Destin de l’Eglise constitutionnelle :

Ccc_8_0Dès le début de 1793, l’Eglise constitutionnelle devint à son tour la cible de l’opinion publique ( surtout après l’exécution du roi et les débuts de la guerre civile).

A partir de l’automne 1793 et le début du mouvement « déchristianisateur »  il devint difficile, dans l’esprit des sans-culottes les plus radicaux,  d’être à la fois prêtre et républicain. Bien que la Convention comptait dans ses rangs 17 évêques et 44 prêtres.

 

Le 16 brumaire an II ( 6 novembre 1793 ), la Convention autorisait la réquisition des églises.

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Plus 22 000 constitutionnels renoncèrent à leur fonction en quelques mois, de novembre 1793 au printemps 1794, certains livrant, voire brûlant, leurs lettres de prêtrises…Seule une minorité, comme Grégoire, refusa d’abdiquer mais le plus souvent ils cessèrent momentanément de pratiquer le culte ou le firent de façon clandestine.

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Parmi les abdicataires les nuances «étaient très larges » :

· une minorité fut contrainte et forcée ou au moins fortement soumis à pression ;

· le plus grand nombre suivit le « torrent » sans enthousiasme ni remord apparent. Ceux-là réintégrèrent souvent le sacerdoce au moment du Concordat en 1801 ;

· 10% des abdicataires ( soit plus de 2 000 ) le firent de façon spontanée, ils brûlèrent ou livrèrent aux autorités leurs lettres de prêtrise. Une partie non négligeable d’entre eux se maria ( on compte entre 4 et 5 000 mariages de clercs). Souvent d’ailleurs ils écrivirent à la Convention pour l’informer de leur décision et lui donner un caractère ostentatoire ;

· enfin quelques dizaines de curés devinrent eux-mêmes des déchristianisateurs quelquefois acharnés ( Seine-et-Marne, Cher ).

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Les abdicataires connurent souvent des situations matérielles dramatiques avec la perte ou le retard dans le versement de leurs pensions et souvent le refus des emplois civils auxquels ils se destinaient ( instituteurs, administrateurs ).

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A la fin de l’an II, ne subsistait qu’une vingtaine d’évêques et 6 000 curés constitutionnels qui n’avaient pas démissionné de leurs fonctions. L’Eglise constitutionnelle était moribonde. Mais… elle tenta de renaître de ses cendres au printemps 1795 :

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· De septembre 1794 à février 1795, reprise limitée et surveillée d’un culte privé.

· La première séparation de l’Eglise et de l’Etat votée par la Convention thermidorienne, le 21 février 1795, donnait le droit aux prêtres d’exercer le culte , à leurs frais, dans des locaux privés. Les réfractaires pouvaient également le faire puisque l’Etat ne salariait plus aucun culte.

· Le 30 mai 1795 ( 11 prairial an III ), la Convention rétablit une certaine liberté de conscience : réouverture conditionnelle de certaines églises, celles-ci pouvaient accueillir différents cultes ( décadaire, constitutionnel, réfractaire…) ;

· Grégoire tenta d’organiser des élections  pour les cures vacantes et réunit un premier concile en 1797 qui constatait que le culte constitutionnel n’avait repris que dans 30 départements seulement.

· Cependant ces tentatives se heurtèrent vite d’abord à l’hostilité de Rome, ensuite à la concurrence des réfractaires rentrés d’exil pour prêter le serment de soumissions aux lois de la République ( 29 septembre 1795 ), et surtout à la surveillance étroite, voire tatillonne des autorités constituées durant tout le Directoire ( enquêtes de moralité, tutelle renforcée…). D’autant que le Directoire réactiva régulièrement les mesures répressives en fonction de la situation politique du pays ;  après l’insurrection royaliste de vendémiaire an IV ( septembre 1795 ) ou le coup d’Etat directorial du 18 fructidor an V ( 4 septembre 1797 ).

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Au moment du coup d’Etat du 18 brumaire an VIII ( 9 novembre 1799 ), l’Eglise constitutionnelle était très loin d’avoir retrouvé son état de 1791-92.