10]. Le Royaume-Uni s'allie à la Russie le 25 mars 1793, à la Sardaigne le 25 avril, à Naples le 12 juillet ainsi que durant le même mois à la Prusse et à l'Autriche.

Contre l’Espagne, la Convention vota, sur rapport de Barère[11], la guerre par acclamation le 7 mars 1793.

3.3.1. De défaites en défaites.

Au printemps 1793, en quelques semaines, la France est envahie par les forces de la première coalition. Ces défaites militaires peuvent s’expliquer par :

- Le fait que Dumouriez, en refusant de poursuivre les Autrichiens lors de l’occupation de la Belgique, avait laissé libre un passage le long de la Moselle entre la Belgique et la Rhénanie.

- Une partie des troupes, une fois les territoires « libérés », étaient rentrées chez elles. Les armées comptaient 400 000 hommes au 1° décembre contre 228 000 au 1° février.

- Les généraux, notamment Custine, rejoignaient Dumouriez pour faire tomber le ministre de la guerre Pache qui fut remplacé le 4 février par Beurnonville proche de Dumouriez qui ne plaisait pas à Custine.

Dans ces conditions le Comité de défense générale ( crée le 1° janvier 1793 ) et le Conseil exécutif adoptent le plan d’offensive proposé par Dumouriez qui dispersait les forces françaises déjà inférieures en nombre. Il explique dans ses mémoires que son intention était, une fois reconquis la Belgique et la Hollande, de marcher sur Paris pour dissoudre la Convention et le club des Jacobins. Selon le général Miranda, outre lui-même, Dumouriez se serait ouvert de ce « plan » à Danton, Delacroix et Westermann.Après quelques succès en Hollande ( prise de  Bréda le 16 février 1793 ) le front fut balayé autour de Liège. La défaite de Neerwinden le 18 mars en fut la conséquence logique.

Neerwinder

 

- Après la défaite de Neerwinden ( entre Louvain et Liège ) le 18 mars 1793, toute la Belgique est évacuée.

- Il en fut de même de la rive gauche du Rhin quelques jours plus tard à l’exception de Mayence.

3.3.2 . Mesures d’urgences.

Face au désastre belge Delacroix et Danton  rentraient en catastrophe à Paris :

- Le 9 mars 1793, Danton convainc la Convention d’accélérer la levée de 300 000 hommes, votée le 23 février précédent, par l’envoi de représentants du peuple dans les départements afin de procéder à ladite levée ( ces 86 commissaires furent presque tous choisis dans les rangs Montagnards[12] ).

- Le 9 mars 1793, Danton réussit, malgré l’opposition de la Gironde, à faire voter l’instauration d’un tribunal révolutionnaire réclamé par plusieurs sections parisiennes pour punir les agents de l’ennemi à l’intérieur.

Dans le même temps, la dénonciation des girondins et de Dumouriez, que son attitude arrogante favorisait, prenait de l’ampleur, notamment autour du club des Cordeliers, et Danton demandait la démission des ministres.

3.3.3. Dumouriez trahit.

DumouriezSuite à la défaire de Neerwinden, Dumouriez passa du statut de rebelle à la Convention à celui de traitre :

- Le 23 mars, il entrait en contact avec Cobourg.

-Le 26 Danton, s’opposant à Robespierre,  continuait à Paris de défendre le général devant le comité de défense général.

- Le 29, le comité de défense général ancêtre du comité de salut public envoyait des représentants[13] ayant mission de destituer Dumouriez, parmi eux se trouvait le ministre de la guerre Beurnonville, que Dumouriez lui-même avait fait nommer à ce poste en remplacement de Pache le février  1793.

- Ce dernier les livra à l’ennemi le 1° avril 1793 et ce n’était pas un poisson, ils restèrent en captivité durant deux ans et demi.

- Après avoir tenté en vain d’entraîner ses troupes pour marcher sur Paris, Dumouriez doit se réfugier chez les Autrichiens le 5 avril 1793.

Danton faillit bien être compromis par la trahison de Dumouriez, il n’en réchappa que de peu : convocation devant les Comités de défense et de sûreté général, dénonciation aux Jacobins par Marat et à la Convention par Lasource ( un girondin ), le 1° avril. Il s’en sortit en accusant les Girondins Brissot, Guadet et Gensonné. La commission d’enquête que les Girondins avaient d’abord réussi à faire voter ne fut jamais mise en place. Mieux, Danton entrait au Comité de salut public le 5 avril 1793, comité de 9 membres qui était créé ce jour en remplacement du Comité de défense général. Cependant un an plus tard, les Montagnards qui avaient porté Danton au Comité reprendront les accusations de complicité avec Dumouriez portées début avril 1793 par Birotteau et Lasource.

Vendéen3.3.4.  La Vendée.

L’insurrection qui éclatait en même temps en Vendée ( le 10 mars 1793 ) n’est que la traduction d’un certain mécontentement populaire diffus un peu partout : l’élément déclencheur en était d’abord le refus des recrutements ordonnés par le décret du 23 février 1793 ( 300 000 hommes ), mais ce n’était que la goutte d’eau qui arrivait sur un vase de désillusions déjà bien rempli : problèmes des subsistances, inflation, frustrations face aux ventes des biens nationaux, désarroi face à la politique religieuse des assemblées et  face à l’exécution du roi…

Nous n’en parlerons pas ici, il faudrait y consacrer toute une étude.

3. 3. 5. Au frontières les défaites s’accumulent.

  • Prise de Valenciennes :

Après Neerwinden, l'armée du Nord s'était regroupée en arrière de Condé et Valenciennes, à Bouchain. Les troupes françaises résistaient difficilement à l'avancée autrichienne. Le 23 mai 1793 le camp de Famars qui couvrait Valenciennes et Condé était pris par les Autrichiens.

Le siège de Valenciennes et de Condé peut alors débuter. Condé capitulera le 10 juillet 1793, réduit par la famine. Valenciennes ne capitulera que le 28 juillet 1793 après avoir retenu pendant plus de deux mois toute l'armée Austro-Anglaise de Cobourg.

Heureusement, au lieu de se porter sur Paris, l’armée coalisée se scinde: les Anglo-Hollandais vont faire le siège de Dunkerque et les Autrichiens de  Cobourg celui de Le Quesnoy, dans le but de prendre Cambrai.

L’armée française du Nord s’était repliée sur Arras et Douai.

  • En Rhénanie, Custine se repliait sans combattre laissant une garnison de 20 000 volontaires pour tenir Mayence. Elle fut bombardée jours et nuits à partir de juin, Mayence capitulait le 21 juillet 1793.

Le 13 octobre 1793, les Prussien de  Brunswick battaient les Français à Pirmasens menaçant la ligne de la Sarre. Le lendemain, les Autrichiens de Wurmser battaient les Français à Wissembourg. Ces deux victoires permettaient aux alliés d'entrer en Lorraine et en Alsace. Haguenau est prise le 29 octobre 1793, Fort Vauban en avant de Strasbourg est pris le 9 novembre 1793. Landau est assiégé par les Prussiens.

  • Dans les Alpes et les Pyrénées : 

Les Piémontais, profitant des soulèvements de Lyon et Marseille, avançaient et reprenaient les deux provinces de Nice et de Savoie occupant les vallées de la Tarentaise et de la Maurienne. 

Le 27 août 1793 Toulon se livrait à la flotte anglaise de l'amiral Hood. 15.000 coalisés étaient aussitôt débarqués et occupaient les forts côtiers contre les troupes françaises.
Sur les Pyrénées, les Espagnols marchaient sur Perpignan, leur objectif était d'occuper tout le Roussillon.

