Nogent Orphelinat aujourd'hui 2

Le 18 floréal an III, jour de la corbeille d’or (mercredi 07 mai 1795), l’agent national près la commune de Nogent déposait sur le bureau du conseil général la pétition à la commission des secours publics qu’il avait été chargé de rédiger lors de la séance de la veille, (06 mai 1795, voir ici). Le conseil général approuvait cette pétition mais décidait de la soumettre, avant de l’envoyer à ses destinataires, au citoyen Bernier, représentant en mission présent à Nogent, afin d’en obtenir son appui.

95-05-07 1 Hôtel-Dieu

«[Bas du feuillet 29 recto]

aujourd’hui dixhuit Floreal troisieme année delarepublique Francaise une ϵt indivisible

ϵnl’assemblée Permanentedu conseil generaldelacommunede Nogent le rotrou tenüe publiquement.

ϵn conséquence del’arreté Pris dans laSeancedujour d’hier, l’agent National a remis Sur leBureau la pétition adresseé ala commissiondes Secours publics au Nom des officiers municipaux ϵt administrateurs des Maisons dieu ϵt des orphelins : ϵtdont Suit la teneur.

 

aux membres composants la commission des Secours

publics                                                                            

 

les officiers Municipaux deNogent, administrateurs [mot non déchiffré[1]] des maisonsdieu ϵt orphelins de leur commune viennent ϵxposer a votre justice que ces deux etablissements touchent malheureusement a leur ϵxtinction Sivotre Sollicitude ne leur porte des Secours respectifs ϵt proportionnels a leurs Besoins : Pour mettre aportée dejuger du degré de consideration dont est Suscéptible leur reclamation, ils vont mettre Sous vos yeux le tableau Succinct des revenús affectés cidevant a chacundeux ϵt celui des traitements qui leurs Sont alloués depuis le Nouvel ordre des choses.

ϵn ϵffet, la maisondieu, l’asile del’humanité Souffrante ϵt l’indigence, le Port assuré de l’enfant a qui lahonte Barbare ϵt criminelle refuse les Soins dela Maternité, jouissoit annuellement enrevenus immobiliers d’environ vingt mille livres : unSecond revenu en nature produit des Faisances[2], donnoit encor un quinzieme de cetteSomme : cet etablissement alors n’avoit aSa charge que trentedeux lits : aujourd’hui il en a cinquante ; ϵt les Secours que lui départit legouvernement neSont pas a Beaucoupprés en proportion deSesdépenses : les tems neSont Plus les Memes ϵt le prix dela con᷈mation[3] a quadruplé : la maisondieuconsidérée comme la retraite des enfans naturels delapatrie n’offre pas une position plus Rassurante : il etoit alloué par mois, pour chacun d eux, a l’ ϵpoque dela révolution, une Somme de huit livres : aujourd’hui lajustice Frappe d’insuffisance cette retribution : le Prix commun du Païs est de vingt a vingt cinq livres : aussi les Nourrices ne veulent elles plus de ces enfans Si on ne lesSalarie comparativement avec la cherté ϵxcessive des denrées.

L’etablissement des orphelins, ou l’asile de l’enfant infortuné privé des auteurs de Son ϵxistence avoit annuellement pour Subsister un revenu de trois mille livres : cette Somme quoique modique, mais Soutenue des Bienfaits dequelques particuliers Suffisoit alors aSes Besoins : depuis que Ses Proprietées Sontdevenües celles dela Nation il ne touche Plus rien : il n’a Pas meme encor recù aucun provisoire ϵt cépendant il a aSa charge vingtdeux enfans ϵtdeux Supérieures Pour lesdiriger :

Telle est la Position critique de ces deux etablissements dont l’utilité Publique aPPelle impérieusement ϵt Sous tous les rapports la conservation.

les ϵxposans ne peuvent vous taire que depuis longtems ils

 

n.° 30. g.p.

n’existent pour ainsidire que par artifice : ils touchent aleur Fins : Bientos ils neSerontplus que deNom Si une main Secourable ne les releve sur le penchantde leur ruine.

chargés dela repartition des Bienfaits dela Munificence Nationale les ϵxposans ont la présomptueuse assurance que leur reclamation Seront ϵcoutées et que votre Studieuse Sensibilité S’empressera de Seconder leurs ϵfforts qui n’ont pour But que le Soulagement ϵt la reparation dela nature affligée dans une portiondeSes ϵnfans.

Le conseil genéral approuvant le contenú delaprésente petition, l’agent National entendú, arrete quelle Sera adressée ala Commissiondes Secours publics apres avoir eté Soumise au Représentantdupeuple Bernier qui Sera invité de l’appuyer detout Son pouvoir : dont acte.

j jallon ainé           Gsalmon               Ajallon

            P.re Lequette

              P.r de la C[4]

 

                   Tison

                   Sre.»[5]

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[1] Peut-être une abréviation pour : « Nommés ».

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[2] Faisances : actions de faire valoir une parcelle de terrain.

[3] Abréviation pour « consommation ».

[4] Pierre Lequette semblait un peu perdu dans ses fonctions, il n’était plus « procureur de la commune » mais « agent national près la commune ».

[5] Archives municipales de Nogent-le-Rotrou, 1 D3.