Maire 1790Le lundi 15 novembre 1790, la municipalité de Mamers recevait la démission de son maire, le citoyen Pierre Michel Le Camusat (ou Camusat comme noté dans ce procès-verbal), qui optait pour le poste de juge de paix de la ville auquel il avait été élu le quatre du même mois (voir la séance de la municipalité du 5 novembre 1790 ici ).

Le compte-rendu de cette « option de poste » était émis à la première personne et nous y retrouvons les mêmes accents sensibles et qui semblent sincères[1] que nous avions déjà noté lors de la démission de son poste du sieur Odillard, procureur de la commune, le 12 du même mois (voir ici).

«[En marge en haut du feuillet 114 verso  :

    157

Option de M.

Camusat Pourla

    Maire Pourla

Place de JugedePaix

_________________]

aujourd’huquinze novembremilSePt Cent quatre vingt DiX Sur Les Dixɧeures Du matin

Nouspierre michel Camusat avocat En Parlement Maire De LaVille De Mamers, aant Eté Elu jugeDe paix Pour cette Ville Par Lescitoens actifs Des DeuX Sections de Saint nicolas Et De notre Dame Le quatre Du Present mois De novembre, Et Ces DeuX Places Dont nous avons Eté honorês par LeConcours Denos Concitoens, Setrouvants jncomPatibles ;

Nous Declarons par LePresent oPter, comme En effet nous oPtons Celle De juge De Paix Pour Par nous En RemPlir Les fonctions au Desir Desɧabitants qui nous ont Elus a Lamajorité absolüe De Leurs Suffrages, Et avec toute Ljntegritê Dont nous pouvons Estre CaPable, notre jntention n,Etant autre que De Servir avec fidelité notre Patrie Et De Lui temoigner notre reconnoiSSance ce En L’aSSurant De Lui Estre jnviolablement attachê, Sous Promesse que nous nous Lui faisons De faire tout Ce qui Deprendra De nous Pour avec Les honorables menbres [sic] qui nous Sont aSSociés Dans Les penibles fonctions Denotre Ministere n’Epargner ni peines n travauX pour rendre Sans La moindre jmPartialité [sic][2] La justice qui Sera Düe a Vn Chacun ; heureuX Si nous Pouvons reussir Suivant Le Desir Detous, Et nous attirer Lestime DeNos [« Nos » en surcharge] CeuX Concitoens [première syllabe du mot précédent en surcharge] Dont  nous aurons Lhonneur Destre juge, Et Envers qui nous Prefererons toujours D Emploer Les voes De PaiX Et De Conciliation afin Demaintenir Le Cours De Lunion Et DeLa Concorde qui jusqua Cejour a Regparmi EuX

[Une ligne et demie rayée et non déchiffrée]

 Si Enquittant par mon option LeXercice Des fonctions Municipalles qui m,ont Etés ains

Juge de Pais 1

Cent quinz.e

qu’a vous Confiées, je n,Entre Dans vne nouvelle Carriere que Pour me rendre vtile ames Concitoens je ne Dois Pas moins me faire vn Devoir DeVous marquer a tous mes chers CôoPerateurs, toute La reconnoiSSance Dont je Suis penetrê Envers vous, ? Vous mavez aidês de Vos Sages Conseils pendant ma gestion, j’ai fait tout Cequi DePendoit Demo Pour marcher a LaClaretê De Leurs Lumieres, Et je ne Pense pas m,En Estre Ecartê ; Si cePendant Contre mon jntention Je m’En Etois Eloignê ? aez Pour moquelqu jndulgence ; nos Successeurs Pouront réParer Les fautes que nous aurons Commises Dans notre administration, Et jattend. D,EuX Comme De Vous, que Vous n’oublirai [sic] Point Vn Maire [les deux derniers mots en surcharge]qui ne Cessera De Se raPPeler LheureuX [le début du mot précédent et tâché, sa lecture est donc peu assurée][3]temPs ou tous De Concert nous n,avons Epargnés ni peines n travaux Pour Servir notre Patrie Et meritès Davoir Part a Son Estime.

Fait a Lhôtel De ville De mamers Lesdjour Et an, une Ligne trois mots raés nuls

LeCamuSat maire»[4]      

 

90-11-15 delib 1 vue 1

90-11-15 delib 1 vue 2

                                                                         



[1] Le citoyen Le Camusat nous ouvre une partie de son « cœur », j’y ressens presque un peu de nostalgie de l’«heureux temps» comme le dit lui-même l’émetteur.

La tonalité de toute façon en est beaucoup moins impersonnelle que celle que nous retrouvons dans les autres démissions présentées durant la même période.

Et pour tout dire, depuis le temps que je parcours les comptes-rendus de délibérations de la période, je n’ai que rarement eu l’impression de lire un écrit  qui m’a semblé aussi intime, intimité peut-être factice et feinte mais à laquelle on ne peut qu’être sensible.

[2] Il convient certainement de lire « partialité ».

[3]

90-11-15 délib 1 détail 1

 

[4] AD72 1MI 1343 (R129).