3.4. L’affrontement Girondins/Montagnards et la crise fédéraliste.

Les défaites en Belgique et sur le Rhin, la trahison de Dumouriez, l’insurrection de la Vendée accentuent, si c’était encore possible, les tensions entre Girondins et Montagnards et décrédibilisent totalement auprès du mouvement sectionnaire les premiers.( Voir annexe 8 )

Les Girondins furent finalement vaincus lors des journées des 31 mai 1° et 2 juin 1793 parce qu’ils avaient déclenché la guerre et qu’ils ne surent pas  la gagner, parce que leur politique de classe ne solutionnait en rien la crise économique, enfin parce qu’ils combattaient par le vote (...et bientôt par les armes… ) toutes les mesures extraordinaires que la situation appelait. 

31 mai 1793

 

Le 2 juin, les représentants de la haute bourgeoisie  étaient renversés par la sans-culotterie parisienne tout comme la noblesse et ses partisans le furent le 10 août 1792.

3.5. Le Fédéralisme.

De fait les 29 députés girondins décrétés d’arrestation continuaient d’aller et venir sans soucis particuliers, 12 s’enfuirent. Clavière ne fut remplacé aux finances que le 13 juin et Lebrun aux affaires étrangères que le 21, maintenu par le CSP de Danton qui démissionnait Bouchotte du ministère de la guerre pour plaire aux modérés, Danton se ménageait sans doute ainsi la possibilité de négocier avec les vaincus. Le 6 juin, Barère réclamait le destitution de Hanriot, chef de la GN parisienne.  Le 6 juin 1793, 75 députés de la droite, encouragés par ces diverses manœuvres,  signaient une protestation contre les arrestations du 2 juin. Plusieurs signataires fuyaient Paris pour rejoindre les Girondins fugitifs et les aider dans leurs tentatives de soulever les départements contre Paris. Ce que l’on nomme la crise fédéraliste.

Mi-juin 1793, une soixantaine de départements étaient en révolte plus ou moins ouverte. Mais en fait ces révoltes étaient essentiellement l’œuvre des administrations départementales. Les communes y furent souvent plus tièdes voire franchement hostiles et les levées d’ hommes ordonnées eurent beaucoup de mal à se faire.En pleine insurrection vendéenne les populations se méfiaient de ces riches bourgeois s’alliant à des feuillants ou des royalistes comme en Normandie avec  Wimpfen et le comte  de Puisaye[14].  Le mouvement fit long feu sauf à Lyon et Toulon, zones où les royalistes appelés par les Girondins, avaient pris le dessus.  D’autant que la répression fut sélective séparant les suiveurs des traites au nombre de 9 [15].

Surtout la Convention votait 3 lois donnant satisfaction aux plus démunis :

- 3 juin, vente des biens des émigrés en petits lots.

-10 juin, partage de biens communaux égalitaire par tête.

-17 juillet, abolition des droits seigneuriaux sans indemnité.

Le plébiscite constitutionnel qui adopte la constitution de 1793 très libérale, qui certes ne fut pas appliquée, signa un peu partout la débâcle des Girondins.

Si l’insurrection vendéenne avait poussé la Convention à prendre des mesures d’exception bien avant la « chute des girondins », l’insurrection girondine accentua le mouvement vers ce que l’on nomme la Terreur depuis thermidor an II.

 

 

Eté 1793

 

4. La Convention Montagnarde.

4.1. Les mesures de salut public.

 

soldat an II bloghLa France ne sera sauvée que par l'instrument de guerre mis en place par la Convention montagnarde et par l’instauration d’un régime d’exception qui sera qualifié de « terreur » après thermidor. Et aussi accessoirement par le fait que chacun des partenaires de ladite coalition poursuit des buts différents de ceux de ses « alliés ». Depuis fin août les Anglais du duc d'York ne voyant que leurs intérêts, assiégeaient Dunkerque laissant seul Cobourg qui assiégeait et prenait Le Quesnoy. Sur le front de l'Est, Wurmser et Brunswick se jalousaient.

  • Réorganisation de l’armée :

- Le 7 février 1793 Dubois-Crancé proposait une réorganisation des armées par l’amalgame consistant à réunir  dans un même corps, la demi-brigade, deux bataillons de volontaires avec un bataillon de ligne soumis aux mêmes soldes et conditions que celles des volontaires ( solde plus élevée, cooptation des officiers, discipline moins rigoureuse). Ainsi la ligne se pénétrerait de l’esprit civique des volontaires et ceux-ci s’aguerriraient au contact de vieux troupiers. Cette mesure combattue par les généraux, les girondins et Barère, fut  votée grâce aux montagnards mais trop tard par rapport à la  reprise de la campagne militaire. Cette réforme ne fut mise en place que durant l’hiver 1793-1794. Ce qui peut expliquer les succès de la fin 1793 et du début 1794.

 

Marceau- De nouveaux généraux sortis des bataillons de volontaires de 1791 Jourdan, Hoche, Marceau, Moreau ou Pichegru, qui allaient se révéler être à la fois des patriotes et des chefs capables,  mèneront les armées de la République à la victoire contre la coalition. Ces généraux seront sévèrement surveillés par les commissaires aux armées.

- Une nouvelle stratégie est mise en place par Carnot, il choisit d'agir par masse, c'est à dire former une armée compacte, nombreuse et très mobile.

De plus on organise la fabrication de la poudre avec les savants Fourcroy, Monge ou Berthollet. La recherche du salpêtre devient un sport national. Les cloches des églises étaient fondues pour faire des canons, sauf une qui restait dans l'église paroissiale. Guyton dirigeait les recherches sur l'aérostation militaire. Chappe proposait son système de télégraphe.  

  • Le renforcement de l’armée par des recrutements massifs :

    Volontaires

- Déjà en février 1793 ( le 23 exactement ), la Convention, alors girondine, avait voté le décret dit des 300 000 hommes, suivi de l’envoi dans les départements de Représentants du peuple en mission ( décret du 9 mars 1793 ) qui ne sont que les premiers et que la Convention continuera d’envoyer un peu partout en France de façon massive jusqu’à sa séparation en septembre 1795, c’est-à-dire bien après le 9 thermidor an II.

- 25 août 1793, décret de levée en masse[16] : les jeunes gens non mariés ou veufs de 18 à 25 ans forment la première levée, la génération de 25 à 30 formait la seconde, le reste jusqu'à 60 ans était disponible au gré des représentants pour régulariser ces levées.  Cette levée en masse suscite des oppositions qui, si elles n’iront pas  jusqu’à prendre l’ampleur de la Vendée, inquiètent les autorités. 

Lors du vote de la levée en masse la Convention parlera des "quatorze armées de la République" quatorze armées de 100 000 hommes !

La République disposera réellement, selon les diverses estimations, de 750 000  à 1 000 000 de soldats[17]( 113 000 rien que pour l’armée du Nord et de la Meuse ). Ce qui permettra à Carnot de mettre en place efficacement sa nouvelle stratégie de « la guerre de masse » qui n’aurait pu être mise en place au début 1793.

  • Une économie surveillée de près :

Afin de mettre un terme à la crise économique qui frappait le pays depuis 1789, mais aussi dans le cadre des efforts de guerre, la Convention décida de mettre en place une  économie contrôlée :

- Le 4 mai 1793, déjà, avait été voté le maximum départemental des grains et des farines. Loi qui s’était avérée  peu efficace du fait que les prix variaient d’un département à l’autre ( il était tentant pour des cultivateurs de vendre dans le département voisin dans les zones limitrophes ), mais surtout parce que les administrations départementales, inspirées en sous main par les Girondins, se firent tirer l’oreille pour mettre en œuvre cette loi.

