Le 6 juillet 1790, la municipalité de Mamers sur réquisition de son procureur enregistrait les lois reçues. Mais auparavant ledit procureur demandait l’enregistrement des discours prononcés lors de la visite d’une délégation de la municipalité auprès de l’administration du district nouvellement élue pour en féliciter ses membres et de celui prononcé en retour par un membre du district. La visite de la délégation de la municipalité avait eu lieu le 29 juin 1790, vous trouverez à la suite de la délibération municipale le procès-verbal de cette visite consignée dans les délibérations de l’administration du district de Mamers.

 « [marge gauche milieu du feuillet 63 verso :

N.°89. Lois.

    L.]

Aujourd’huy SiX Juillet mil SePt Cent quatre vingt diX

Devant nous maire et oFFiciers municiPauX SouSsignés

Est Comparu Le Procureur de la Commune Lequel a Requis l Enregistrement du discours Prononcé Par monsieur Chaumat de Chaiseau Presidant du Bureau de district Lors de la visitte et dePutation Faitte Par au district Le -------------------------- Par trois oFFiciers municiPauX et 3 notables Pour les Complimenter Sur

Soixante quatr°

Le ChoiX des SuJets qui ComPosent Le district et de leurs Entrèe En activité

Plus Le discours Prononcé Par Me hardouin membre du district Lors de la visitte qui a Faite a lam Rendüe a la municpalité ledit Me hardouin En dePutation avec trois au[sic] membres du district Lesquels discours il auroit Eté dePosé CoPPie Sur le Bureau du GreFFe de la municiPalité a la Priere des officiers municiPauX et notableS

Plus Le Procureur de la Commune Requiert L EnreGistrement Et Lecture PublicatioN

1° de la Proclamation du RoY du 10 Juin 1790 Sur un decret de laSsemblée nationnalle Portant que Personne ne Pourra avoir Commendement de Garde nationnalle dans Plus d’un dePartement

2° de lettres Patentes du RoY du 13 Juin 1790 Sur le decret de laSsemblée nationnalle du 30 maY 1790 Concernant Les mendians dans Paris ou dans les dePartements  Voisins

3° Lettres Patentes du RoY du 13 Juin 1790 Sur le decret de laSsemblée nationnalle du 6 Juin 1790 qui RenvoYe Provisoirement Jusqua Ce quil En ont Eté autrement ordonné auX aSsemblées de dePartement La ConnoiSsance des Contestations et diFFicultés qui Pourroient s’elever En matiere d’ImPost direct

Desquels ComParutions Le Procureur de la commune à Requis acte et a SiGné

                                                                    Odillard

Enconsequence a Eté 

arresté que les discours de M.M. du chaseau et hardouin Seront EnreGistrés ainsi que Les decrets et Proclamation Cy deSsus dattés et même Publiés dans les lieuX accoutumés a mamers Le dit Jour et an

Treboil     Carel    Besniard     Le CamuSat Maire»[1]

90-07-06 1

90-07-06 2

Délibération du district de Mamers du 29 juin 1790 rendant compte de la visite d’une délégation de la municipalité de la ville pour féliciter les membres de cette administration nouvellement élue avec la retranscription du discours tenu ce jour par le procureur de la commune de Mamers:

« [ En marge gauche haut du feuillet 7 verso :

Visitte des

Officiers municipaux

De Mamers ]

Aujourd’huy Vingt Neuvieme Jour du Mois de Juin mil Sept Cent quatrevingt dix.

Le district assemblé, MM. les oFFiciers municipaux de Mamers ; ont fait demander par le Vallet de ville ; l’heure a laquelle ils pourroient Se présentez pour faire leur Visitte aux Membres du district, à L’instant deux de Ces Membres ont Eté Nommés pour Recevoir et introduire MM Dans L’aSSemblée MM. les officiers Municipaux qui peu de temp dont une députation Composée de Six membres est Entrée ayant a Sa Tête M.r le procureur de la Commune, qui a dit au Nom de Son Corps a Complimenté le district ; M.r le président a Repondu au Compliment de MM. les officiers Municipaux dont la députation S’est Rétirée, Reconduite par les deux Membres qui avoient Eté Nommés a Cet Effet, Mais avant leur Retraite M.r le Président a demandé au Nom de L’aSSemblée a M.r le Procureur de la Commune, qu’il voulut Bien, laisser Sur le Bureau, le discours honnête qu’il Venoit d’adresser au district et Sur le Champ M.r a L’instant M.r le Procureur de la Commune a La Mis Sur le Bureau le discours qu’il avoit prononcé, peu de temps après, une nouvelle Deputation de la Municipalite de Mamers est entrée et a demandé au Nom de la Municipalité que la Reponse faite par M.r le Président un des deux membres qui la Composoit a deman Prié au nom de la Municipalité M.r le président de vouloir Bien lui Remettre la Reponce qu’il avoit faite et M.r le Président a dit, que Son discours Seroit  incessament Remis a la municipalité, # [ rajout en fin de délibération : # Cette Députation Rétirée et Reconduite par deux membres nommés ] Ensuitte il a Eté arrêté que le Discours fait prononcé par M.r le Procureur de la Commune Seroit Transcrit Sur le présent Registre

