A lire un article de Thierry Gouault paru dans la dernière livraison des Annales de Bretagne et des Pays de Loire ( Tome 124 – juin 2017 – numéro 2 ) : «  L’enseignement des langues anciennes au collège de l’Oratoire du Mans au XVIIIe siècle ».

Résumé :

« La refondation du collège (loi du 8 juillet 2013) prévoit de nouvelles modalités pour l’apprentissage du latin et du grec. Cette réforme a entrainé un débat, qui a dépassé le clivage politique traditionnel, sur la place du latin et du grec dans les cycles 3 et 4 de la scolarité des adolescents. La refondation a-t-elle fait renaître la querelle des « Anciens » et des « Modernes » ?

Les régents du collège de l’Oratoire du Mans (1624-1792) ont révolutionné la pédagogie en accordant une place centrale à la langue vernaculaire ou vulgaire, en enseignant en français les principales disciplines : l’histoire, la géographie, les sciences et même le latin et le grec. Peut-on parler, pour l’ancienne langue des savants et des humanistes, de langue morte ? Rien n’est moins certain, surtout dans un xviiie siècle durant lequel le latin – la tradition pré-tridentine imposant une liturgie toujours romaine – résiste à la vulgarisation.

Pendant 168 ans, les presque 400 professeurs oratoriens du Mans ont suivi des méthodes pédagogiques définies dans des plans d’étude (Despautère, Lamy, Morin, Condren, Houbigant, Rollin, Dumarsais…). L’objectif est de faciliter l’apprentissage des langues anciennes qui sont devenues progressivement de simples matières ; le français s’imposant comme la langue de l’instruction nationale à la veille de la Révolution. »

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