Durant l’été 1793, sous la pressions des mouvements populaires et sans-culottes ( action efficace des « enragés » à Paris entre-autres ), d’autres mesures furent adoptées allant dans le sens d’une mise sous-tutelle de l’économie :

     . le 26 juillet 1793,  décret contre les accapareurs : les profiteurs qui recelaient des denrées afin de les vendre plus cher étaient punis de mort,

Maximum tableau  . Le 29 septembre 1793, la loi du Maximum général fixait les prix de trente-huit denrées ainsi que le prix des salaires ( les marchandises étaient taxées à leur prix de 1790, les salaires à une fois et demie ceux de 1790 ).

- Les réquisitions militaires se multipliaient  parfois loin des frontières pour fournir les vêtements et les vivres aux armées, pour le train, et les charrois la République réquisitionnait le 25ème cheval et le 12ème mulet .

Par exemple :  

. Le 10 novembre 1793, un décret réquisitionne pour la nourriture du soldat la huitième partie des cochons de la République,

. Exemple plus local :  le 30 octobre 1793, dans le cadre de la lutte contre la menace que faisaient peser les vendéens sur la ville voisine du Mans, la ville de Nogent-le-Rotrou était requise de fournir au premier bataillon de la Seine inferieur :

« […] trois cent quarante gibernes, deux cent paires de Souliers, cent vingt Chemises, une piéce de Canon, deux CaisSes de tambour moulés, vingt Chevaux de Selle Pour les officiers et Cinq voitures d’Equipages, après avoir examiné l’importance de ces demandes et attendù que l’interet public et la Sureté de la patrie exiGent quil y Soit obtemperé Et Sur le tout les administrateurs, officiers municipaux et commissaire de Guerre S’etant Serieusement concerté, Et ledit commissaire de Guerre a qui On S’en est pour le tout Specialement rapporté a dit quil etoit indispensable de remplir la demande ci-dessus, a representé que les Secours les plus prompts etoient necessaire pour la destruction des brigands de la venDée, que les ordres du citoYen Thyrion representant du peuple Est [ sic ] précise a cet Egard, quil demande des Secours d’hommes et d’armes Et que d’aGir autrement ce ne Seroit pas remplir Ses vües : quand [ sic ] aux Equipements comme Chemisés Et Souliers, quil est constant que le bataillon en a un Besoin Extreme, En conséquence le tout consideré il a eté arreté que tout ce que dessus alloit etre accordé audit Bataillon Et que pour les Chevaux et voitures, ordre alloit etre donné Sur le Champ a l’etapier pour qu’il ait a Y pourvoir pour demain huit heures du matin. »

Fait en la maison commune dudit nogent les jours et an que dessus »

  • Renforcement de la lutte contre les « ennemis de l’intérieur » :

-Le 9 mars 1793, Danton réussit, malgré l’opposition de la Gironde, à faire voter l’instauration d’un tribunal révolutionnaire réclamé par plusieurs  sections parisiennes pour punir les agents de l’ennemi à l’intérieur.

 

Tribunal révolutionnaire

 

 

Patrouille révolutionnaire- Le 9 septembre 1793 était créée l’armée révolutionnaire chargée de faire appliquer les lois, surtout celles relatives aux subsistances mais pas uniquement, dans les départements.

Le 17 septembre 1793 est adoptée la loi des suspects, qui permet des arrestations plus nombreuses et plus simples.

 

A la fin de l’année 1793, la situation de la France se redresse :

  • les révoltes royalistes et fédéralistes sont réprimées, Lyon et Toulouse sont à nouveau aux mains du gouvernement ;
  • la « Vendée » est écrasée en décembre près de Nantes après la débâcle du Mans les 12 et 13 décembre 1793 ;
  • la famine est évitée ;
  • et les ennemis extérieurs repoussés jusqu’aux frontières.

4.2. Victoires et conquêtes.

Dans le Nord :

 

Wattignies Hoche- Les 6 et 8 septembre 1793 victoire de Hondschoote, sur les Anglo-Hanovriens du duc d'York permet de dégager Dunkerque. Le général Houchard n'ayant pas su exploiter sa victoire, est destitué et remplacé par Jourdan le 20 septembre, il sera exécuté en novembre .

- Carnot rejoint Jourdan le 8 octobre pour préparer la reprise de Maubeuge aux Autrichiens de Cobourg . Les 15 et 16 octobre 1793, les Français remportent la bataille de Wattignies. Les forces coalisées se replient, et évacuent le Nord.  Le 22 octobre Jourdan reçoit l'ordre du Comité de Salut Public de passer la Sambre et de poursuivre les 80.000 hommes réunis de York et Cobourg.  Cette « poursuite » se solde par un échec.

Sur le Front de l’Est :

Début novembre Hoche (25 ans) prenait le commandement de l'armée de Moselle (35.000 hommes) et Pichegru prenait celui de l'armée du Rhin (45.000 hommes). Respectivement associés aux représentants en mission Baudot et Lacoste pour l'un et Saint Just et Lebas pour l'autre, ils avaient pour mission de libérer l'Alsace en refoulant les Austro-Prussiens hors du territoire national et de lever le siège de Landau.

Le 26 décembre 1793, la victoire de Wissembourg permettait de dégager toute l'Alsace et de plus, brouillait définitivement les Autrichiens et les Prussiens qui se rejetaient mutuellement la responsabilité de la défaite. Brunswick donnait sa démission à Frédéric-Guillaume.

Dans le Sud :

Le 20 décembre 1793 les troupes républicaines pouvaient entrer dans Toulon.

Les Piémontais furent arrêtés dans leur marche sur Lyon, l'armée rendue disponible par la chute de Toulon les arrêta du coté de Nice.Kellermann reprit la Savoie dès octobre. Dans les Pyrénées,  le terrain perdu au début 1793 était repris.

A la fin de l’année 1793, la France était devenue la première puissance militaire de l'Europe, elle le devait aux mesures révolutionnaires drastiques mises en place, à la jeunesse de ses généraux et à la motivation de ses soldats.

Au printemps 1794, l'offensive militaire reprenait :

  • le 26 juin 1794 à Fleurus, l’armée de Sambre-et-Meuse dirigée par Jourdan culbutait l’armée de Cobourg. Faisant la jonction avec l’armée du Nord de Pichegru, les deux armées reprenaient toute la Belgique, les Prussiens se repliaient en Westphalie et les Anglais au Hanovre.
  • Dugommier envahissait la Catalogne, et sur les Alpes le général Bonaparte proposait l'invasion de l'Italie.

 

La débandade de l'armée

 

5. La Convention thermidorienne et le directoire.

5.1. Annexions et Républiques sœurs.

Le 17 septembre, Kléber débute le siège de Maëstricht et le 23 septembre,  Jourdan prend Aix-la-Chapelle. Le 14 décembre Kléber assiège Mayence.

 

Républiques soeursLe 10 octobre 1794, la Convention décide de faire envahir la Hollande. L'offensive d'hiver est rapide. Le 3 février 1795, la République batave est proclamée, c'est le début des Républiques sœurs.  Le 16 mai 1795 un traité de paix draconien est imposé à la République batave portant la frontière française sur la Meuse et le Rhin.

La Prusse signe, à Bâle le 5 avril 1795, un traité de paix avec la République reconnaissant l'annexion par la France de la rive gauche du Rhin qui sera divisée en quatre départements français. Frédéric-Guillaume II n'attendait d'ailleurs que cela pour participer au troisième partage de la Pologne qui allait avoir lieu en octobre 1795.

Le 31 août 1795, la Belgique est découpée en neuf départements puis sera annexée le 1er octobre.

Le directoire poursuivra cette politique de conquêtes et d’annexion, voire de pillage des Républiques sœurs ( cas de l’Italie entre autres  ).

