Introduction :

Passé l’été 1789, l’Assemblée eut à traiter ce pour quoi les Etats-Généraux avaient été convoqués :  trouver une solution au problème des finances du royaume. Après l’épisode  agité, pour ne pas dire chaud, de l’été 1789 ( prise de la Bastille, Grande Peur, nuit du 4 août, déclaration des droits ), elle fut amenée à prendre  tout une série de décisions lourdes de conséquence pour l’avenir, nous ne traiterons pas ici du fait qu’elle vida la déclaration des droits de sa substance en maintenant l’esclavage ou en instaurant un suffrage censitaire[1] ( sans parler du maintien des femmes dans un statut de mineures politiques ) mais seulement de la mise en place des assignats (  très brièvement ) et surtout de la Constitution civile du clergé.

Ccc 1-1 nuit du 4 août

A la fin du XVIIIème siècle, la religion catholique demeurait, de loin, la confession dominante du royaume de France, même si un lent mouvement de déchristianisation s’était développé parmi les élites et dans les milieux urbains. Elle encadrait les grandes étapes de la vie (naissance, mariage, décès) et prenait en charge l’enseignement, les hôpitaux, l'aide aux pauvres…

Ccc 1-2 registre

Ccc 1-3 Doléances angers

Toutefois elle fut assez nettement critiquée dans les cahiers de doléances du Tiers-états, la gestion de la dîme et ses trop grandes richesses étant le plus souvent remises en cause. De nombreux cahiers proposaient de supprimer une grande partie de la dîme et de vendre une partie des biens de l’Eglise au profit de la nation. Etaient aussi remis en cause les privilèges de l’Eglise et la fermeture du haut clergé aux seuls membres de la noblesse.  Les curés étaient souvent vus comme les seuls à se soucier des secours, matériel et spirituel, des leurs paroissiens.

 

 



[1] Sur ces sujets nous renvoyons nos lecteurs aux deux ouvrages fondamentaux de Florence Gauthier : Triomphe et mort du droit naturel en Révolution 1789 – 1795 – 1802. Paris : PUF, 1992 et L’aristocratie de l’épiderme : le combat de la Société des Citoyens de Couleur 1789 – 1791. Paris : CNRS éditions, 2007.