Le 06 mai 1795 à Nogent-le-Républicain : fonds de fonctionnement de l’Hôtel-Dieu et de la maison des orphelins, paiement des armes déposées à la municipalité.

95-05-06 1 Orphelinat

Le 17 floréal an III, jour de la pimprenelle (mardi 06 mai 1795), à la demande d’un de ses membres le conseil général confiait à son agent national, Pierre Lequette, le soin de rapporter au citoyen Bernier[1], représentant en mission, à ce moment présent à Nogent, des requêtes : d’abord d’agir pour débloquer des fonds dus par la commission de secours publics pour le fonctionnement de l’hôtel-Dieu et de la maison des orphelins de la ville (18 000# tout de même) et ensuite de faire tout ce qui était en son pouvoir pour le paiement à leur propriétaires des armes déposées à la municipalité pour les défenseurs de la patrie.

Dans un second temps, sur l’intervention d’un autre membre, il était décidé de rédiger une pétition adressée à la commission des secours public sur le premier objet :  l’obtention des fonds nécessaires au fonctionnement de l’hôtel-Dieu et la maison des orphelins.

95-05-06 1 Hôtel Dieu

«[partie haute du feuillet 28 verso]

aujourd’hui dixSept Floreal troisieme annéedelarepublique Francaise une ϵt indivisible

ϵnl’assemblée Permanenteduconseil general delacommunede Nogent le rotrou tenüe publiquement.

Vn membre adit ; que la presence en cette cité du Représentantdupeuple Bernier Présentoit une occasion Favorable Pourinteresser SaSensibilité Sur la Situation delaMaison dieu et celle des orphelins : que de longtems ces ceux etablissement dépourvùs des Matieres les plus usuelles ϵt de Premieres nécéssité touchoient aleur ϵxtinction Sides Secours ProPortionnels aleurs Besoins réspectifs n’etoient Promptement administrés : que laMaison dieu considerée comme l’asile de l’humanité Souffrante et comme un Port assuré Pour l’enfant infortuné qu’une Pitié honteuse mais criminelle confie au hasard Présentoit le tableau le Plus effrayant. que depuis longtems cet azil etoit Presquedesert Par l’impoSsibilité Seùle depouvoir Subvenir aux dépenses journalieres que Nécessiteroit l’admission Dës aspirans : que depuis longtems les Nourrices annoncoient la remise prochaine des enfans naturelsdela patrie dont elles Sont chargeés par l’improportioŋ Notoire des deux livres au Moins du prix accordé avec la dépense : que leur reclamation etoit juste : mais quel’administration nypouvoit Faire droit : qu’une Somme d’environs dix huit mille etoit encor düe par la commissionde Secours Publics a ces enfans pourmois de Nourrices : que lamaisondes orphelins, non moins precieuse que le Prémier etablissement N’offroit pas une Position plus rassurante que

n.° 29. G.p.

depuis longtems elle n’existoit pour ainsidire que par artifice quelle touchoit aSaFin : que Bientôt elle neSeroit plus si une main Secourable ne la relevoit Sur le penchant deSa ruine :

le meme membre adit qu’un objet non moins important Surlequel il devenoit urgent de Fixer l’attention du representant etoit la valeur représentation [sic] des armes deposées a cette municipalité par differens proprietaires ϵt données Pour armer lesdefenseurs delapatrie : que le Prix leur en etoit dú, qu’on leleur avoit Fait ϵsperer, mais quils etoient encor a le recevoir ; etre autorisé, d’après etat gènéral, a Faire liquider le montant, que cetoit un acte dejusticedont on Devoit Solliciter l’exécution.

le conseil genéral prenant dans Sa plus grande consideration l’exposé cidessús, l’agent national entendú, arrête qu`expedition d’icelui SeraSur le champprésente au citoyen Bernier : chargeSon agent de ceSoin ϵt l’invite a Poursuivre l’obtention des differens chefs dedemande en icelui consignés dont acte.

ϵnsuite un Second membre adit que la prúdence des mesures cidessus proposées ϵt unanimement consenties par le conseil général n’obtiendroit qu’un resultat temporaire ϵt Purement de circonstance : qu’encor Bien que SonSentiment Fut le meme que celui du Prèopinant Sur le Matiere présente il estimoit N’anmoins Nécéssaire d’exposer Par une Petition adhoc, ala commission desSecours Public, les Besoins urgents ϵt respectifs de ces differens etablissemens : depresenter cette Supplique aucitoyen Bernier Pour avoir Son attache.

le conseil général adoptant la Sagesse de cet observé, l’agent national entendú, arrête laredaction dela Petition Prementionnée ala commission des Secours Publics : dont acte.  

j jallon ainé           Gsalmon               Ajallon

                    P.re Lequette

                     P.r de la C[2]

                   Tison

                   Sre.»[3]

95-05-06 1 vue 1

95-05-06 1 vue 2

 


[1] Louis Toussaint Cécile Bernier, député à la Convention de la Seine-et-Marne que l’on pourrait rattacher à la Plaine du point de vue politique. Il fut envoyé en mission dans Eure-et-Loir et dans l’Eure le 12 pluviôse an III (31 janvier 1795) pour le ravitaillement de Paris. Sa mission devait se terminer le 4 messidor an III (22 juin 1795).

[2] Pierre Lequette semblait un peu perdu dans ses fonctions, il n’était plus « procureur de la commune » mais « agent national près la commune ».

[3] Archives municipales de Nogent-le-Rotrou, 1 D3.