Décembre 1793Le sextidi 6 nivôse an II, jour de la lave ( vendredi 26 décembre 1793 ), la municipalité de Nogent-le-Rotrou, réunie au comité des subsistances de la ville et à l’administration du district, s’inquiétait à nouveau des subsistances et nommait des commissaires chargés de se rendre auprès du département afin d’obtenir des approvisionnement en grains pour la ville et si cela était impossible de se transporter auprès du ministre de l’intérieur, voire à  la convention, pour obtenir l’autorisation de s’approvisionner auprès de l’administration du département d’Eure-et-Loir.

« aujourd’huy Six nivos 2.eannée de la republique Francaise une et indivisible

Les autorités constituées de la commune de nogent le rotrou reunies a la maison commune

un Membre a obtenu la parole et a observé que la disette des grains Se Faisoit Sentir en ce moment de la manière la plus Effrayante : que les greniers du comité de Subsistances Etoient Epuisés Et quil ne restoit plus aucuns moyens a l’administration de district de Subvenir aux Besoins aussi urGents : que toutes les Communes qui composent l’arrondissement dudit district lui presentoient journellement des petitions aux Fins d’etre autorisées a aller elles meme S approvisionner dans la Beauce : que l’administration de ce district Etoit dans l’imposibilité d’acquiesser a leurs justes reclamations puisque les grains de la beauce etoient en requisition pour la Subsistance de paris et de l’armée de l’ouest ;

Les trois corps constitués ayant pesés dans leur Sagesse Et voyant avec la plus vive douleur que cette commune Est un grand nombre de commune Sont pretes d’être la victime de la Famine Si dans quinZe jours ou trois Semaines au plus tard le dep.t ne vient a notre Secour En nous Faisant passer des Subsistances

Ensuite un autre membre a obtenu la parole et a observé que lorqu’il s’etoit presente au dept pour obtenir des Subsistances, le directoire lui avoit remontré quil ne lui en pouvoit etre accordé que quarante quintaux, quatité [ sic ] a peine Suffisante pour un jour.

Surquoi les trois corps deliberant ont arreté qu’il Seroit nommés deux Commissaires pour Se transporter Sur le Champ au dept pour reiterer  les demandes de Subsistance Et que dans le Cas ou l’administration du dept leurs Ferait la meme reponse Et leur representeroit qu’il ne lui etoit pas possible de nous En accorder, les deux commissaires Seroient autorisés a Se transporter auprés du ministre de l’interieur[1] Et de la convention elle-même S il etoit necessaire aux Fins d’obtenir une autorisatioN pour Etre approvisionné par le dept.

Et de Suite procedant a la nomination des deux Commissaires les citoyens vasseur maire de cette Commune Et Fergon président du Comité de Subsistances ont été a l’unanimité nommés Commissaires aux Fins ci-dessus Enoncées, lesquels presents ont accepté Et promis de S’acquiter de  la commission a Eux deleguée avec tout le Zele Et le patriotisme dont ils Sont animés pour le bien General Et ont Signé

                                                                    VaSseur     J Sortais

                   hubert    G Petibon                    Maire

   Boucher               Roger Le Comte     Lalouette          Rigot

Membre du                ferre Bacle

Directoire             Caget       Delorme        P.re Lequette

                                                                   Prde la C

         Courtin            Pi Chereault         Beuzelin

                       f. G. Verdier            Beaugars Lainé  

Baudin          Regnoust     Fergon   preS. Du Comit.

 P dent                                      Des Subsistances

J. C. Joubert      fouquet           Tarenne   ? J. Crochard

                        grenade                           Membre du comité »[2]

 


[1] Poste occupé à l’époque par Jules-François Paré, un proche de Danton. Il démissionna de son poste le 5 avril 1794 (16 germinal an II), jour de l’exécution de Danton, et se tint à l’écart de la vie politique nationale

[2] A. M. Nogent – le – Rotrou 1 D 2, 140 recto-verso.