 

 

1797 grande nation

 

5. 2. Justification de cette politique.

Les thermidoriens ( d’abord en sourdine puis ouvertement ) et les directeurs justifient les annexions en avançant l’intérêt primordial de la France… ou le droit des peuples vainqueurs ! On est aux antipodes du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

La mise en place des Républiques sœurs vise à créer un glacis stratégique de protection autour de la France, cependant les intérêts financiers sont énormes pour la France. Même si on évoque encore ici ou là la volonté de révolutionner le pays, les constitutions sont souven18 Brumairejpgt imposées par la France. Elles constituent également un terrain où les généraux font leurs classe en matières de coup d’État. Car les généraux interviennent de plus en plus dans la vie politique française et prennent le goût du pouvoir, l’armée devient de plus en plus une armée de professionnels fidèles à leurs chefs ( les armées de 1794-95 ne verront arriver de nouveaux contingents qu’avec la loi Jourdan du 5 septembre 1798 ). Chaque armée développe un esprit de corps jaloux des autres. Le 18 brumaire an VIII ( 9 novembre 1799 ) clôt provisoirement l’épisode républicain mais pas celui des conquêtes et de la guerre qui se poursuivra jusqu’en 1815 .

 

 

Et bientôt...

le spectre de l'Empire se profile !

 

Sacre de Napoléon

 

 



ANNEXES :

1. Décret du 22 mai 1790, concernant le droit de faire la paix et la guerre.

Article premier. — Le droit de la paix et de la guerre appartient à la nation. — La guerre ne pourra être décidée que par un décret du Corps législatif, qui sera rendu sur la proposition formelle et nécessaire du Roi, et ensuite sanctionné par Sa Majesté.

Art. 2. — Le soin de veiller à la sûreté extérieure du royaume, de maintenir ses droits et ses possessions, est délégué au Roi par la Constitution de l'État ; ainsi, lui seul peut entretenir des relations politiques au dehors, conduire les négociations, en choisir les agents, faire les préparatifs de guerre proportionnés à ceux des États voisins, distribuer les forces de terre et de mer, ainsi qu'il le jugera convenable, et en régler la direction en cas de guerre.
Art. 3. — Dans le cas d'hostilités imminentes ou commencées, d'un allié à soutenir, d'un droit à conserver par la force des armes, le pouvoir exécutif sera tenu d'en donner, sans aucun délai, la notification au Corps législatif, d'en faire connaître les causes et les motifs ; et si le Corps législatif est en vacance, il se rassemblera sur-le-champ.

Art. 4. — Sur cette notification, si le Corps législatif juge que les hostilités commencées soient une agression coupable de la part des ministres ou de quelque autre agent du pouvoir exécutif, l'auteur de cette agression sera poursuivi comme criminel de lèse-nation ; l'Assemblée nationale déclarant à cet effet que la nation française renonce à entreprendre aucune guerre dans la vue de faire des conquêtes, et qu'elle n'emploiera jamais ses forces contre la liberté d'aucun peuple.

Art. 5. — Sur la même notification, si le Corps législatif décide que la guerre ne doit pas être faite, le pouvoir exécutif sera tenu de prendre sur-le-champ des mesures pour faire cesser ou prévenir toutes hostilités, les ministres demeurant responsables des délais.

Art. 6. — Toute déclaration de guerre sera faite en ces termes : De la part du Roi des Français, au nom de la nation.

Art. 7. — Pendant tout le cours de la guerre, le Corps législatif pourra requérir le pouvoir exécutif de négocier la paix, et le pouvoir exécutif sera tenu de déférer à cette réquisition.

Art. 8. — À l'instant où la guerre cessera, le Corps législatif fixera le délai dans lequel les troupes levées au-dessus du pied de paix seront congédiées, et l'armée réduite à son état permanent. La solde desdites troupes ne sera continuée que jusqu'à la même époque, après laquelle, si les troupes excédant le pied de paix restaient rassemblées, le ministre sera responsable et poursuivi comme criminel de lèse-nation.

Art. 9. — Il appartient au Roi d'arrêter et signer avec les puissances étrangères tous les traités de paix, d'alliance et de commerce, et autres conventions qu'il jugera nécessaires au bien de l'État ; mais lesdits traités et conventions n'auront d'effet qu'autant qu'ils auront été ratifiés par le Corps législatif.

 

2. Déclaration de Pillnitz, 27 août 1791.

« Sa Majesté l'empereur et Sa Majesté le roi de Prusse, ayant entendu les désirs et les représentations de Monsieur et de M. le comte d'Artois, déclarent conjointement qu'elles regardent la situation où se trouve actuellement Sa Majesté le roi de France comme un objet d'un intérêt commun à tous les souverains de l'Europe. Elles espèrent que cet intérêt ne peut manquer d'être reconnu par les puissances dont le secours est réclamé, et qu'en conséquence elles ne refuseront pas, conjointement avec leursdites Majestés, les moyens les plus efficaces relativement à leurs forces, pour mettre le roi de France en état d'affermir, dans la plus parfaite liberté, les bases d'un gouvernement monarchique également convenable aux droits des souverains et au bien-être des Français. Alors, et dans ce cas, leursdites Majestés sont décidées à agir promptement et d'un commun accord, avec les forces nécessaires pour obtenir le but proposé et commun. En attendant, elles donneront à leurs troupes les ordres convenables pour qu'elles soient à portée de se mettre en activité. »

 

3. Extraits de discours de Robespierre contre la guerre :

Extrait de son discours sur la guerre prononcé à la Société des Amis de la Constitution, le 18 décembre 1791 :

"La guerre est toujours le premier vœu d’un gouvernement puissant qui veut devenir plus puissant encore. Je ne vous dirai pas que c’est pendant la guerre que le ministère achève d’épuiser le peuple et de dissiper les finances, qu’il couvre d’un voile impénétrable ses déprédations et ses fautes ; je vous parlerai de ce qui touche plus directement encore le plus cher de nos intérêts. C’est pendant la guerre que le pouvoir exécutif déploie la plus redoutable énergie, et qu’il exerce une espèce de dictature qui ne peut qu’effrayer la liberté naissante ; c’est pendant la guerre que le peuple oublie les délibérations qui intéressent essentiellement ses droits civils et politiques pour ne s’occuper que des événements extérieurs, qu’il détourne son attention de ses législateurs et de ses magistrats pour attacher tout son intérêt et toutes ses espérances à ses généraux et à ses ministres, ou plutôt aux généraux et aux ministres du pouvoir exécutif. C’est pour la guerre qu’ont été combinées, par des nobles et par des officiers militaires, les dispositions trop peu connues de ce code nouveau qui, dès que la France est censée en état de guerre livre la police de nos villes frontières aux commandants militaires, et fait taire devant eux les lois qui protègent les droits des citoyens. C’est pendant la guerre que la même loi les investit du pouvoir de punir arbitrairement les soldats. C’est pendant la guerre que l’habitude d’une obéissance passive, et l’enthousiasme trop naturel pour les chefs heureux, fait, des soldats de la patrie, les soldats du monarque ou de ses généraux. Dans les temps de troubles et de factions, les chefs des armées deviennent les arbitres du sort de leur pays, et font pencher la balance en faveur du parti qu’ils ont embrassé. Si ce sont des Césars ou des Cromwells, ils s’emparent eux-mêmes de l’autorité. Si ce sont des courtisans sans caractère, nuls pour le bien, mais dangereux lorsqu’ils veulent le mal, ils reviennent déposer leur puissance aux pieds de leur maître, et l’aident à reprendre un pouvoir arbitraire, à condition d’être ses premiers valets."

