Si pour le moment nous ne pouvons rien dire des cérémonies qui eurent lieu en la ville de Mamers à l’occasion du 14 juillet 1790, nous savons que la journée n’a sans doute pas aussi consensuelle que d’aucun l’aurait désiré[1].

En effet, si le jeudi 15 juillet 1790[2], le procureur de la commune requérait l’enregistrement de lois sa principale demande visait à ce que le Sieur Veron, cordonnier et tambour de la garde nationale, fut convoqué par le maire afin qu’il s’expliquât à propos du « bruit » ayant eu lieu la veille entre lui et le Sieur Blondeau Gosnet archer sans doute au service du contrôleur des aides de la ville.

Il semblerait bien que la perception des droits d’aide suscitât toujours de vives oppositions à Mamers, oppositions qui remontaient à l’année 1789. Je reporte les lecteurs à la séance du 28 avril 1790 (ici) et celle du 10 mai de la même année (). De même le 4 mai 1790, la municipalité évoquait les difficultés rencontrées dans la perception d’un droit portant sur les « bestiaux » vendus en la ville, le droit de pied fourché (voir par ici ), d’ailleurs à la lecture de cette séance de délibération du 4 mai on s’aperçoit que la garde nationale était fortement agitée sinon politisée en cet été 1790.

90-07-15- Police

 «Soixante Cinq.e

 [marge gauche en haut du feuillet  :

N.°91. Police

    P.]

aujourd’huy quinZe Juillet 1790 mil SePt Cent quatre vingt diX

Devant nous maire et oFFiciers municiPauX SouSsiGnés

Est Comparu Le Procureur de la Commune

Lequel a Requis L EnreGistrement Lalecture Publication et aFFiche des Lettres Patentes du RoY du 23 Juin dernier Sur un décret de laSsemblée nationnalle Concernant La disme

Plus Le Procureur de la Commune Instruit que le né[nommé] Veron Cordonnier Et tambour de la deuxieme ComPaGnie de la garde nationnalle de la Ville de mamers auroit Fait du bruit et du taPaGe+ [ rajout à la fin de la requête du procureur de la commune : +Le Jourd’hier ] CheZ le Sieur Blondeau Gosnet  archer Garde dem En Cette ville a la maison du Sieur Beauvais Controlleur auX aïdes Requiert que ledit Veron Sera mandé Pour Comparoir a la Barre dëla municiPalité Pour aPrès avoir Eté Entendu Sur Les motiFs du Bruit quil auroit Fait et des Propos dePlacès quil auroit tenu CheZ Le  Sr Blondeau Et après quil En auroit Eté Convaincu a Etre Sermoné Par Mr Le maire Et a Ce que deFFense Soit Faitte audit Veron de tenir aucun Propos deplacés Contre qui que ce Soit nY Recidiver Sous les Peines quil aPPartiendra dont du tout il a Requis acte et a Signé Le Jourd’hier

                                                                                  Odillard

 

Nous officiers municipaux ordonnons Lenregistrement Lecture , Publication Et affiche Des lettres Patentes du 23 Juin dernier

Comme auSSi que Le nommé Veron tambour Sera mandé a La Requeste De Procureur De La Commune a Comparoir Devant nous Pour SeXPliquer Sur Les Faits a Luý ImPutés Et Les Propos quil auroit tenu Le quatorZe Du Present mois De Juillet chez Le Sr Blondeau gosnet Pour Sur Sa rePonse Estre Statué ce quil aPartiendra

Donné a Lhotel De Ville a mamers Le SeiZe Juillet 1790   Le CamuSat Maire»[3]

90-05-04 Pied Fourché



[1] Il en fut de même à Nogent-le-Rotrou où la fête tourna au vinaigre. Voir sur ce blog : http://www.nogentrev.fr/archives/2015/12/17/33081962.html.

[2] Ou peut-être le vendredi 16, il y a deux dates différentes qui figurent sur le procès-verbal retranscrit ci-dessus. Il se peut également que les requêtes du procureur aient été faites le 15 et les décisions prises par la municipalité, ou plus probablement par le seul  maire (tout au moins est-il seul à signer) le lendemain.

[3] AD72 1MI 1343 (R129).