Délibération de la municipalité de Nogent-le-Rotrou du 7 germinal de l’an III, jour du bouleau dans le calendrier républicain (vendredi 27 mars 1795).

PainsDans une seconde délibération tenue à cinq heures de l’après-midi, la municipalité de Nogent procédait à une nouvelle adjudication de la fourniture du pain aux prisonniers de guerre qui, comme prévu, n’aboutissait pas, aucun des boulangers présents n’enchérissant. Aussi la municipalité décidait d’envoyer les non-résultats de cette opération au district, en lui demandant de bien vouloir se rallier à la solution proposée dans la délibération du matin (voir ici).

Ensuite, sur l’intervention d’un de ses membres soulignant les difficultés rencontrées par les commissaires de la ville pour se fournir en grains dans le district de Châteauneuf-en-Thymerais[1], ce malgré le permis délivré par le citoyen Honoré Fleury représentant en mission[2], décidait d’envoyer auprès de ce conventionnel le citoyen Goislard Fils afin d’obtenir l’application de sa permission si nécessaire en faisant usage de la force.

« [Feuillet 12 recto]

Etle dit jour Sept  germinal troisieme année  dela Republique Francaise une Et indivisible cinq heures de Relevée

En conséquence de l’ajournement Pris dans la Séance de cejour EtPour motifs yconsignés Nous officiers municipaux de Nogent le Républicain cidevant le Rotrou Reunis au lieu ordinaire de Nos Séances, le motif dela présente convocation Expliqué, lecture donnée des charges et [mot non déchiffré[3]] Et conditions de la ditte adjudication, avons Passé ala Reception des Encherres des Boulangers Présens Et en Nombre compétent : après avoir inutilement tenté toutes les voïes PoSsibles Pour les determiner a Se rendre adjudicataire d’icelle Fourniture, tous d’une voix unanime ont Répondú nePour[4] S’en charger : qu’apeine Pouvoient ils Pourvoir aleur ProPre Subsistance que Nonobstant le desirle mieux Prononcé detraivailler Et Se rendre utiles aleurs concitoyens ils nePouvoient raisonnablement S’exposer+ [rajout en marge : + a Perdre.] leur Fortune, le grain etant marchand Et journellement Susceptible d’une augmentation Exorbitante Et arbitraire, joint a cela que l’impoSsibilité de Se le procureur est la plus grande PoSsible.

Les officiers municipaux deliberant Sur l’exposé Et les motifs de Refus allegués Par les Boulangers, l’agent National entendú, arrete qu’expedition de tout ceque dessùs Seradans lejour adresèe al’administration decedistrict pour par elle prendre tel parti quelle avisera Bon etre, avec obServation que dans la circonstance actuelle on ne Peut Esperer de trouver aucun Boulanger qui veuille Se charger de cette Fourniture Sil est obligé de Se Procurer lui-même les matieres nécéssaires, Et quil est Bien Plus Expediant d’allouer une indemnité au dit citoyen Foreau jusqu’a ce jour chargé de ceSoin : dont acte.

GrainsEnsuite un membre adit que les commissaires chargés de l’approvisionnement de cette commune dans ledistrict de chateauneuf. d après le Permis du citoyen honoré Fleury représentant dupeuple, Eprouvoient des oppositions Formelles Pourla Reussite de leur mission que partout ou ils Seprésentoient, la malveillance injustement craintive les En chaSsoit : quils nepouvoient, Sans Risque pour leurs jours,  S’annoncer commissaires : que jusqu’à ce moment leurs tentatives avoient eté Presqu’infructueuses, qu’a peine avoient ils [il doit manquer le mot « pu »] S’en procureur vingt cinq atrente quintaux : que cette modique Portion deSubsistances nePourroit Encor venir a Notre Secours que par des moyens Extraordinaires : quil Réqueroit En Conséquence au Nom de cette cité déjà en proie aux horreurs dela Famine l’envoy Sur Surle champ[sic] d’un commissaire auprés du citoyen Fleury Pour le Présser de Nous Secourir Et conjurer l’orage Prêt a Eclatter.

Surquoi Déliberant le conseil general Consterné alavüe des maux que vat Nécessairement Enfanter lapénurie Complette de Subsistance Si les mesures les Plus vigoureuses Et les mieux concertées ne Sont Sur le champ Prises Et mises a Exécution, l’agent National entendú, arrête que le citoyen goislard Fils Se rendra danslejour En qualitéde commissaire auprés du citoyen Fleury Pour lui Exposer la position critique ou nous Sommes reduits , Solliciter deSa justice la transmise leplus acceleré, laForce Et l’execution deSon Permis, lui Représenter Enfin+ [rajout en fin de délibération : + que Nogent N’a Plus d’aliment que pour vingt quatre heures Et. ceRenvoy Bon. ]que Si avant l’expiration de ce terme de Nouveaux Secours ne Sont Rendús dans ces murs nous allons nous voir les victimes malheureuses des Ravages Etdes calamités, suite inevitable de la Famine : Et Pour tenir lieude commission audit citoyen goislard, le conseil général arrete que CoPie duPrésent déliberé lui Sera a l’instant Remise

 Dont acte.        g.petibon                    J C Joubert

   ferré Bacle            A. Jallon                                 J Sortais

PiCherault                                                Beaugas Lejeune

 Beuzelin                  jjallon ainé                         GSalmon

                                 Tarenne

roger leComte           Boisard Lainé

 

                            Tison

                             Sre.»[5]

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[1] Dans sa délibération la municipalité de Nogent utilisait le nom de Châteaunef et non son nom révolutionnaire de Puy-la-Montagne, quine semblait plus de mise en cette période thermidorienne.

[2] Député des « Côtes-du-Nord » aujourd’hui « Côtes-d’Armor ».

[3]

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[4] Lire « ne pouvoir »

[5] Archives municipales de Nogent-le-Rotrou, 1 D3.