1. Chasles à Nogent[1].

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Nicolas Bonnet, évêque constitutionnel d’Eure – et – Loir, affecta Chasles à Nogent – le – Rotrou en mai 1791. Ce dernier avait été  élu principal du collège de Nogent et chapelain de l’Hôtel – Dieu par l’assemblée électorale du district le 6 mars 1791. Il remplaçait Deniau qui s’était attiré les foudres des autorités constituées locales par la protection un peu trop voyante, qu’il apportait aux prêtres réfractaires. Le 11 juin 1791, Chasles comparaissait devant la municipalité de Nogent. Le lendemain,  jour de Pentecôte, il était solennellement installé dans ses fonctions :

« Aujourd’hui onze Juin mil Sept cent quatre vingt onze dans l’aSsemblée  du conseil municipal de la Ville de noGent le rotrou. Est comparu M. Pierre Jacques Michel Chasles l’ainé prêtre cy devant chanoine de tours lequel a deposé Sur le bureau un acte contenant provision a lui accordée de chapelain de l’hôtel dieu et de principal du collége de nogent a lui accordées par M. Bonnet evêque du département d’Eute & loir par acte du dix huit mai dernier passé devant M.e crochard notaire et faiSant fonction de Secretaire de Mondit Sieur Bonnet les dites provisions expédiees Sur la production du procés Verbal de l’aSsemblée electorale du district de nogent du SiX mars dernier contenant election de la perSonne dudit Sieur Chasles, et de celui de la même aSsemblée du  Vingt Sept dudit mois contenant proclamation de la dite election, enSemblé d’un arrêté du directoire du diStrict du Sept mai préSent mois qui constate que Ledit Sieur Chasles est tenu de réunir la fonction de principal à celle de l’hôtel Chapelain de l’hôtel dieu ; en conSequence a requis ledit Sieur Chasles que M. M. les officiers municipaux procedaSsent à Son Installation les jour lieu et heure convenable.

Surquoi le corps municipal oui Son procureur de la commune, communication priSe des pièces enoncées et la requiSition cy deSsus, penetré de la plus vive SatiSfaction, et obtemperant  au requiSit au désirs des repreSentations dudit Sieur Chasles, a arrêté, d’après lui en avoir  conferé, de proceder à Son installation demain douze du preSent en l’eglise de l’aumone de cette ville neuf heures du matin, en conseque a cet effet a ordonné que M. le commandant de la garde nationale seroit requis de mettre Sous les armes les quatre compagnies en ordre de marche demain Sept heures et demies du quel requiSitoire M, le maire demeure chargé. Un mot rayé nul.              

 P. J. M. Châles                                    Baudoüin

   //. J. crochard                          P.re   Lequette       baugars

          Maire                                    P.r de la C.

                                                                                     Fauveau

                                                                                           S.re »[2]

 

Cet ancien enseignant du collège Pocquet de Chartres, avait fondé un journal, Le Correspondant ou Journal du Département d’Eure-et-Loir, qui s’était très vite trouvé en concurrence avec Les Annonces, Affiches, et Avis divers de Chartres, et du département d’Eure-et-Loir imprimé par Jean-François Lacombe. Ce dernier accusa Chasles d’être tout simplement un contre-révolutionnaire, la querelle pris de l’ampleur du fait des attaques répétées de Lacombe, le journal de Chasles finissant par être considéré comme l’organe des Feuillants de la région chartraine. Cette réputation lui collera longtemps à la peau et sera régulièrement utilisée pour le disqualifier lorsqu’il siègera à la Convention dans les rangs des montagnards les plus radicaux à partir de novembre 1792.

En arrivant à Nogent, Chasles changea d’options politiques et se rangea dans le camp patriote radical en même temps qu’une partie de sa famille chartraine. Cette conversion politique ne peut être suspectée de manque de sincérité, Chasles ne fut pas le seul patriote à effectuer  ce tournant radical durant l’été 1791, d’autant que par la suite il resta fidèle à ces opinions même à des époques où elles n’étaient plus dans « l’air du temps ».

