Janvier 1794Le nonidi 29 nivôse de l’an II, jour du mercure ( c’est-à-dire le samedi 18 janvier 1794 ), la municipalité étudiait la demande formulée par le citoyen Le Boucq de pouvoir bénéficier des secours accordés aux parents des défenseurs de la patrie morts aux combats. Le citoyen Le Fêvre ancien chirurgien major du 1er bataillon d’Eure-et-Loir dans lequel servait le fils du citoyen Le Boucq confirmait que ce dernier avait été grièvement blessé au cours de la bataille de Jemappes, déposant un billet signé du général Huet certifiant le décès du fils Le Boucq lors de ce combat, mais il ajoutait que le citoyen Le Boucq fils était encore compté au bataillon au mois de janvier 1793 soit plusieurs mois après la bataille de Jemappes. Cette déclaration, dont nous ne savons s’il elle était maligne ou plus simplement maladroite, pouvait laisser entendre qu’il y avait eu tricherie dans la gestion dudit bataillon. Le général Huet déposait alors devant la municipalité de Nogent que le fils Le Boucq était bien décédé à Jemappes et s’opposait ainsi à la déclaration du chirurgien major Le Fêvre allant jusqu’à qualifier « d’apocryphe » la déposition de ce dernier. La municipalité, sans doute embarrassée, décidait de transmettre la présente délibération au ministre de la guerre.

 

Bataille de Jemmapes

 

«Aujourd huy vingt neuf nivos an deux de la Republique une et indivisible

En L’assemblée Permanente du Conseil General de la Commune de Nogent Le Rotrou  Tenue Publiquement

Est Comparu le Citoyen Le Fêvres Chirurgien et membre du Comité de Surveillance de cette Cité, Cy devant Chirurgien major du 1er. Bataillon d’Eure et Loir ayant fait La Campagne de 1792, Retiré dudit Bataillon le trente un Janvier 1793 Lequel a dit que par voie indirecte il a appris que le Citoyen le Boucq domicilié en Cette Commune avoit presenté une petition devant les membres du Conseil General de cette Commune tendante a être autorisé a partager les Secours accordés aux père et mere des deFFenseurs de la patrie morts  a l,armée et pour d,apres l autorisatioN des dits membres etre envoyée par Le dit Boucq au ministre de la Guerre. La ditte petitioN est Etayé d, un CertiFFicat de mort DU Le  [ sic : le mot « DU » est en surcharge du mot «  par » ] Citoyen huet General de Brigade et Cy devant Commandant du dit BatailloN qui Constate que Le cit : Le Boucq Fils est Resté Sur le champ de Bataille

Sur cet Exposé le Citoyen Le Fevre nous a Remontré qu il est Phisiquement Sur que le dit Boucq Fils a Recu une Blessure Grave a l,aFFaire de Jemmapes qu’il L’a Fait Tranporter dans le dernier des charriots du champ de Bataille a l’ambulance pour Y etre Traité.  et a donné pour Temoin Le Citoyen  Bouillard son domestique alors et pour fait l,avoir embrassé . Le dit le Fevre a aJouté qu’au mois de janvier 1793 a la Revue du Commissaire, Le Commandant le Faisait encore Compter au BatailloN et a Requis que Le Certicat delivré au Dit le Boucq par Le Cit huet Restât a la municipalite  et a Signé dont acte    Lefebvre

        Père

Nous Général de Brigades SouSsigné Certifions a tout Ce qu’il appartiendra que le Citoyen Jean + [ rajout au bas du certificat : Baptiste ] Jacques le Boucq Soldat Volontaire au premier Bataillon d’Eure & Loire dont Jetois ci devant Commandant a été tué À La Bataille de Gemappe pres de moi en voulant me preter Secour et qu’il à resté Sur le Champ de Bataille ; en foi de quoi avons delivré le present à Jean Baptiste le Boucq Son père pour le faire Jouir du Bénéfice de La Loi : à Nogent Le Rotrou Ce vingt deuX Nivôse L’an deuX de la Republique une & indivisible

                                                 Huet

Vû par nouS administrateurs du district de Nogent le Républicain le 23 nivoSe l’an 2e. de la Rep.

Baudoûin    David    Bouchet     Delorme

                          Boudin                Alleaume

En ce moment Est Entré le cit. huet denommé comme dessus lequel après avoir pris communication du dire dudit citoyen le Fevre ci-dessus Etabli a dit S’en tenir  au  certificat par lui delivré au Cit le Boucq relative a la mort de Son Fils le vingt deux nivos present mois Et regarde comme apocriphes les Faits mis En avant dans la deposition du dit cit le Fevre Et a Signé

                                Le general de division

                                              Huet

Armée d'infanterie 1794

Le  conseil Général déliberant, considerant que les rapports des citoyens le Fevre Et huet mentionnés ci contre Sont Evidemment Contradictoires Et destructifs l un de l’autre : que le rapport Et certificat dudit citoyen huet dit Clairement que le Fils Leboucq Est resté Sur le Champ de Bataille a l affaire de gemmappe : que le dire dudit cit. le Fevre annonce au Contraire qu’il a eté transporté du Champs de bataille Sur un Charriot a l ambulance, Et que le commandant, a la revue du commissaire des guerres, Faisoit Encor compter au Bataillon ledit cit. le Boucq, arrete que l’agent national prés cette commune Fera passer dans le plus Bref delai au ministre de la Guerre Copie du dire des citoyens le Fevre Et huet, Ensemble copie par Extrait du Certificat delivré contesté dont acte.

                                                                  Vasseur              

Beaugars lainé    Beuzelin    hubert            Maire

Regnoust    Tarenne     Roger le Comte    Rigot

Pi Chereault                                      JJ Sortais             

                    grenade             J C Joubert

                                             P.re Lequette

                                            Ag. Nal de la C

 

                                                 Tison

                                                   s. g.»[1]


[1] A. M. Nogent – le – Rotrou 1 D 2, 149 verso - 150 recto.