Extrait de son discours sur la guerre prononcé à la Société des Amis de la Constitution, le 2 janvier 1792 :

"La plus extravagante idée qui puisse naître dans la tête d’un politique, est de croire qu’il suffise à un peuple d’entrer à main armée chez un peuple étranger, pour lui faire adopter ses loix et sa constitution. Personne n’aime les missionnaires armés ; et le premier conseil que donnent la nature et la prudence, c’est de les repousser comme des ennemis."

 

 4 : Décret prescrivant les mesures à prendre quand la patrie est en danger.

Décret du 5 Juillet 1792 qui détermine les mesures de sûreté générale lorsque l'Assemblée Nationale aura déclaré la Patrie en
danger.

L'Assemblée Nationale, considérant que les efforts multipliés des ennemis de l'ordre, & la propagation de tous les genres de troubles dans les diverses parties de l'Empire, au moment où la nation, pour le maintien de sa liberté, est engagée dans une guerre étrangère, peuvent mettre en péril la chose publique, & faire penser que le succès de notre régénération politique est incertain ;

Considérant qu'il est de son devoir d'aller au devant de cet événement possible, & de prévenir, par des dispositions fermes, sages & régulières, une confusion aussi nuisible à la liberté & aux citoyens, que le seroit alors le danger lui-même ;

Voulant qu'à cette époque la surveillance soit générale, l'exécution plus active, & sur-tout que le glaive de la loi soit sans cesse présent à ceux qui, par une coupable inertie, par des projets perfides, ou par l'audace d'une conduite criminelle, tenteroient de déranger l'harmonie de l'Etat ;

Convaincue qu'en se réservant le droit de déclarer le danger, elle en éloigne l'instant, & rappelle la tranquillité dans l'ame des bons citoyens ;

Pénétrée de son serment de vivre libre ou mourir, & de maintenir la constitution ; forte du sentiment de ses devoirs & des voeux du Peuple, pour lequel elle existe, décrète qu'il y a urgence.

« L'Assemblée Nationale, après avoir entendu le rapport de sa Commission des Douze, & décrété l'urgence, décrète ce qui suit :

ARTICLE PREMIER.

« Lorsque la sûreté intérieure ou la sûreté extérieure de l'Etat seront menacées, & que le Corps législatif aura jugé indispensable de prendre des mesures extraordinaires, elle le déclarera par un acte du Corps législatif, conçu en ces termes :

Citoyens, la Patrie est en danger.

ART. II.

« Aussitôt après la déclaration publiée, les Conseils de Département & de District se rassembleront, & seront, ainsi que les Conseils-généraux des Communes, en surveillance permanente : dès ce moment, aucun  fonctionnaire public ne pourra s'éloigner ou rester éloigné de son poste.

ART. III.

« Tous les Citoyens en état de porter les armes, & ayant déja fait le service de Gardes nationales, seront aussi en état d'activité permanente. »

ART. IV.

« Tous les Citoyens seront tenus de déclarer, devant leurs Municipalités respectives, le nombre & la nature des armes & munitions dont ils seront pourvus : le refus de déclaration, ou fausse déclaration dénoncée & prouvée, seront punis par la voie de la police correctionnelle ; savoir, dans le premier cas, d'un emprisonnement, dont le terme ne pourra être moindre de deux mois, ni excéder une année ; & dans le second cas, d'un emprisonnement dont le terme ne pourra être moindre d'une année, ni excéder deux ans.

ART. V.

« Le Corps législatif fixera le nombre des Gardes nationales que chaque Département devra fournir.

ART. VI.

Les Directoires de Département en feront la répartition par Districts, & les Districts entre les cantons, à proportion du nombre des Gardes nationales de chaque canton.

ART. VII.

« Trois jours après la publication de l'arrêté du Directoire, les Gardes nationales se rassembleront par cantons ; & , sous la surveillance de la Municipalité  du chef-lieu, ils choisiront entre eux le nombre d'hommes que le canton devra fournir.

ART. VIII.

« Les Citoyens qui auront obtenu l'honneur de marcher les premiers au secours de la Patrie en danger, se rendrons trois jours après au chef-lieu de leur district ; ils s'y formeront en compagnie, en présence d'un Commissaire de l'Administration du District, conformément à la Loi du 4 Août 1791. Ils y recevront le logement sur le pied militaire, & se tiendront prêts à marcher à la première réquisition.

ART. IX.

« Les Capitaines commanderont alternativement, & par semaine, les Gardes nationales choisies & réunies au chef-lieu de District.

ART. X.

« Lorsque les nouvelles Compagnies des Gardes nationales de chaque Département seront en nombre suffisant pour former un Bataillon, elles se réuniront dans les lieux qui leur seront désignés par le pouvoir exécutif, & les Volontaires y nommeront leur Etat-major.

ART. XI.

« Leur solde sera fixée sur le même pied que celle des autres Volontaires nationaux ; elle aura lieu du jour de la réunion au chef-lieu de canton.

ART. XII.

« Les armes nationales seront remises dans les chefs-lieux de canton, aux Gardes nationales choisies pour la composition des nouveaux Bataillons de Volontaires. L'Assemblée Nationale invite tous les Citoyens à confier volontairement, & pour le temps du danger, les armes dont il sont dépositaires, à ceux qu'ils chargeront de les défendre.

ART. XIII.

« Aussitôt la publication du présent Décret, les Directoires de District se fourniront chacun de mille cartouches à balles, calibre de guerre, qu'ils conserveront en lieu sain & sûr, pour en faire la distribution aux Volontaires, lorsqu'ils le jugeront convenable. Le Pouvoir exécutif sera tenu de donner les ordres pour faire parvenir aux Départemens les objets nécessaires à la fabrication des cartouches.

ART. XIV.

« La solde des Volontaires leur sera payée sur les états qui seront délivrés par les Directoires de District, ordonnancés par les Directoires de Département, & les quittances en seront reçues à la Trésorerie nationale, comme comptant.

ART. XV.

« Les Volontaires pourront faire leur service sans être revêtu de l'uniforme national.

ART. XVI.

« Tout homme résidant ou voyageant en France, est tenu de porter la cocarde nationale.

« Sont exceptés de la présente disposition les Ambassadeurs & Agens accrédités des puissances étrangères.

ART. XVII.

« Toute personne revêtue d'un signe de rébellion sera poursuivie devant les Tribunaux ordinaires ; & en cas qu'elle soit convaincue de l'avoir pris à dessein, elle sera punie de mort. Il est ordonné à tout citoyen de l'arrêter ou de la dénoncer sur-le-champ, à peine d'être réputé complice : toute cocarde autre que celle aux trois couleurs nationales, est un signe de rébellion.

ART. XVIII.

« La déclaration du danger de la Patrie ne pourra être prononcée dans la même séance où elle aura été proposée ; & avant tout, le Ministre sera entendu sur l'état du Royaume.

ART. XIX.

« Lorsque le danger de la Patrie aura cessé, l'Assemblée nationale le déclarera par un acte du Corps législatif, conçu en ces termes :

« Citoyens, la Patrie n'est plus en danger ».

(Procès-verbal, tom. X, p. 68.)

5. Manifeste de Brunswick.

« Déclaration de SAS le duc régnant de Brunswick-Lunebourg, commandant les armées combinées de LL.MM. l'Empereur et le roi de Prusse, adressée aux habitants de la France.

Leurs majestés l'empereur et le roi de Prusse m'ayant confié le commandement des armées combinées qu'ils ont fait rassembler sur les frontières de France, j'ai voulu annoncer aux habitants de ce royaume les motifs qui ont déterminé les mesures des deux souverains, et les intentions qui les guident.

