4. La Convention Montagnarde ( 2 ).

  • Une économie surveillée de près :

Afin de mettre un terme à la crise économique qui frappait le pays depuis 1789, mais aussi dans le cadre des efforts de guerre, la Convention décida de mettre en place une économie contrôlée :

- Le 4 mai 1793, déjà, avait été voté le maximum départemental des grains et des farines. Loi qui s’était avérée peu efficace du fait que les prix variaient d’un département à l’autre ( il était tentant pour des cultivateurs de vendre dans le département voisin dans les zones limitrophes ), mais surtout parce que les administrations départementales, inspirées en sous mains par les Girondins, se firent tirer l’oreille pour mettre en œuvre cette loi.

- Aussi à l’été 1793, sous la pressions des mouvements populaires et sans culottes ( action efficace des « enragés » à Paris entre-autres ) furent adoptées d’autres mesures allant dans le sens d’une mise sous – tutelle de l’économie :

  • Guère épais 16-5 maximum

    Le 26 juillet 1793,  décret contre les accapareurs : les profiteurs qui recelaient des denrées afin de les vendre plus cher étaient punis de mort,
  • Le 29 septembre 1793, la loi du Maximum général fixait les prix de trente-huit denrées ainsi que le prix des salaires ( les marchandises étaient taxées à leur prix de 1790, les salaires à une fois et demie ceux de 1790 ).
  • Les réquisitions militaires se multipliaient parfois loin des frontières pour fournir les vêtements et les vivres aux armées, pour le train, et les charrois la République réquisitionnait le 25ème cheval et le 12ème mulet.

Par exemple : 

  • Le 10 novembre 1793, un décret réquisitionne pour la nourriture du soldat la huitième partie des cochons de la République,
  • Exemple plus local : le 30 octobre 1793, dans le cadre de la lutte contre la menace que faisaient peser les vendéens sur la ville voisine du Mans, la ville de Nogent-le-Rotrou était requise de fournir au premier bataillon de la Seine inferieur :

« […] trois cent quarante gibernes, deux cent paires de Souliers, cent vingt Chemises, une piéce de Canon, deux CaisSes de tambour moulés, vingt Chevaux de Selle Pour les officiers et Cinq voitures d’Equipages, après avoir examiné l’importance de ces demandes et attendù que l’interet public et la Sureté de la patrie exiGent quil y Soit obtemperé Et Sur le tout les administrateurs, officiers municipaux et commissaire de Guerre S’etant Serieusement concerté, Et ledit commissaire de Guerre a qui On S’en est pour le tout Specialement rapporté a dit quil etoit indispensable de remplir la demande ci-dessus, a representé que les Secours les plus prompts etoient necessaire pour la destruction des brigands de la venDée, que les ordres du citoYen Thyrion representant du peuple Est [ sic ] précise a cet Egard, quil demande des Secours d’hommes et d’armes Et que d’aGir autrement ce ne Seroit pas remplir Ses vües : quand [ sic ] aux Equipements comme Chemisés Et Souliers, quil est constant que le bataillon en a un Besoin Extreme, En conséquence le tout consideré il a eté arreté que tout ce que dessus alloit etre accordé audit Bataillon Et que pour les Chevaux et voitures, ordre alloit etre donné Sur le Champ a l’etapier pour qu’il ait a Y pourvoir pour demain huit heures du matin. »

Fait en la maison commune dudit nogent les jours et an que dessus »[1]

  • Renforcement de la lutte contre les « ennemis de l’intérieur » :

-Le 9 mars 1793, Danton réussit, malgré l’opposition de la Gironde, à faire voter l’instauration d’un tribunal révolutionnaire réclamé par plusieurs sections parisiennes pour punir les agents de l’ennemi à l’intérieur.

Guère épais 16-6 tribunal révo

- Le 9 septembre 1793 était créée l’armée révolutionnaire chargée de faire appliquer les lois, surtout celles relatives aux subsistances mais pas uniquement, dans les départements.

Guèreépais 16-7 patrouille révo

Le 17 septembre 1793 est adoptée la loi des suspects, qui permet des arrestations plus nombreuses et plus « simples ».

Fin de l’année 1793, la situation de la France se redresse :

  • Les révoltes royalistes et fédéralistes sont réprimées, Lyon et Toulouse sont à nouveau aux mains du gouvernement ;
  • la « Vendée » est écrasée en décembre près de Nantes après la débâcle du Mans les 12 et 13 décembre 1793 ;
  • la famine est évitée ;
  • et les ennemis extérieurs repoussés jusqu’aux frontières

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



[1] Archives municipales de Nogent-le-Rotrou, 1D2.