Décembre 1793Le quartidi 14 frimaire an II, jour du sapin ( mercredi 4 décembre 1793 ), le citoyen Crochard[1] membre du comité de surveillance de Nogent-le-Rotrou informait la municipalité de cette ville qu’il venait de recevoir onze « balles » de draperie que lui faisait parvenir, depuis Le Mans,  le citoyen  Perou Desjardin,  négociant,  pour les mettre en sûreté chez lui[2]. Cet envoi était en rapport direct avec la menace que faisaient peser les « vendéens » sur la ville du Mans. A La même époque les autorités constituées du Mans déplaçaient l’ensemble de leurs archives au Mans pour les mettre à l’abris[3], Nul doute que le Citoyens Desjardin fut imités par de nombreux autres citoyens manceaux.

« aujourd hui treize et un [ donc le quatorze, le greffier ici se rattrapage aux branches ! ] Frimaire Seconde année de la république une Et indivisible

Devant nous officiers municipaux de nogent le rotrou Est comparu le citoyen Crochard membre du Comité de Surveillance, domicilié rüe S.t hilaire En cette commune

Lequel nous a declaré que ce jourd’hui quatorze Frimaire quil lui a eté Envoyé par le citoyen perou desjardin neg.t au moins onze Balles annoncées [ la lecture est peu assurée pour ce dernier mot ] draperie pour etre Ches lui deposés jusqu’à nouvel ordre Et voiturées par le Cit.. rïchefeu roullier en vertu d autorisation du dept de la Sarte En datte du 12 du courant Signé daguin et roustel Et a de nous requis acte de la présente Sus declaration et a Signé      Crochard

Pi Chereault        Hubert               VaSseur          Regnoust

             P.re Lequette                      Maire

              P.r de la C. 

Tison              Roger le Comte               Caget

 S. g  »[4]

 


[1]  Peut-être s’agit-il du même personnage que le citoyen Crochard qui fut maire de Nogent-le-Rotrou du 20 décembre 1790 au 20 novembre 1791 avant de céder la place au futur conventionnel Jacques-Pierre-Michel Chasles. Cependant nous ne pouvons pas le certifier ayant très peu d’informations sur le maire, sans parler du membre du comité de surveillance.

[2]  Pourquoi chez le citoyen Crochard ? Sans bâtir d’hypothèses hasardeuses on peut raisonnablement penser que Desjardin et Crochard étaient en relation avant cette date.

[3]  Sans ce geste de prudence les actuelles  A D de la Sarthe seraient sans doute beaucoup moins riches pour la période révolutionnaire.

[4]  A. M. Nogent – le – Rotrou 1 D 2,  feuillet 133 recto.

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