Après avoir supprimé arbitrairement les droits et possessions des princes allemands en Alsace et en Lorraine, troublé et renversé dans l'intérieur le bon ordre et le gouvernement légitime, exercé contre la personne sacré du roi et contre son auguste famille des attentats et des violences qui se sont encore perpétués et renouvelés de jour en jour, ceux qui ont usurpé les rênes de l'administration ont enfin comblé la mesure en faisant déclarer une guerre injuste à sa majesté l'empereur, et en attaquant ses provinces situées aux Pays-Bas : quelques-unes des possessions de l'empire germanique ont été enveloppés dans cette oppression, et plusieurs autres n'ont échappé au même danger qu'en cédant aux menaces impérieuses du parti dominant et de ses émissaires.

Sa Majesté le roi de Prusse, unie avec Sa Majesté Impériale par les liens d'une alliance étroite et défensive, et membre prépondérant elle-même du corps germanique, n'a donc pu se dispenser de marcher au secours de son allié et de ses co-états ; et c'est sous ce double rapport qu'elle prend la défense de ce monarque et de l'Allemagne.

À ces grands intérêts se joint encore un but également important, et qui tient à cœur aux deux souverains, c'est de faire cesser l'anarchie dans l'intérieur de la France, d'arrêter les attaques portées au trône et à l'autel, de rétablir le pouvoir légal, de rendre au roi la sûreté et la liberté dont il est privé, et de le mettre en état d'exercer l'autorité légitime qui lui est due.

Convaincus que la partie saine de la nation française abhorre les excès d'une faction qui la subjugue, et que le plus grand nombre des habitants attend avec impatience le moment du secours pour se déclarer ouvertement contre les entreprises odieuses de leurs oppresseurs, Sa Majesté l'Empereur et Sa Majesté le Roi de Prusse les appellent et les invitent à retourner sans délai aux voies de la raison et de la justice, de l'ordre et de la paix. C'est dans ces vues que moi, soussigné, général commandant en chef des deux armées, déclare :

1° Qu'entraînés dans la guerre présente par des circonstances irrésistibles, les deux cours alliées ne se proposent d'autre but que le bonheur de la France, sans prétendre s'enrichir par des conquêtes.

2° Qu'elles n'entendent point s'immiscer dans le gouvernement intérieur de la France, mais qu'elles veulent uniquement délivrer le roi, la reine et la famille royale, de leur captivité, et procurer à sa majesté très chrétienne la sûreté nécessaire pour qu'elle puisse faire sans danger, sans obstacle, les convocations qu'elle jugera à propos, et travailler à assurer le bonheur de ses sujets, suivant ses promesses et autant qu'il dépendra d'elle.

3° Que les armées combinées protégeront les villes, bourgs et villages, et les personnes et les biens de tous ceux qui se soumettront au roi, et qu'elles concourront au rétablissement instantané de l'ordre et de la police dans toute la France.

4° que les gardes nationales sont sommées de veiller provisoirement à la tranquillité des villes et des campagnes, à la sûreté des personnes et des biens de tous les Français, jusqu'à l'arrivée des troupes de leurs majestés impériale et royale ou jusqu'à ce qu'il en soit autrement ordonné, sous peine d'en être personnellement responsables ; qu'au contraire, ceux des gardes nationaux qui auront combattu contre les troupes des deux cours alliées et qui seront pris les armes à la main, seront traités en ennemis, et punis comme rebelles à leur roi et comme perturbateurs du repos public.

5° que les généraux, officiers, bas-officiers et soldats des troupes de ligne française sont également sommés de revenir à leur ancienne fidélité, et de se soumettre sur-le-champ au roi leur légitime souverain.

6° que les membres des départements, des districts et des municipalités seront également responsables, sur leur tête et sur leurs biens, de tous les délits, incendies, assassinats, pillages et voies de fait qu'ils laisseront commettre ou qu'ils ne se seront pas notoirement efforcés d'empêcher dans leur territoire ; qu'ils seront également tenus de continuer provisoirement leurs fonctions jusqu'à ce que sa majesté très chrétienne, remis en pleine liberté, y ait pourvu ultérieurement, ou qu'il en ait été autrement ordonné en son nom dans l'intervalle.

7° que les habitants des villes, bourgs et villages qui oseraient se défendre contre les troupes de leurs majestés impériale et royale, et tirer sur elles soit en rase campagne, soit par les fenêtres, portes et ouvertures de leurs maisons, seront punis sur-le-champ suivant la rigueur du droit de la guerre, et leurs maisons démolies ou brûlées. Tous les habitants au contraire, desdites villes, bourgs et villages qui s'empresseront de se soumettre à leur roi, en ouvrant leurs portes aux troupes de leurs majestés, seront à l'instant sous leur sauvegarde immédiate...

8° La ville de Paris et tous ses habitants sans distinction seront tenus de se soumettre sur-le-champ et sans délai au roi, de mettre ce prince en pleine et entière liberté, et de lui assurer, ainsi qu'à toutes les personnes royales, l'inviolabilité et le respect auxquels le droit de la nature et des gens oblige les sujets envers les souverains ; leurs Majestés impériale et royale rendant personnellement responsables de tous les événements, sur leur tête, pour être jugés militairement, sans espoir de pardon, tous les membres de l'Assemblée nationale, du département, du district, de la municipalité et de la garde nationale de Paris, les juges de paix et tous autres qu'il appartiendra, déclarant en outre, leursdites majestés, sur leur foi et parole d'empereur et de roi, que si le château des Tuileries est forcé ou insulté, que s'il est fait la moindre violence, le moindre outrage à leurs Majestés, le roi, la reine et la famille royale, s'il n'est pas pourvu immédiatement à leur sûreté, à leur conservation et à leur liberté, elles en tireront une vengeance exemplaire et à jamais mémorable, en livrant la ville de Paris à une exécution militaire et à une subversion totale, et les révoltés coupables d'attentats aux supplices qu'ils auront mérités. Leurs Majestés impériale et royale promettent au contraire aux habitants de la ville de Paris d'employer leurs bons offices auprès de sa majesté très chrétienne pour obtenir le pardon de leurs torts et de leurs erreurs, et de prendre les mesures les plus rigoureuses pour assurer leurs personnes et leurs biens s'ils obéissent promptement et exactement à l'injonction ci-dessus.

Enfin, Leurs Majestés, ne pouvant reconnaître pour lois en France, que celles qui émaneront du roi jouissant d'une liberté parfaite, protestent d'avance contre l'authenticité de toutes les déclarations qui pourraient être faites au nom de Sa Majesté Très Chrétienne tant que sa personne sacrée, celle de la reine et de toute la famille royale ne seront pas réellement sûreté, à l'effet de quoi leurs majestés... invitent et sollicitent Sa Majesté Très Chrétienne de désigner la ville de son royaume la plus voisine de ses frontières dans laquelle elle jugera à propos de se retirer sous une bonne et sûre escorte, afin que Sa Majesté puisse en toute sûreté appeler auprès d'elle les ministres et les conseillers qu'il lui plaira de désigner, faire telles convocations qui lui paraîtront convenables, pourvoir au rétablissement de bon ordre...

Par ces raisons, je requiers et exhorte tous les habitants du royaume, de la manière la plus forte et la plus instante, de ne pas s'opposer à la marche et aux opérations des troupes que je commande, mais de leur accorder plutôt partout une libre entrée et toute bonne volonté, aide et assistance que les circonstances pourront exiger. »

Donné au quartier-général de Coblentz, le 25 juillet 1792. »

6. Le rôle de Clavière et Cloots dans le revirement annexionniste des Girondin.

Dans ce revirement annexionniste, les réfugiés étrangers en France, notamment les plus influents comme Clavière et Anarchasis Cloots, ont joué un rôle important. Notamment en  convainquant les Girondins qui un moment hésitèrent sur la politique à suivre.

