4. La Convention Montagnarde.

4.1. Les mesures de salut public.

La France ne sera sauvée que par l'instrument de guerre mis en place par la Convention montagnarde et par l’instauration d’un régime d’exception qui sera qualifié de « terreur » après thermidor an II.

Et aussi accessoirement par le fait que chacun des partenaires de la coalition poursuivit des buts différents de ceux de ses « alliés ». Depuis fin août les Anglais du duc d'York ne voyant que leurs intérêts assiégeaient Dunkerque laissant seul Cobourg qui assiégeait et prenait Le Quesnoy. Sur le front de l'Est, Wurmser et Brunswick se jalousaient. 

  • Réorganisation de l’armée :

    Guère épais 15-0

 

Guère èpais 15-1 Dubois Crancé

- Dès le 7 février 1793 Dubois-Crancé proposait une réorganisation des armées par l’amalgame consistant à réunir dans un même corps, la demi-brigade, deux bataillons de volontaires avec un bataillon de ligne soumis aux mêmes soldes et conditions que celles des volontaires ( solde plus élevée, cooptation des officiers, discipline moins rigoureuse ). Ainsi la ligne se pénétrerait de l’esprit civique des volontaires et ceux-ci s’aguerriraient au contact de vieux troupiers. Cette mesure combattue par les généraux, les girondins et Barère, fut votée grâce aux montagnards mais trop tard par rapport à la reprise de la campagne militaire du printemps 1793. Cette réforme ne fut mise en place que durant l’hiver 1793-1794. Ce qui peut expliquer les succès de la fin 1793 et du début 1794.

- De nouveaux généraux sortis des bataillons de volontaires de 1791 Jourdan, Hoche, Marceau, Moreau ou Pichegru, qui allaient se révéler être à la fois des patriotes et des chefs capables, mèneront les armées de la République à la victoire contre la coalition. Ces généraux seront sévèrement surveillés par les commissaires aux armées.

Guère èpais 15-2 Jourdan

Guère épais 15-2 Hoche

Guère épais 15-2 Marceau

Guère épais 15-2 Moreau

Guère épais 15-2 Pichegru

 

- Une nouvelle stratégie est mise en place par Carnot, il choisit d'agir par masses, c'est à dire former une armée compacte et nombreuse et très mobile.

Guère épais 15-3 Carnot

De plus on organisa la fabrication de la poudre avec les savants Fourcroy, Monge ou Berthollet. La recherche du salpêtre devient un sport national. Les cloches des églises étaient fondues pour faire des canons, sauf une par paroisse. Guyton dirigeait les recherches sur l'aérostation militaire. Le Sarthois Chappe proposait son système de télégraphe.

  • Le renforcement de l’armée par des recrutements massifs :

- Déjà en février 1793 ( le 23 exactement ), la Convention, alors girondine, avait voté le décret dit des 300 000 hommes, suivi de l’envoi dans les département de Représentants du peuple en mission ( décret du 9 mars 1793 ) qui n’étaient que les premiers et que la Convention continua d’envoyer un peu partout en France de façon massive jusqu’à sa séparation en septembre 1795, c’est-à-dire bien après le 9 thermidor an II.

Guère épais 15-4 volontaires

- 25 août 1793, décret de levée en masse[1] : les jeunes gens non mariés ou veuf de 18 à 25 ans forment la première levée, la génération de 25 à 30 formait la seconde, le reste jusqu'à 60 ans était disponible au gré des représentants pour régulariser ces levées.  Cette levée en masse suscita des oppositions qui si elles n’allèrent pas jusqu’à prendre l’ampleur de la Vendée inquiétèrent les autorités. 

Lors du vote de la levée en masse la Convention parlera des "quatorze armées de la République" quatorze armées de 100 000 hommes !

La République disposera réellement, selon les diverses estimations, de 750 000  à 1 000 000 de soldats[2] ( 113 000 rien que pour l’armée du Nord et de la Meuse ). Ce qui permit à Carnot de mettre en place efficacement sa nouvelle stratégie : « la guerre de masse » qui n’aurait pu être mise en place au début 1793.


[1] Le 23 août 1793, Barère galvanisait  la Convention en proclamant "Dès ce moment jusqu'à celui où les ennemis auront été chassés du territoire de la République, tous les Français sont en réquisition permanente pour le service des armées. Les jeunes gens iront au combat ; les hommes mariés forgeront les armes et transporteront les subsistances ; les femmes feront des tentes, des habits et serviront dans les hôpitaux ; les enfants mettront le vieux linge en charpie ; les vieillards se feront transporter sur les places publiques pour exciter le courage des guerriers, prêcher la haine des rois et l'unité de la République. La levée sera générale, les citoyens non mariés ou veufs sans enfants marcheront les premiers …Le bataillon qui sera organisé dans chaque district sera réuni sous une bannière portant cette inscription - Le peuple français debout contre les tyrans ! ".

[2] Au début de 1793, les 8 armées de la République ne disposaient que d’environ 200.000 hommes, le décret des 300 000 hommes porta ce chiffre à 400 000 en avril 1793, la levée en masse en mobilisa environ 500 000 de plus.