1.1789-1790 : adhésion du clergé paroissial

au nouveau cours de la chose publique ( 2° partie).

  • Les fêtes de la fédération en 1790.

2 Une fête de la Fédération en1790Celles de Rouez et Tennie, dans le Nord Sarthe, furent de bons exemples de la permanence du soutien à la révolution de nombreux ecclésiastiques : 12 d’entre eux y participèrent. Le curé de Rouez, Lemaître, y prononçait un discours patriotique et bénissait les drapeaux des gardes nationaux réunis.

A l’occasion de ces fêtes de l’été 1790 de très nombreux prêtres prêtèrent le serment de fidélité à la nation, à la loi et au roi ( la constitution civile du clergé n’a pas encore divisée l’adhésion majoritaire du clergé en faveur de la Révolution ).

  • Citoyen, curé et maire.

De nombreux ecclésiastiques furent élus membres des administrations nouvelles mises en place au début de l’année 1790.

Le curé de Moulin-le-Carbonnel, celui de Montfort, de Souligné-sous-Ballon, entre autres, étaient maires de leur commune. Celui de Coulongé quant à lui était élu membre de l’administration du district de Château-du-Loir.

  • Fétichisme révolutionnaire !

2 Une Bastielle taillée dans une de ses pierresD’autres allèrent plus loin encore dans les gestes ostentatoires montrant leur adhésion au nouvel ordre des choses allant jusqu’à un certain fétichisme :

Ainsi le vicaire de Vancé, Aimable Louis Lebreton de la Loutière, acquit une pierre de la Bastille et la garde nationale porta « […] en triomphe jusqu’à l’église, cette relique nationale, ce monument précieux […] »[1].

Mais assez tôt on ressent un certain anticléricalisme tout au moins au niveau des administrations centrales.

  • Par exemple, en octobre 1791, le directoire du district du Mans rejetait en des termes quelques peu gouailleurs une pétition des Cordeliers du Mans demandant le transfert de la statue de leur saint patron, Crépin, de l’église des jacobins qui allait être rasée à celle de la Couture.

Un des considérant estimant que«[…] si saint Crépin avait des oreilles, il n’avait pas besoin d’être représenté par une statue de pierre pour entendre les prières […]»[2]

 


[1] Archives municipales de Vancé. Citée dans « Prêtres et Fidèles sarthois dans la tempête » Cahiers du collectif républicain de commémoration n°7. Le Mans, 1989. Page 8.

[2] AD72, L270.