Il arrivait dans une ville au sein desquelles les tensions politiques étaient fortes dès 1790 et s’étaient renforcée encore suite aux agissement des prêtres réfractaires soutenus par les anciennes élites. Le camp patriote se mobilisant massivement en défense de la révolution ou pour honorer ses hérauts. Ainsi en avril 1791, la municipalité de Nogent arrêtait d’organiser une messe, en l’église Saint Jean le jeudi 14 avril à neuf du matin, en l’honneur de Mirabeau qui était décédé le 2 avril, et d’y convier les membres du directoire et du tribunal du district ( voir la délibération  en annexe 1 ). Le 14 juillet 1791 fut bien sûr l’occasion d’une fête patriotique ( voir la délibération municipale  en annexe 2 ) ainsi que l’adoption par l’assemblée de la constitution ( voir la délibération en annexe 3 ).

Les Nogentais quant à eux manifestaient de façon moins réservée leurs convictions patriotiques à tel point que  le lundi 2 mai 1791 la municipalité fut contrainte d’interdire les assemblées nocturne au cours desquelles des chansons patriotiques étaient chantées, même si elle en approuvait l’esprit :

« Dans ladite Assemblée Le procureur de la Commune a observé quil avoit été Instruit que plusieurs citoyens Se raSSemble s’étoient  raSsemblés hier au Soir et avoient chantes des chanSons très patriotiques, sur quoi observant ledit procureur que ce Zéle un peu trop outré pouvoit avoir des Suites dangareuSes, en mettant a portée les ennemiS du bien public d’attribuer a ces attroupements de braves Citoyens les tumultes qui pourroient arriver, pourquoi Il a requis que ces aSsemblées de nuit FuSsent defendues.

Sur, le procureur de la Commune entendu, le Corps mp.al a arrêté de defendre ces aSsemblées pendant la nuit dont acte. »[3]

 

Dès son arrivée à Nogent, Chasles adhérait à la Société des Amis de la constitution qui venait de se créer au mois de mai, société dont les réunions se tinrent dans l’église de la collégiale Saint Jean de Nogent à partir de septembre 1791 ( voir l’annexe 6 ci-dessous ). Il en devint rapidement un des membres les plus actifs. Fin juin, il était élu président de cette société. Le 30 de ce mois de juin 1791, cette Société envoyait une députation auprès de la municipalité afin d’obtenir l’autorisation, pour ladite société, de se procurer un canon vu les circonstances. Ce à quoi la municipalité acquiesçait ( voir en annexe 4 la délibération municipale en question ). Quelques jours plus tard, la 4 juillet 1791, un nouvel délégation de la même société, dont faisait partie Chasles lui-même, venait dénoncer certains particuliers qui pourraient avoir des projets pervers :

« Aujoud’hui quatre Juillet mil Sept cent quatre vingt onze dans l’assemblée du conSeil municipal de la ville de Nogent Le rotrou sont comparus M. M. Chasles Lefebvre Daupeley Fils la  Mosere des amis de la conStitution et deputés. les quatre nous ont declaré qu’ils avoient pris par la VoiX publique que differents particuliers avoient differents canauX qui partoient de leurs caves et Se rendoient pour les edifier de cette dans differents endroits, quil étoit à craindre que ces particuliers ne profitaSsent de ces eXcavations pour mettre a eXécution quelques projets pervers pourquoi Ils requieroient que m. m. les officiers municipaux prissent les meSures convenables  pour anéantir ces moyens et en empecher l’usage,  et s’enreferant ala Sagesse et au civiSme connus de m. m. les officiers municipaux pour l’éXecution. Un mot rayé nul.

