Le 23 germinal an III, jour du marronnier (dimanche 12 avril 1795), le conseil général de Nogent-le-Républicain tenait 2 délibérations. Il réorganisait les écoles primaires d’abords puis ensuite s’occupait des modalités de la surveillance des « anarchistes » nogentais.

 

Au cours de la première de ces délibérations, sur requête du district, il attribuait des locaux aux 3 instituteurs et aux 3 institutrices désignés par cette administration (le nombre d’écoles primaires était limité à 3 pour la ville de Nogent) et arrêtait que les anciens instituteurs et institutrices devaient libérer les maisons qu’ils occupaient pour le premier floréal an III (lundi 20 avril 1795). Les nouveaux enseignants étaient les citoyens Tortugier, Breton, et Binois et les citoyennes Cerceau fille aînée, Brière et Guerrier.

 

Le procureur du district écrit dans son courrier que son administration avait « […]confirmé la Nomination […] » des citoyens Totugier et Bréton à leurs postes actuels, on peut en conclure qu’au moins 4 enseignants (peut-être plus) étaient remerciés pour des raisons non-explicitées[1].

 

Une partie des anciens presbytères leur étaient attribués comme locaux pour dispenser leurs enseignements.

Ecole primaire autrefois

 

 

 

«[Bas du feuillet 20 recto]

 

aujourd’hui vingt trois germinal troisieme annéedela RépubliqueFrançaise une et indivisible

 

enl’assemblée permanente duconseil général dela commune de Nogent le Republicain cidevant leRotrou tenüe publiquement.

 

l’agent National adonné lecture dune lettre ecrite le vingt du Courant par celui prés cedistrict aux officiers municipaux de Nogent expositive que l’ad.on par Son arreté dudit jour vingt un germinal[2] a reduit atrois leNombre des ecoles primaires de cette commune, confirmé la Nomination des citoyens tortugier[3], Bréton instituteurs actuels etde Binois ancien professeur de College aux place d’instituteurs, et celle des citoyennes cérceau Fille ainée, Briere et guerrier auxplaces d’institutrices avec injonction Formelle auxSusnommés d’entrer en exercice deleur fonctions au premier Floreal prochain[4].

 

Ensuite du Référé cidessús ledit agent National a invité la Municipalité a S`occupper Sans désemparer du choix et distribution du local Nécéssaire a chacun dés instituteurs et institutrices : que assignation operée concurrement avec la Commodité Respectivé de chacuns des Sujets désignés et celle de cette cité leur devoit etre desuitte Notifiée pour par eux Remplir le vœu de l’administration et l’attente deleur concitoyens.

 

le conseil général déliberant Sur le Rapport cidessús, chacun des Membres presens ayant individuellement emis Son opinion Sur la quéstion a decider et l’agent National entendú enSes conclusions, il a eté unanimement convenú et arreté que les citoyens Bréton auroit pour lieu de Ses instructions le présbitaire deSaint hilaire, Binois le local du citoyen Bordeau, tortugier celui par lui occupé, et les citoyennes cereau lepetit présbitaire Saint hilaire, guérrier Saint laurent et Briere Notredame. qu’expedition dupresent leur Seroit individuellement adréssée : arreté en outre quil Seroit dans le jour dedemain Fait injonction aux instituteurs et institutrices actuels Reformés de cesser leur  instructions aupremier Floreal prochain devuider les maisons par eux occupée et affectées aleur Successeurs et aucquels Copie par extrait dupresent leur adressée ; dont acte :

 

[…] »[5]

 

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La seconde délibération était consacrée aux modalités de « surveillance » des citoyens désarmés et destitués de leur fonctions , soit le citoyen Beaudouin ancien procureur syndic de l’administration du district et tous les membres de l’ancien comité de surveillance de Nogent ( voir la séance du 5 avril 1795 en ce qui concernait Beaudoin ici et celle du 9 du même mois pour celle des membres de l’ex-comité révolutionnaire ).

 

Le conseil général arrêtait que lesdits « anarchistes » devaient se présenter tous les jours à leur municipalité[6] à neuf heures du matin afin d’y signer un registre destiné à ce faire.

Comité révolutionnaire 3

 

  « […Bas du feuillet 20 verso]

 

ensuite l’agent National a Rappellé au conseil les dispositions des articles 5. & 2. Des arretés duRepresentant du peuple Bernier envoyé en Mission dans cedepartement endatte des 10 & 14 du Présent Mois de germinal, consignées les 16 & 20 du meme Mois, Portant que Beaudouin ex agent prés ledistrict et les Membres des anciens Comités Revolutionnaire de cette commune Sont etdemeurent Sous laSurveïllance de cette municipalité devant laquelle ils Seront tenús  deSe présenter tous les jours aux heures qui Seront assignées par la commune &e&e. avec invitation d’en accelerer l’exécution etde déterminer les heures auxquelles les dits Susdénommés Seronttenús de Seprésenter

 

 

 

n.° 21 gp.

 

Conformement auvoeu du Representant dupeuple cidessús manifesté.

 

 

 

Le conseil général deliberant, vu les articles 5 & 2 des arretés Susdattés, l’agent National entendu, arrête que provisoirement et jusqu`à cequil en ait eté autrement ordonné les citoyens Beaudouin et membre del’ancien comité Revolutionnaire de cette commune Se presenteront tous les jours devant leurMunicipalité aNeufheures du Matin et trois heures de Relevé, Signeront Surun Registre a cedéstiné l’acte de leur comparution et executeront litteralement les dispositions des articles prémentionnés : et pour par eux Se conformer au présent arreté, le conseilgénéral arreté qu’expedition en Sera adresseé Separement a chacun d’eux, ensemble copie collationneé de l’arreté du Réprésentant dupeuple chacun pour cequi les concerne dont acte. en Rature cinq mots nuls.    Gpetibon

 

              J C Joubert       Caget       JSortais       A Jallon

 

Jjallon ainé          G Salmon    Beaugas Lejeune  Pi Chereault

 

ferrè Bacle

 

                                                 Tarenne             Boisard Lainé

 

                                                      Roger LeComte

 

 

 

                                          Tison

 

                                           Sre.»[7]

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[1] Cependant il n’est pas exclu que ces remerciements étaient peut-être liés au fait que ces enseignant étaient sans doute jugés trop attachés au régime de l’an II. Ce n’est qu’une hypothèse que pour l’instant nous ne pouvons étayer avec des documents, mais nous constatons qu’en ce mois d’avril 1795 la chasse aux « anarchistes », d’autres diront « la queue e Robespierre », était en marche à Nogent-le-Républicain (voir la seconde délibération de ce jour par exemple).

[2] Il doit y avoir une erreur dans la date donnée pour la lettre, il convient sans doute de lire que cette lettre était datée du vingt et un germinal an III et non du vingt.

[3] Il convient sans doute de lire Tortiger ou Tortigier.

[4] Soit le lundi 20 avril 1795.

[5] Archives municipales de Nogent-le-Rotrou, 1 D3.

[6] Certains pouvant être domiciliés hors Nogent (Margon par exemple).

[7] Archives municipales de Nogent-le-Rotrou, 1 D3.

 

réorganisation des écoles et surveillance des « anarchiste ».