98 Non violencepspLe site révolution-française.net vient de mettre en ligne une recension de Suzanne Levin à propos de l’ouvrage de Micah Alpaugh non traduit en français à ce jour : Non-Violence and the French Revolution. Political Demonstrations in Paris, 1787-1795.

« La non-violence révolutionnaire   Recensions

mardi 27 décembre 2016

Par Suzanne Levin, CHISCO-Paris Ouest Nanterre

A propos du livre de Micah ALPAUGH, Non-Violence and the French Revolution. Political Demonstrations in Paris, 1787-1795, New York, Cambridge University Press 2014, VIII-292 p.

Toujours présente dans l’historiographie de la Révolution française, la question de la violence révolutionnaire a pris, depuis le bicentenaire (1), un caractère quasi-obsessionnel, dont l’écho est tel que la violence est souvent tout ce que l’on retient de la Révolution dans la culture générale. S’il est sans doute peu de spécialistes de la Révolution qui avanceraient que « la violence fut le moteur de la Révolution », comme le fait Simon Schama, auteur anglais d’un ouvrage grand public paru pour le bicentenaire (2), force est de constater qu’une grande partie de l’historiographie récente rejoint ce sentiment. Sans compter les multiples études consacrées directement à la problématique de la violence dans la Révolution, pour certains, toute étude sur ce sujet se doit désormais de se focaliser sur la violence. Et cette dernière ne suffit plus : toute explication qui soit ne passerait pas par l’hypothèse de l’archaïsme – surtout du peuple – soit ne ferait pas de la violence le péché originel de « l’idéologie révolutionnaire », risque d’être suspectée d’en être partisane (3).

C’est dans ce climat qu’est paru l’ouvrage de Micah Alpaugh, Non-Violence and the French Revolution. Ce livre inverse la tendance dominante, en partant du constat que si les épisodes les plus violents de son histoire ont dominé le discours sur le mouvement populaire, on s’est peu intéressé à ses actions « paisibles », pourtant beaucoup plus nombreuses. Alpaugh pose donc la question : pourquoi et comment les actions collectives ont-elles pu rester si souvent sans violence si celle-ci est partie intégrante de « l’idéologie révolutionnaire », ou encore si le peuple est constamment, en l’absence d’un État fort, en proie à des pulsions primitives ? »

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https://revolution-francaise.net/2016/12/27/676-la-non-violence-revolutionnaire