                                 Lamosere de pruneville            Chasles

JJ. J. Daupeley Fils                                                      ppal

                                 Lefebvre chirurgien

        Dagneau

                                     Fauveau              P.re Lequette

                                      S.e                                P.rde la C. »[4]

Dénonciation pour le moins étrange mais la  délibération municipale du samedi 9 juillet suivant permet d’en comprendre les tenants politiques. En effet, ce jour-là, Guérroult des Chabottières, commissaire du roiauprès du tribunal de district, venait se plaindre auprès de la municipalité d’avoir été menacé dans sa propriété et sa personne, et demandait que l’administration communale prisse les mesures nécessaires propres à assurer sa sûreté ( voir en annexe 5, la délibération ). Il y a peu de doute que la dénonciation des Amis de la Constitution visait le sieur Guérroult et sans doute d’autres considérés, avec raison, comme opposés au cours des évènements en cette année 1791.

Le 22 août 1791, Chasles se présentait devant la municipalité pour rendre compte du discours que en tant que président des jacobins de Nogent il venait de prononcer en l’honneur des soldats morts à Nancy ( voir annexe 7  ), soulignons qu’à cette époque n’étaient à l’honneurs que les troupes ayant réprimées la mutinerie des soldats Suisses de Nancy, Chasles rendait hommage à tous les soldats morts dans l’affaire de Nancy alors que les mutins ne seraient blanchis qu’au printemps 1792, notamment lors de la fête de la Liberté organisée à Paris le 15 avril 1792. Chasles s'était même permis de "[...] rappellé à la mémoire des gardes nationauX de cette ville  avec une eloquence auSsi mâle la grandeur d’ame et l’heroiSme de leurs freres d’armes qui ont sacrifié leur vie pour le Salut de la patrie[...]", or la garde nationale de Nancy s'était solidarisée avec les mutins dans sa majeure partie.( sur cette affaire et la mobilisation qu’il suscita dès 1790 dans le canton d’Authon-du-Perche voir l'article de ce blog. )

Le 5 septembre 1791, il se présentait à nouveau devant la municipalité de Nogent afin de lui demander de faire les travaux de réparation du collège de la ville, preuve s’il en était qu’il comptait bien exercer son activité d’enseignement. La municipalité lui répondait qu’elle n’était pas en mesure de financer ces travaux et décidait de soutenir la demande du principal du collège auprès des autorités supérieures ( voir la délibération en annexe 8 ).  Il n’y eut jamais de réponse, Chasles se trouvait à la tête d’un collège sans élèves car en état de délabrement avancé.

Le même jour, la Société des Amis de la  Constitution de Nogent avait délégué quatre de ses membres afin de solliciter l’autorisation de mettre en place une caisse patriotique afin d’échanger les assignats auprès de la municipalité, ce que cette dernière accepta :

« Aujourd’Hui Cinq Septembre mil Sept cent quatre vingt onze  dans l’assemblée du bureau municipal de la ville de Nogent le rotrou Sont comparus les Sieurs Giroust Pruneville tradiveau deputés par l’aSSemblée des amis de la constitution les quels ont déclaré quils ont declaré que la Société desiroit pour le bien public établir une caiSse patriotique pour l’echange des aSsignats, en consequence qu’ils requiéroient au nom de la dite Société l’autoriSation Du corps municipal pour cet etabliSSement,

Surquoi le corps municipal, rendant hommage au Zele constant de M.M. les amis de la Constitution, les autoriSe D’établir une caiSSe d’echange sous la responsabilté des signataires + dont acte ./. + de l’acte de la Societé

J. Marguerith          Giroust            Lamosere                Tardiveau

                                              Dagneau                          baugars

Baudoüin                  Gallet Fils                              

                                                                                P.re Lequettte

                                                                                   P.r de la C.