Fait et arrêté au Bureau du district les Jour et an Susdits # Cette députation Retirée et Reconduite par les deux Membres Nommés ./. il a Eté Arrêté Encore que MM. hardouin et trois autres Membres du district, Rendront demain a la Municipalité de Mamers et au nom du district, la visite quelle a Faite Ce Jour et que M.r hardouin adresseroit au Corps municipal tous les Sentiments de L’aSSemblée du district.

 

Fait et arrêté au Bureau du district Les Jour et an Susdits.  Rayé quarante Six Mots ou Sillabbes Rayés Nulless./.     

F Fortin    C Foussard     Hardouin   Le Mercier

                                        No.re            membre

Duprey                 Chaumat Du chaizeau presid.t 

         P.rSindic                               

                                               Faribauls 

                                                Secrétaire

[marge vers le bas gauche du feuillet 7 verso :

Compliment ]

Monsieur Le  Président et MM.

Depuis Longtemps tous les Membres du Corps Municipal et des Notables de Mamers, attendoient L’orGaniZation du département pour notre province et du District pour Nos Cantons de Ce nouvel ordre d’Etablissement il doit decouler un Grand avantage pour tous les individus qui ÿ Sont Subordonnés.

La Répartition

Des impots et des Charges Sur les proprietaires et Sur les Personnes, ne Sera donc plus Soumise au Caprice d’un Seul homme, un intendant.

Les habitans de Mamers et des Environs Trop Eloignés du Centre de L’administration, pouvoient a peine Se faire Entendre et Souvent leurs Justes Réclamations Etoient oubliées dans les Bureaux ou mal interprétées, faute de protection ou de Connoissance auprès des agents du Fisc, Gagnés la plupart par Ceux dont les interests Etoient Contraires au bien des habitans de Ces Cantons.

Ils Sont donc arrivés Ces Jours Si désirés et qui Font L’espoir de Notre Bonheur.

Le Département est Organisé ; Sa residence Se trouve Fixée dans la Capitale de Notre province et Nous avons la Satisfaction de la voir Composé De Nos Citoyens, de nos freres, de Nos amis.

Il en est de même du district que Vous Composes, MM. et nous venons d’apprendre avec Grand plaisir que vous Etes En activité.

Déjà des le premier instant vous portés Vos Soins vers nos Besoins les plus pressant, quel avenir prospère N’En Devons nous pas augurer.

Membres du Conseil Général de la Commune de Mamers Nous avons Eté Députés par Elle vers vous, MM. pour Vous présenter Nos Respects et Nos Devoirs et pour avoir L’honneur de Vous Témoigner Combien Nous Nous Felicitons du Bon Choix que les Electeurs de Nos Cantons ont fait En Composant ainsi Notre District.

Nous ozons Nous Flatter que vous nous Regarderes et Nous Traiterés Comme vos Chers Freres et vos amis

L’armonie, L’union et la Concorde, Sont Bien nécéssaire pour le Bonheur des habitans du Même Paÿs, et Elles Sont déSirées depuis Longtemps, elles Regneront Entre les deux Corps, Nous L’esperons et Nous En attendons le plus Grand bien pour tous.

Vous Etes, Messieurs, Nos Mediateurs Entre le Département et Nous pour faire alleger le fardeau d’impôts et de tous Genres qui peZe Sur les habitans de Mamers depuis un Tres longtemps et pour faire Entendre Nos Justes Reclamations et nos plaintes Legitimes.

Et Nous en Nous occupant a En faire a En Faire la  la Repartition, le plus Equitablement possible Sur Chaque individu et Sur les propriétéS et en faiSant de Notre mieux, pour Maintenir le Bon Ordre dans Notre Cité, Nous ozons Nous flatter, MM. que Nous et Nos Concitoyens Nous Ne Verrons plus que de Beaux Jours, dont Vous Nous decouvres L’aurore.

Penetrés des Sentiments Nous Nous Empressons de Vous les Témoigner. »[2]


[1] AD72 1MI 1343 (R129).

[2] AD 72, L 477 feuillets 7 recto à 8 verso.