Le 20 prairial an II ( 8 juin 1794 ) se déroulait à Paris ( mais aussi un peu partout en province ) la fête de l’Être suprême selon le décret adopté le 18 floréal précédant ( 7 mai 1794 ) par la Convention nationale. La fête parisienne grandiose avant été organisée par le peintre David, « l’hymne à l’Être suprême » fut écrit par l’Aixois Théodore Désorgues[1] et mis en musique par Gossec. Je vous en propose une retranscription des parole et une interprétation par le groupe « La clique des Lunaisiens ».

8 juin 1794

Hymne à l'Être Suprême

Père de l'univers, suprême intelligence ;
Bienfaiteur ignoré des aveugles mortels,
Tu révélas ton être à la reconnaissance
Qui seule éleva tes autels (bis)

Ton temple est sur les monts,
[ dans les airs, sur les ondes ;
Tu n'as point de passé, Tu n'as point d'avenir ;
Et sans les occuper, Tu remplis tous les mondes
Qui ne peuvent te contenir (bis)

Tout émane de toi, grande et première cause,
Tout s'épure au rayon de ta divinité
Sur ton culte immortel la morale repose
Et sur les moeurs la liberté ! (bis)

Pour venger leur outrage et ta gloire offensée,
L'auguste Liberté, ce fléau des pervers,
Sortit au même instant de ta vaste pensée
Avec le plan de l'Univers (bis)

Dieu puissant Elle seule a vengé ton injure
De ton culte, elle-même, instruisant les mortels
Leva le voile épais qui couvrait la nature
Et vint absoudre tes autels ! (bis)

O toi, qui du néant, ainsi qu'une étincelle,
Fis jaillir dans les airs l'astre éclatant du jour,
Fais plus Verse en nos coeurs ta sagesse immortelle
Embrase nous de ton amour ! (bis)

De la haine des rois, anime la patrie,
Chasse les vains désirs, l'injuste orgueil des rangs
Le luxe corrupteur, la basse flatterie
Plus fatale que les tyrans (bis)

Dissipe nos erreurs, rends-nous bons,
[ rends-nous justes,
Règne, règne au-delà du tout illimité ;
Enchaîne la nature à tes décrets augustes
Laisse à l'homme la liberté (bis )

https://www.youtube.com/watch?v=RuBuI7Msq00

 



[1] Sur ce personnage atypique voir la belle biographie de Michel VOVELLE. Théodore Desorgues ou la Désorganisation, Aix-Paris, 1763-1808. Pris : le seuil, 1985.