                                                 Fauveau                                                     

                                                    S.»[5]

 

 Au début de l’automne,  Chasles était à la tête d’une Société Patriotique. Qu’était devenue la Société des Amis de la constitution ? Il s’agissait, sans doute, de la même société sous une autre dénomination. Nous savons que, suite à la fuite du roi fin juin 1791, la partie le plus modérée des jacobins nogentais s’était retiré de la société. Ce fut grâce à l’activité de cette Société Patriotique qu’il accéda à la place de maire de Nogent le 13 novembre 1791.


Annexe 1 : Délibération de la municipalité de  Nogent du 9 avril 1791organisant la cérémonie en l’honneur de Mirabeau.

« Ce Jourd’hui neuf avril mil Sept cent Quatre Vingt onze Dans l’aSSemblée du conseil municipal de la ville de Nogent lerotrou. les officiers munipauX vivement toucHés de la mort de M. de Mirabeau estiment que les Sublimes travauX Dont la nation [ un mot rayé illisible ] lui eSt redevable sont des motiFs puiSsants pour determiner la mp. à faire celebrer en [ un mot rayé illisible ] mémoire de ce regenerateur  la liberté FrançaiSe un service accompagné de la plus grande pompe en conSequence ont arreté d’inviter M. M. les membres du directoire et du tribunal a Se trouver à cette Ceremonie que l’esprit du plus pur civiSme et de gratitude leur a Inspirés, la quelle sera celebrée Jeudy. procHain neuf heures du matin en l’eglise de S.t Jean, et ont les oFFiciers municipauX arreté qu eXpedition du PreSent sera adreSsé a M.M. du Directoire et du tribunal  dont acte : un mot rayé nul.

Baudoüin          baugars            P Nion       P.reLequette      //. J. Crochard

                                                                   P.r de la Ce                maire

VaSseur                                                                       Fauveau

                                                                                          S.tr »[6]

 

Annexe 2 : Délibération de la municipalité de  Nogent du 13 juillet  1791 portant sur l’organisation de la fête « obligatoire »  du 14 juillet.

« Aujourd’hui ce treize juillet mil Sept cent quatre Vingt onze dans l’aSsemblée du  conSeil municipal de la ville de nogent Le rotrou . Le procureur de la commune a obServé que les avantages inappreciables dont nous Faisoit Jouir la conStitution lui paroiSSoient des motifs + [ en marge : + puissants ] inappreciables pour conSacrer la journée du quatorze juillet+ [ en marge :+ ala joie et à l’allegreSse ] epoque à la quelle nous avons conquis nos libertés qui nous est Si précieuSe, en conséquence a requis que le corps municipal enjoignit sous peine de priSon a tous les citoyens actifs et fils de citoyens actifs de Se trouver Sous les armes sur la place en armes neuf Heures du matin.

 Surquoi Le conSeil municipal a arrêté d’ordonner a tous les citoYens actifs et fils de citoYens actifs de Se trouver demain a neuf heures du matin sur la place et en armes , d’enjoindre en outre a toutes perSonnes D’illuminer ses croiSées la nuit – dudit Jour quatorze, et enfin de defendre a toutes personnes de quelque qualité de travailler pendant ledit Jour, sous peine de priSon. dont acte

                                                                       /./ J. Crochard       VaSseur

                                                                                Maire

Fauveau                    baugars                                            P.reLequette      

                                                                                             P.r de la C

                                                                               Baudoüin »[7]

 

Annexe 3 : Délibération de la municipalité de  Nogent du 16 septembre  1791 portant sur l’organisation de la fête pour la constitution.