Clavière était un réfugié genevois et ministre des finances, et Anarchasis Cloots originaire de Clèves, était membre du comité diplomatique présidé par Brissot. Cloots conseillait déjà en 1768 à la cour de France, dans les Veoux d'un gallophille, de repousser ses frontières jusqu'au Rhin, «  borne naturelle des Gaulles ».

Derrière eux se rangeait le « parti des réfugiés étrangers » nombreux dans les clubs et surtout aux Cordeliers où souvent, ils formeront le noyau Hébertiste.

Peu à peu les Girondins se rallièrent à leurs arguments à cause des échecs des tentatives de négociations secrètes avec les Prussiens et les Autrichiens repoussant tout espoir de paix. La guerre de propagande leur sembla alors tout indiquée pour prendre le relais d'une guerre défensive. Les pays conquis n'étant pas tous acquis à la cause révolutionnaire française ( à Nice et en Rhénanie les collaborateurs étaient même minoritaires ), on passa au choix de l'annexion au prétexte de protéger ceux qui avaient accepter ladite cause. Brissot et les siens devinrent des annexionnistes convaincus.

7.   « Danton : Sur la réunion de la Belgique à la France (discours du 31 janvier 1793)

Ce n'est pas en mon nom seulement, c'est au nom des patriotes belges, du peuple belge, que je viens demander aussi la réunion de la Belgique. Je ne demande rien à votre enthousiasme, mais tout à votre raison, mais tout aux intérêts de la République Française. N'avez−vous pas préjugé cette réunion quand vous avez décrété une organisation provisoire de la Belgique. Vous avez tout consommé par cela seul que vous avez dit aux amis de la liberté: organisez−vous comme nous. C’était dire: nous accepterons votre réunion si vous la proposez. Eh bien, ils la proposent aujourd'hui. Les limites de la France sont marquées par la nature. Nous les atteindrons dans leurs quatre points: à l’Océan, au Rhin, aux Alpes, aux Pyrénées. On nous menace des rois!

Vous leur avez jeté le gant, ce gant est la tête d'un roi, c'est le signal de leur mort prochaine. On vous menace de l'Angleterre! Les tyrans de l'Angleterre sont morts. Vous avez la plénitude de la puissance nationale. Le jour ou la Convention nommera des commissaires pour savoir ce qu'il y a dans chaque commune d'hommes et d'armes, elle aura tous les Français. Quant à la Belgique, l'homme du peuple, le cultivateur veulent la réunion. Lorsque nous leur déclarâmes qu'ils avaient le pouvoir de voter, ils sentirent que l'exclusion ne portait que sur les ennemis du peuple, et ils demandèrent l'exclusion de votre décret. Nous avons été obligés de donner la protection de la force armée au receveur des contributions auquel le peuple demandait la restitution des anciens impôts. Sont−ils mûrs, ces hommes−la?

De cette réunion dépend le sort de la République dans la Belgique. Ce n'est que parce que les patriotes pusillanimes doutent de cette réunion, que votre décret du 15 a éprouvé des oppositions. Mais prononcez−la et alors vous ferez exécuter les lois françaises, et alors les aristocrates, nobles et prêtres, purgeront la terre de la liberté. Cette purgation opérée, nous aurons des hommes, des armes de plus. La réunion décrétée, vous trouverez dans les Belges des républicains dignes de vous, qui feront mordre la poussière aux despotes. Je conclus donc à la réunion de la Belgique. »

 

8. La chute des Girondins.

Les défaites en Belgique et sur le Rhin, la trahison de Dumouriez, l’insurrection de la Vendée accentuèrent, si c’était encore possible, les tensions entre Girondins et Montagnards et décrédibilisèrent totalement auprès du mouvement sectionnaire les premiers.

Les deux « partis » se renvoyaient l’accusation de trahison, Lasource l’avait fait contre Danton lors de la Séance du 1° avril. Ce dernier, soutenu par le club des Jacobin la retourna contre les Girondins. Dès le 5 avril, les Jacobins de Paris incitent leurs sociétés affiliées à envoyer des pétitions demandant le rappel des députés appelants[18].

Les Girondins sont devenus minoritaires au conseil exécutif et encore plus au Comité de salut public qui prend de plus en plus d’importance dans la direction de la chose publique ( sur ses 9 membres 2 sont de la Montagne Danton et Delacroix, et  7  du Centre dont Barère et Cambon ). De plus en plus souvent le Centre vote comme la Montagne dès qu’il s’agit de mesures rigoureuses  pour le salut de la République même s’il reste défiant à la commune de Paris et  à Danton.

La tentative de mise en accusation de Marat, le 13 avril à la demande de Guadet, et son acquittement triomphal le 24 du même mois, attisèrent le mécontentement sans-culotte contre la Gironde. Dès le 15 avril, 35 des 48 sections parisiennes demandaient à la barre de la Convention la mise en accusation de 22 dirigeants girondins[19].

En province, les Girondins prirent le pouvoir à Lyon, Marseille,  en s’alliant avec des forces ouvertement aristocrates. L’opposition girondine entravait souvent l’action des représentants en mission prenant de plus en plus l’aspect du futur fédéralisme, soit la priorité au particularisme local contre  le pouvoir central.

Le 18 mai, Guadet demandait à la Convention la cassation des autorités parisiennes et en même temps de réunir à Bourges les députés suppléants pour remplacer la Convention si celle-ci était « violentée ». Barère proposa alors une commission d’enquête de 12 membres, composée uniquement de Girondins dont beaucoup, étaient compris dans la liste des 22 dénoncés le 15 avril comme hostiles à la commune. Cette commission s’engage rapidement dans une chasse aux plus déterminés : arrestation dès le 24 mai d’Hébert, de Varlet, Dobsen président du tribunal révolutionnaire...limitation des fonctions des comités de surveillances.

Ces mesures répressives accélérèrent la crise qui couvait depuis la trahison de Dumouriez. La mobilisation en faveur d’Hébert s’accrut. Le 26, suite à un discours de Robespierre, les Jacobins se décrétèrent en état d’insurrection. Le lendemain Marat demandait à la Convention la cassation de la commission des 12, suivit par une délégation de la section de la cité. Dans la nuit la Montagne et la Plaine votèrent la cassation de la commission des 12, sur proposition de Delacroix et la libération de Hébert, Dobsen et Varlet. Le lendemain, la commission fut rétablie, à la demande de la Gironde,  par appel nominal ( 279 contre 238 ).

Le jour même se constituait le comité insurrectionnel de l’Evêché auquel se ralliait le département de Paris le 30 mai qui convoquait une Assemblée Générale des autorités parisiennes.

L’insurrection se déclencha le 31 mai, le soir à 5 heures la Commune et les pétitionnaires des sections demandaient à la barre de la Convention  l’accusation contre les 22 girondins, contre les membres de la commission des 12 et les ministres Lebrun et Clavière ( les 2 seuls ministres girondins ), la levée d’une armée révolutionnaire, le pain à 2 sous la livre partout en France, une taxe sur les riches, le licenciements des nobles de tous les grades de l’armée, la création d’ateliers d’armes, l’épuration des administrations, l’arrestation des suspects, le droit de vote aux seuls sans-culottes, des secours aux parents des défenseurs de la patrie, aux vieillards et aux infirmes. Après des débats houleux, au cours desquels Robespierre demanda l’accusation contre Vergniaud et la Gironde, la Convention dissout la commission des 12 et accorda 2 livres par jours aux ouvriers sous les armes.

