1794 JanvierDans le registre des délibérations de la commune est insérée sur les feuillets 147 et 148 soit entre les délibérations des 28 et 29 nivôse de l’an II ( soit les 17 et 18 janvier 1794 ) la copie d’une délibération de la Société populaire de la ville en date du 5 pluviôse de l’an II, jour du taureau (  vendredi 24 janvier 1794 ), rapportant les accusations de prévarication visant des administrateurs de l’Hôtel-Dieu membres de ladite société, accusations proférées par un membre de la Société populaire lors de la séance de l’avant-veille soit le 3 pluviôse de l’an II ( 23 janvier 1794 ) – si les séances étaient journalière ce que nous ignorons. En fait derrière ces accusations Boucher des Marais ( voir la courte note biographique de ce personnage sur ce blog : ici ) reprochait aux administrateurs de l’Hôtel-Dieu, notamment au citoyen Chaillou,  de s’être opposés à l’attribution à la Société populaire de la chapelle de l’aumône dépendante dudit Hôtel-Dieu ( voir la délibération municipale de Nogent-le-Rotrou en date du 10 janvier 1794 ). Sur intervention du citoyen Vasseur ( sans doute le maire de la ville ) intervenait pour réconcilier tout le monde et le tout se terminait par le baiser de la fraternité.

«Liberté                                                                                                      Egalité.

Extrait du Registre des déliberations de la Société populaire de NoGent Le rèpublicain, ( ci devant Le Rotrou).

Seance du 5. Pluvios an 2e. Republicain.

Un Membre a Observé demandé La parole, et a dit qu’a L’avant derniere Séance un des Membres de La Société S’étoit rependu en invectives envers plusieurs CitoYen de Cette Société Les quels étoient Administrateurs de L’hotel-Dieu, Ces invectives Sont a-t-il dit, que ces Administrateurs avoient plusieurs fois Visé a entortiller le peuple et que faisant les bons pour Les pauvres, ils étoient ceuX qui en Mettoient dans leurs poches. de pareils discours a encore dit le Méme membre tendent a deshonorer des  Administrateurs fideles. Et qui N’ont aucun reproche a Se faire, que Si Les faits Sont Vrais, ils Ne peuvent être plus long temps dans cette Société que quant a lui qui est du Nombre il veut avoir raison de cette inculpation en presence de toute la Société Même que C’etoit la que des CitoYens qui étoient purs devoient Se justifier que Leur qualité d’administrateurs des pauvres étoit pour ce une raison indispensable, a ce Moment plusieurs Membres, Chaillou, beauGars L’ainé et autres Se Sont levés et ont dit être les ColleGues du reclamant, Comme lui administrateurs de L’hotel-Dieu, Comme Lui inculpés, Comme lui JalouX de prouver a Leurs Concitoyens la fausseté de Ces inculpations, Comme Lui enfin voulant avoir raison de L’inculpant. un autre Membre a demandé la parole, C’étoit bouchet, L’aYant Obtenüe il a dit que Les reclamant en vouloient a Lui, que C’étoit lui a qui ils entendoient adresser La parole, qu’il Se Souvient que N’Y a Guere il demanda que L’eGlise de L’aumône fut demandée pour La Société populaire, que Chaillou administrateur de L’hotel-Dieu prétendit que ce bâtiment appartenoit aux pauvres, qu’il étoit Convenable pour Y faire un Appartement pour des pauvres Malades, qu’en Sa Qualité, C’étoit une raison de plus pour Le deffendre, que d’ailleurs il etoit prêt a Justifier par titres de La justice de Sa  prètention ; qu’il Scait bien qu’il S’etoit elevé a ce Sujet une discussion, Mais qu’il Ne Croit pas avoir inculpé Ni Chaillou Ni Ses Collègues, qu’il N’a jamais eu intention de le faire , que Même il est pret d’assurer qu’il N’a jamais Connu en tous Ces Citoyens que probité, et incapables de Meriter Les inculpations qu’ils disent Leur avoir été faites de Sa part. il a interpellé plusieurs Membres de déclarer S’ils avoient entendu de Sa part, ces inculpations. quelques uns ont repondu qu’ils CroYoient que Bouchet avoit dit que Ceux qui faisoient les plus patriotes N’etoient pas CeuX qui tiroient plus Souvent de Leurs poches, qu’il Y en avoit beaucoup qui Y tiroient fouilloient Sans rien en tirer. La discussion S’engageant plusieurs Membres ont demandé la parole, un d’euX Vasseur, a dit que Ces DiFFicultés devoient Cesser pour Le bien public, qu’il Connoissoit les differents Membres en discussion, qu’ils Jouissoient tous d’un patriotisme reconnu, que La Société devoit Les inviter a Se Concilier Sur Le Champ, qu’il ne Scavoit, parce qu’il étoit absent, Si boucher avoit tenu ces propos, Mais tout ce qu’il Scait c’est que ce jour La Bouchet étoit entrain, que d’ailleurs d’après la déclaration qu’il venoit de faire il Connoissoit que Les dits Chaillou et ColleGues pour d’honnêtes Citoyens, qu’il a Nié les propos que quelques Citoyens ont dit N’être point tels, qu’il invitoit tous Ces Citoyens a fraterniser. Boucher a demandé La parole et a dit qu’il etoit prèt a fraterniser ; que Chaillou et ColleGues N’avoient jamais été a Ses YeuX que de bons et honnêtes Citoyens qu’il n’a jamais entendu Les inculper, L’auroit-il fait il est prest a Y renoncer, et a rendre auX dits Citoyens la justice qui Leur est due, et que Comme avec de vrais patriotes, il Leur propose présence de La Société Le baiser fraternel, La Société S’est levée, et a applaudi à la proposition et a engagè tous les Citoyens denommés à fraterniser Les quels Sus Nommés ont Consenti, attendu que Bouchet avoit declaré N’avoir point eu intention de Les inculper, en cas Comme il le dit, qu’il L’eut fait. et Se Sont donné le baiser de fraternité. auX desirs et à La Satisfaction de La Société qui a arrêté #  [ rajout en marge : # que ] le present acte en Seroit dressé. Fait Les dits jours et an que dessus./. trois mots raYés Nuls ; un Mot Surchargé et le Mot que en Marge. Approuvé bons.

pour Copie Conforme // Boudin.

                                     Sre receveur »[1].



[1] A. M. Nogent – le – Rotrou 1 D 2, 3 feuillets insérer entre les feuilles 147 verso et 148 recto