Septembre 1791Le mercredi 7 septembre, la municipalité de Nogent-le-Rotrou tenait quatre délibérations : 91_09_07

  • Dans la première, elle recevait le futur conventionnel Giroust qui au nom de la Société des Amis de la constitution de la ville, lui annonçait que cette dernière venait d’être autorisée par le district à tenir ses délibérations dans l’église de l’ex-collégiale Saint Jean.

« Aujourd’hui Sept Septembre mil Sept cent quatre vingt onze dans l’assemblée du conSeil municipal de la ville de NoGent le rotrou est  comparû  le S.Giroust député par la Société des amis de la ConstitutioN lequel a exposé que la Société venoit d’obtenir la permission de l’administration du district de tenir Ses séances dans l’egliSe de S.t Jean, qu’à ce moyen elle desiroit  que la municipalité autoriSat le ralliement de Ses membres et des auditeurs qui les Suivents ordinairement en ce lieu, et a Signé

Sur quoi, Le conseil municipal, oui le procureur de la commune, a arrêté d’obtemperer à la petition des amis de la Societé eXprimé par l’organe du S. Giroust  l un de Ses membres relativement au raSsemblement dans l’eglise de S.t Jean, dont acte./.

 Baugars                       Proust                              J. Marguerith          

Dagneau                                  VaSseur                          Gallet Fils         

                                     P.re Lequettte                        

                                        P.r de la C.

                                                                                    Fauveau                  

                                                                                       S.e »[1]

     

  • Ensuite, elle procédait à l’enregistrement de quatre lois.
  • Puis, elle recevait une des « sœurs patriotes » de l’Hôtel-Dieu venant lui annoncer que sa supérieure générale lui ordonnait de quitter ladite maison. La municipalité lui enjoignait de rester dans ses fonctions.

« Et ledit Jour audit an dans ladite aSsemblée est comparûe la Sœur angelique Legrégeois dite marie de l’hôtel dieu de cette Ville, laquelle a declaré qu’elle Venoit de recevoir une lettre de Sa Supérieure générale + [ en marge : + portant injonction a elle  comp.te ( comparante ) ] de quitter cette m l’hôtel dieu de cette ville, dont elle a eXhibé l’original[ en fin de délibération : x en date du vingt huit aoust de.er ] ; observant qu’elle attribuoit à la maniFestation de Son patriotisme Lemission de ces ordres, que cepend d’un autre côté elle étoit trop attachée auX obligations de Son état, et à l’amour qu’elle avoit toujours conservé pour les pauvres de cette cité, pour abandonner un poste que la loî lui avoit continuoit à lui conFier, sans en prevenir le Corps municipal, pourquoy elle requieroit que ledit corps municipal lui maniFestât Ses intentions.

Surquoi, oui le procureur de la Commune, le Corps municipal à invité ladite Sœur comparante à continuer Ses fonctions, et a enjoint à la Sœur Superieure de ne point inquieter ladite Sœur dans l’exercice de Ses fonctions, a arrêté de rendre hommage au civisme qui anime ladite Sœur marie qui paroit lutter contre les principes++ [ en marge : ++ inciviques ] de la Superieure+ dont acte    [ en marge : +  et a ordonné que copie du present fut adressé au directoire du district et au bureau de l’hôtel dieu pour etre avisé ce quil  ( mot indéchiffré ) ]

 [ plus bas en marge : Vu et V’ ]

Angelique Legrégeois                           VaSseur           .//. JJ Crochard

                                                                                            Maire

 P.re Lequettte                       Baugars                         J. Marguerith          

    P.r de la C.

      Baudoüin

                                                         Fauveau

                                                            S.re »[2]

 

  • Enfin concernant cette affaire de l’Hôtel-Dieu, que nous appellerons des « sœurs patriotes », la municipalité de Nogent-le-Rotrou recevait le rapport des commissaires qu’elle avait nommés la veille, le 6 septembre, afin de recevoir les déclarations des sœurs de l’Hôtel-Dieu. La municipalité décidait de s’adresser au district pour lui demander le renvoi de la supérieure et des sœurs refusant d’assister aux offices de prêtres assermentés.

« Aujourd’hui Sept Septembre mil Sept cent quatre vingt onze dans l’aSsemblée du conSeil municipal de la ville de nogent le rotrou ou Se Sont trouvés M.M.