Le lendemain, la G N resta sous les armes, la Commune et le Comité insurrectionnel demandaient le soir la mise en accusation de 27 députés girondins. Le Comité insurrectionnel ordonnait dans la nuit l’arrestation de Roland et Clavière, le premier s’enfuit mais sa femme était arrêtée à sa place. Le même Comité fait encercler la Convention d’une force armée : 80 000 hommes y participaient le 2 juin. Le comité se présentait à nouveau à la barre pour exiger  l’arrestation immédiate des 22 et des membres de la commission des 12. La Convention, Heyrault de Séchelles en tête, tente une sortie, elle est refoulée par la force armée commandée par Hanriot et se soumet. Sur une motion de Couthon sont décrétés d’arrestation chez eux les membres désignés par le comité insurrectionnel.

De fait ces 29 continuaient d’aller et venir sans soucis particuliers, 12 s’enfuirent. Clavière ne fut remplacé aux finances que le 13 juin et Lebrun aux affaires étrangères que le 21, maintenus par le CSP de Danton qui démissionnait Bouchotte du ministère de la guerre pour plaire aux modérés, Danton se ménageait la possibilité de négocier avec les vaincus. Le 6 juin, Barère réclamait le destitution de Hanriot, chef de la GN parisienne.

9. Le fédéralisme.

- Cette révolte avait été concertée avant le 31 mai par des plans de Convention suppléante à Bourges ( discours de Guadet du 18 mai, pétition du département du Jura du 24 mai , de l’Ain du 27 mai, Bordeaux le 25 mai envisageait de lever des troupes pour marcher sur Paris).

- Le 7 juin, Buzot décide son département, l’Eure, à lever 4 000 hommes, le 9 juin le Calvados suit. Le 7 juillet à Caen il n’y eut que  17 hommes de la GN à se porter volontaires pour marcher sur Paris. Ces troupes se débandent piteusement à Pacy-sur-Eure, le 13 juillet 1793 après le tir de quelques coups de canons.

- Soulevés par Kervélégan, Duchâtel et Maillan, Le Finistère, L’Ille-et-Villaine, Les Côtes-du-Nord, le Morbihan et la Mayenne, se fédéraient à L’Eure et au Calvados.

- Le 9 juin, Bordeaux ordonnait la levée de 1 200 hommes, le bordelais ne réussit qu’à lever 400 hommes. Ces troupes bordelaises qui avaient entamé leur marche sur Paris rebroussent chemin le 31 juillet. Les autorités bordelaises sont renversées le 18 septembre par une insurrection sans-culotte. Le 16 octobre 1793 Bordeaux sera reprise par l'armée de Brune.

- L’insurrection gagna le Midi : Toulouse, Nîmes.

La résistance concertée des SP ( 42 en tout ) du Gard, de la Drôme, de l’Ardèche et des Bouches-d-Rhône contre efficacement la propopagation de l’insurrection et  permet à l’armée des Alpes d’arriver.

Marseille était en pleine révolte depuis le 31 mai, Toulon se souleva le 12 juillet. Marseille est investie le  25 août par Bonaparte pour empêcher la ville de s’ouvrir aux Anglais. Toulon ouvre son port aux anglais le 27 août. Ici le siège durera jusqu’en décembre 1793.

- A Lyon, le dirigeant Jacobin Chalier est exécuté le 16 juillet pour tenir en respect les ouvriers aux sympathies jacobines prononcées. La ville ne fut reprise que le 9 octobre après un long siège auquel participèrent de nombreux GN de la région ( Cantal, Aveyron, Puy-de-Dôme, Haute-Loire ).


[1]  Sur ce sujet voir le beau livre de Timothy, TACKETT. Le roi s'enfuit. Varennes et l'origine de la Terreur. Paris : La Découverte, 2004.

[2]  Accessoirement cousin de La Fayette et responsable de la répression de la mutinerie de Nancy en août 1790.

[3]       Il est nommé au ministère de la guerre le 6 décembre 1791 et y restera jusqu'au 9 mars 1792. Bien que Feuillant, il soutient Brissot dans son idée de guerre pour plaire à l'Assemblée et sans doute encore plus à La Fayette. Il pensait à une guerre limitée contre les électeurs allemands.

[4]  Ni l'un ni l'autre ne siégeant à l'assemblée législative, alors que les Girondins constitueront bientôt un « ministère « .

[5]  Il prononça plusieurs discours célèbres au club des jacobins : le 18 décembre 1791, les 2 et 25 janvier 1792 réédités régulièrement.

[6]  Goethe assista à cette bataille dans la suite du Grand-Duc prussien Charles-Auguste.

[7]  BERNARD et REDON. Notre premier livre d’histoire. Cours élémentaire. Paris : Nathan, 1950. Pages 92-93.

[8]  In La Révolution française. Paris : Bartillat, 2012 ( réédition ). Page 347.

[9]  A. MATHIEZ. «  Danton. L'histoire et la légende ». In Girondins et Montagnards. Paris : Les éditions de la passion, 1988. Page 291.

[10]     Une partie notable des Conventionnels voyait dans la guerre contre la Hollande un moyen de faire main-basse sur la banque d’Amsterdam.

[11]     Qui optimiste déclarait à cette occasion : « Un ennemi de plus pour la France n’est qu’un triomphe de plus pour la liberté. »

[12]     On peut y voir une marque de confiance du Centre envers les Montagnards pour prendre des mesures d’urgence ou alors une manœuvre de la Gironde pour affaiblir la Montagne ( ce que cette dernière ne se privera pas d’avancer ). D’ailleurs Brissot écrivait dans son journal : « Dans la Convention nationale, l’absence des têtes les plus effervescentes permet de délibérer avec plus de tranquilité et, par conséquent, avec plus de vigueur ». Mais l’envoi de Montagnards en province leur permet aussi de lever les craintes des départements vis-à-vis de Paris dont la presse girondine les abreuvait.

[13]     Camus, Quinette, Lamarque, Bancal accompagnés de Beurnonville ministre de la guerre.

[14]     Après l’échec de l’insurrection de Puisaye se réfugia chez les vendéens avec le procureur général syndic du Calvados, Bougon-Longrais, ami de Charlotte Corday.

[15]     Barbaroux, Bergoeing, Birroteau, Buzot, Gorsat, Lanjuinais, louvet, Petion, Salle.

[16]    Le 23 août 1793, Barère galvanisait  en proclamant "Dès ce moment jusqu'à celui où les ennemis auront été chassés du territoire de la République, tous les Français sont en réquisition permanente pour le service des armées. Les jeunes gens iront au combat ; les hommes mariés forgeront les armes et transporteront les subsistances ; les femmes feront des tentes, des habits et serviront dans les hôpitaux ; les enfants mettront le vieux linge en charpie ; les vieillards se feront transporter sur les places publiques pour exciter le courage des guerriers, prêcher la haine des rois et l'unité de la République. La levée sera générale, les citoyens non mariés ou veufs sans enfants marcheront les premiers …Le bataillon qui sera organisé dans chaque district sera réuni sous une bannière portant cette inscription - Le peuple français debout contre les tyrans ! ".

[17]     Au début de 1793, les 8 armées de la République ne disposaient que d’environ 200.000 hommes, le décret des 300 000 hommes porta ce chiffre à 400 000 en avril 1793, la levée en masse en mobilisa environ 500 000 de plus.

[18]     Jusqu’ici seul les girondins avaient tenté d’éliminer de la Convention leurs adversaires Montagnards : Robespierre, le duc d’Orléans ou encore Marat.

[19]     Parmi lesquels : Brissot, Guadet, Vergniaud, Gensonné, Grangeneuve, Buzot, Barbaroux, Salle, Birotteau, Petion, Lanjuinais, Valazé, Lehardy, Louvet, Gorsas, Fauchet, Lasource.

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