3. La convention girondine ( 6 ).

3.3.2 . Printemps 1792, mesures d’urgences.

Face au désastre belge Delacroix et Danton rentraient en catastrophe à Paris :

 

Guère épais 13 Delacroix

 

- Le 9 mars 1793, Danton convainc la Convention d’accélérer la levée de 300 000 hommes, votée le 23 février précédent, par l’envoi de représentants du peuple dans les départements afin de procéder à ladite levée (ces 86 commissaires furent presque tous choisis dans les rangs Montagnards[1] ).

- Le 9 mars 1793, Danton réussit, malgré l’opposition de la Gironde, à faire voter l’instauration d’un tribunal révolutionnaire réclamé par plusieurs sections parisiennes pour punir les agents de l’ennemi à l’intérieur.

 

Guère épais 13 Tribunal révolutionnaire

 

Dans le même temps, la dénonciation des girondins et de Dumouriez, que son attitude arrogante favorisait, prenait de l’ampleur, notamment autour du club des Cordeliers, et Danton demandait la démission des ministres.

3.3.3. Dumouriez trahit.

 

Guère épais 13 Dumouriez

Suite à la défaire de Neerwinden, Dumouriez passa du statut de rebelle à la Convention à celui de traitre :

- Le 23 mars, il entrait en contact avec Cobourg.

-Le 26 Danton, s’opposant à Robespierre, continuait à Paris de défendre le général devant le comité de défense général.

- Le 29, le comité de défense générale, ancêtre du comité de salut public, envoyait des représentants[2] ayant mission de destituer Dumouriez,parmi eux se trouvait le ministre de la guerre Beurnonville, que Dumouriez lui-même avait fait nommer à ce poste en remplacement de Pache le février 1793.

- Ce dernier les livra à l’ennemi le 1° avril 1793 et ce n’était pas un poisson…ils restèrent en captivité durant deux ans et demi.

- Après avoir tenté en vain d’entraîner ses troupes pour marcher sur Paris, Dumouriez dut se réfugier chez les Autrichiens le 5 avril 1793.

 

Guère épais 13 Danton

Danton faillit bien être compromis par la trahison de Dumouriez, il n’en réchappa que de peu : convocation devant les Comités de défense et de sûreté générale, dénonciation aux Jacobins par Marat et à la Convention par Lasource ( un girondin ), le 1° avril. Il s’en sortit en accusant les Girondins Brissot, Guadet et Gensonné. La commission d’enquête que les Girondins avaient d’abord réussi à faire voter ne fut jamais mise en place. Mieux, Danton entrait au Comité de salut public le 5 avril 1793, comité de 9 membres qui était créé ce jour en remplacement du Comité de défense général. Cependant un an plus tard, les Montagnards qui avaient porté Danton au Comité reprendront les accusations de complicité avec Dumouriez portées début avril 1793 par Birotteau et Lasource.

Guère épais 13 Vendéen

3.3.4.  La Vendée.

L’insurrection qui éclatait en même temps en Vendée ( le 10 mars 1793 ) n’étaitt que la traduction d’un certain mécontentement populaire diffus un peu partout : l’élément déclencheur en était d’abord le refus des recrutements ordonnés par le décret du 23 février 1793 ( 300 000 hommes ), mais ce n’était que la goutte d’eau qui arrivait sur un vase de désillusions déjà bien rempli : problèmes des subsistances, inflation, frustrations face aux ventes des biens nationaux, désarroi face à la politique religieuse des assemblées et  face à l’exécution du roi…

Nous n’en parlerons pas ici, il faudrait y consacrer toute une étude.

3. 3. 5. Au frontières les défaites s’accumulent.

  • Prise de Valenciennes :

Après Neerwinden, l'armée du Nord s'était regroupée en arrière de Condé et Valenciennes, à Bouchain. Les troupes françaises résistaient difficilement à l'avancée autrichienne. Le 23 mai 1793 le camp de Famars qui couvrait Valenciennes et Condé était pris par les Autrichiens.

Le siège de Valenciennes et de Condé peut alors débuter. Condé capitulera le 14 juin 1793, réduit par la famine. Valenciennes ne capitulera que le 28 juillet 1793 après avoir retenu pendant plus de deux mois toute l'armée Austro-Anglaise de Cobourg.

 

Guère épais 13 Valencienne après le siège

 

Heureusement, au lieu de se porter sur Paris, l’armée coalisée se scinda : les Anglo-Hollandais allant faire le siège de Dunkerque et les Autrichiens de Cobourg celui de Le Quesnoy, dans le but de prendre Cambrai.

L’armée française du Nord s’était repliée sur Arras et Douai.

  • · En Rhénanie, Custine se repliait sans combattre laissant une garnison de 20 000 volontaires pour tenir Mayence. Elle fut bombardée jours et nuits à partir de juin, Mayence capitulait le 21 juillet 1793.

 

Guère épais 13 Mayence siège

 

Guère épais 13 Wissembourg

Le 13 octobre 1793, les Prussien de Brunswick battaient les Français à Pirmasens menaçant la ligne de la Sarre. Le lendemain, les Autrichiens de Wurmser battaient les Français à Wissembourg. Ces deux victoires permettaient aux alliés d'entrer en Lorraine et en Alsace. Haguenau est prise le 29 octobre 1793, Fort Vauban en avant de Strasbourg est pris le 9 novembre 1793. Landau est assiégé par les Prussiens.

  • Dans les Alpes et les Pyrénées : 

Les Piémontais, profitant des soulèvements de Lyon et Marseille, avançaient et reprenaient les deux provinces de Nice et de Savoie occupant les vallées de la Tarentaise et de la Maurienne. 

Le 27 août 1793 Toulon se livrait à la flotte anglaise de l'amiral Hood. 15.000 coalisés étaient aussitôt débarqués et occupaient les forts côtiers contre les troupes françaises.

 

Guère épais 13 Toulon anglais

 

Sur les Pyrénées, les Espagnols marchaient sur Perpignan, leur objectif était d'occuper tout le Roussillon.


[1] On peut y voir une marque de confiance du Centre envers les Montagnards pour prendre des mesures d’urgence ou alors une manœuvre de la Gironde pour affaiblir la Montagne ( ce que cette dernière ne se privera pas d’avancer ). D’ailleurs Brissot écrivait dans son journal : « Dans la Convention nationale, l’absence des têtes les plus effervescentes permet de délibérer avec plus de tranquilité et, par conséquent, avec plus de vigueur ». Mais l’envoi de Montagnards en province leur permit aussi de lever les craintes des départements vis-à-vis de Paris dont la presse girondine les abreuvait.

[2] Camus, Quinette, Lamarque, Bancal accompagnés de Beurnonville ministre de la guerre.