[ deux lignes blanches ]

M.M. Baudouin, PouSt, Dagneau, et Marguerith nommés commissaires par deliberation du SiX préSent mois du corps mp.al à l’effet d’interroger les sœurs de l’hôtel dieu sur les intentionS ou elles Se trouvoient d’aSsister auX offices divins d’un prêtre aSsermenté, et de communiquer avec lui pour ce qui concerne l’administration Spirituelle des malades, ont fait rapport d’un procès verbal en date dudit Jour SiX Septembre préSent mois contenant cinq declarations dont Deux passées par la Sœur Lizeron superieure, & victoire Billecare expositives qu’elles n’entendent assister à aucuns offices divins qui Sera celebrés par le chapelain actuel de l’aumône, ou tout autre prêtre assermenté, mais qu’elles communiqueront avec ledit chapelain lorsqu’il s’agira de l’adminiStration Spirituelle des malades, de trois autres passées par les Sœurs, helene Aujogne, Angelique Legregeois, AnGelique Copin enonciatives qu’elles Sont dans les plus fermes resolutions d’aSSister auX offices divins du principal du collége ou de tout autre prêtre aSsermenté, et de communiquer avec lui pour ce qui concerne le Spirituel des malades, enSuite les dits commiSSaires ont anoncés qu’ils S’étoient transportés dans les deuX salles des malades, et que S’etant informer à chacun d’euX s’il etoit bien traité ; tous [ mot rayé illisible ] avoient repondu quils avoient les plus grands moTifs de plainte A porter contre la Sœur Superieure, qui dépuis qu’elle étoit en cette maison leur retranchoit tous les aliments les plus Sustantatifs malgré même le vœu des medecins, que le S. HaudrY  S’etant presenté pour faire sa ViSite ils lui avoient demandé s’il avoit mis tous les plaignants à la diéte, a repondu qu’il n’y en avoit que deuX, qu’enfin après avoir parcouru toutes les diFFerentes parties de la maiSon, et s’en retournant, les malades ont crié d’une VoiX unanime qu’ils desiroient que la Superieure nouvelle ne gouvernât point cette maiSon, et que Sans les Sœurs Helene, Marie et AnGelique ils Seroient peris d’inanition, dont ils nous ont repreSenté proces verbal enfin de celui enoncé de l’autre part portant défaut contre la Sœur Victoire abSente.

Surquoi, le conSeil municipal, oui Son procureur de la commune, a observé avoir eprouvé la plus grande SurpriSe de voir Sœur Bilecare qui avoit temoigné le patriotiSme le plus pur lors de l’arrivée de M. Bonet evêque constitutionnel de département, declarer aujourd’hui qu’elle n’entend plus reconnoitre le prêtre aSsermenté, que l’on ne pouvoit attribuer l’adminiStration inhumaine eXercée à l’egard des malades de l’hôtel dieu de nogent le rotrou qu’à la Superieure et que puisque la directrice de ladite maison ne réunit pas la charité, l’humanité, l’aFFection la plus maternelle Et l’esprit de douceur, et d’affabilité envers les pauvres, elle ne peut etre considerée comme capable de régir une maiSon de Secours.

que d’un autre coté l’esprit d’inciviSme dont les Sœurs Superieure et Bilecare paroiSSent Se faire gloire, de l’autre les Sentiments patriotiques dont sont enflammées les Sœurs Helene, Marie, et Angelique et les malades, formeront toujours un obstacle Insurmontable à ce que le bien s’opere dans cette maiSon, qu’il est même phisiquement Impossible qu’une Superieure Inconstitrutionnelle entretienne avec des subordonnées opposées a ses principes entretienne cette intelliGence, cette union, cette douceur nécéssaire pour la manutention de l’ordre et de la paix, qu’enfin  Il est présumable que les malades Seront toujours Victimes de leur patriotisme et de leur civisme dans une comm. ou la directrice veut mettre en vigueur des loiX inconstitutionnelles, et établir le trône de l’aristocratie ; ajoutant que Ce fleau de toutes les Societés, ce germe de la diScorde, a toujours cherché à Se FiXer dans les maiSons ou les individus Se succedent alternativement et rapidement, , afin de parasiter un plus grand nombre de personnes, et qu’un hopital ou les hommes toujours conduits par cet esprit de SoumiSSion et D’humilité paroit devoir être pour lui le lieu marqué de la victoire.

Pourquoy et par ces Considerations, le Corps mp.al de la ville de nogent le rotrou, oui de nouveau Son procureur de la commune, invite le bureau de de [ sic ] l’hôtel dieu a Se réunir a lui auprés du directoire du district pour Solliciter du dep.t le renvoy des Sœurs Superieure et Bilecare + [ en marge : gangrenées de principes empoiSonnés ] dont la contagion feroit des progrés d’autant plus rapides que leur communication relation Sont plus  Immediate avec tous les membres de la claSse malheuSe, et prie M. M. du directoire du diStrict Sur le [ mots rayés illisibles ] patriotisme duquel il ne ceSse de compter un instant, a employer les moyens qui Sont en leur pouvoir pour renvoyer de l’hôtel dieu des Filles qui Y sement l’esprit de diviSion et de trouble. dont acte. Quatre mots rayés nuls.

 .//. J Crochard              Baudoüin

          Maire

 P.re Lequettte                      J. marguerith      VaSseur           Proust

    P.r de la C.

                 Dagneau                               Fauveau                        baugars

                                                                S.re »[3]



[1] Archives municipales de Nogent-le-Rotrou 1D1 de 155 et 156° feuillets.

[2] Archives municipales de Nogent-le-Rotrou 1D1 de 156 et 157° feuillets.

[3] Archives municipales de Nogent-le-Rotrou 1D1 de 157 et 158° feuillets.