« Aujourd’hui seize Septembre mil Sept cent quatre vingt onze dans l’assemblée du conSeil municipal de la ville de NoGent le rotrou. Le procureur de la commune a Fait rapport d’une copie de la lettre Du roY portée à l’assemblée nationale par le ministre de la Justice le treize du courant, portant acceptation pure et simple de la constitutioN décrétée par l’assemblée nationale, 2.° d’une expedition d’un arreté du département en date du Jour d’hier contenant que cette acceptation ne pouvant être trop promptement connüe des François , puisqu’elle assure le bonHeur de la nation, & affermiSSement de la conStitution et de la tranquilité publique, il est abSolument Indispensable de faire publier avec toute la celerité possible cette lettre qui doit repandre une Joie universelle dans toutes les villes, en date du Jourd’hier ! – 3° d’un arreté du District qui eXprime la Satisfaction que lui a cauSé une nouvelle auSsi IntéréSSante, et par lequel ce corps administratif invite la municipalité a faire telle rejouiSSance publique qui Seront en leur pouvoir et a requis EXecution des dits arrêtés.

SurquoY Le conseil municipal, oui son pröcureur de la commune, Vont desirant partager [ deux mots rayés illisibles ] la satisfaction qu’on éprouvés les cops administratifs d’une nouvelle aussi agréable qu’intéréssante, Considerant en outre que cet acte qui doit repandre une joie universelle dans tous les cœurs puisqu’il assure l’existence d’une constitution qui doit fait les delices du françois, va en même temps renverser ces Sistémes d’abolition d’un edifice aussi précieuX, et detruire Jusqu’à la racine les germes de division qui troubloient toutes les parties de l’empire, a arrête de faire faire un feu de joie sur la place+ et d’y faire un chant et d’engager les  prêtres de cette ville a Y chanteer un te deum, d’y inviter enfin tous les corps civils et administratifs, et de requerir la preSence de la garde nationale dont acte. + d’ordonner une illumination Sous peine d’amende. cinq mots rayés nuls.

ProuSt                      baugars                  Baudoüin                  Gallet Fils

                                 Dagneau                                  P.re Lequettte       

                                                                                   P.r de la C.   

                 Fauveau

                   S.re »[8]

 

Annexe 4 : Délibération de la municipalité de  Nogent du 30 juin  1791. 

« Ce Jourd’huitrente Juin mil Sept cent quatre vingt onze dans l’aSsemblée du conSeil municipal de la ville de noGent le rotrou sont comparus M. M. Dugué le jeune, Braule [ ? ], Goislard, Dambreville Daupelay le jeune deputés pour M. M. les amis de la conStitution lesquelq ont declaré au nom de la dite assemblée qu’ils prioient  M. M. les officiers municipaux de vouloir leur permettre d’acquerir des canons qui peuvent se concilier avec les loix et les circonstances.

Sur quoi le conseil municipal, oui son procureur de la commune, a arrêté de temoigner sa reconnoiss le Sentiment de se reconnoiSsance a M. M. les amis de la constitution de leurs demarches patriotiques, qu’il les à en effet [ rature ] autorisé M. M. les amis de la constitution à employer les moyens que leur prudence leur suggere pour parvenir au but qu’ils se proposent. Un mot rayé nul. Deux mots rayés nuls.

Daupeley                        Goislard fils                              Dambreville

                     Braule                                    Duguelej fils

//. JJ. Crochard

   Maire./.                        Baugars             GalletFils                     VaSseur                           

Baudoüin                   Fauveau                P.re Lequette 

                                                                    P.rde la C. »[9]

                  

Annexe 5 : Délibération de la municipalité de  Nogent du 9 juillet 1791.

« aujoud’hui neuF juillet dans L’aSsemblée du Corps municipal est. Comparu Le Sieur Gueroult L’ainé CommiSsaire du roÿ qui a dit qu’ayant été menacé dans Sa proprieté et Sa personne et Comme Cytoÿen etant Sous la protection de la Loi il venoit faire Sa declaration au Corps municipal en le priant de vouloir bien prendre Les mesures neceSsaires et que Sa Prudence Lui dictera pourqu’il ne Soit porté atteinte nia l’une ni a l’autre et a Signé avec notre Secretaire GreFFier

                                 /./ Gueroult des chabottieres

 

Et Ledit Jour, Le Corps Municipal, ayant pris En Considération L’Exposé de Mondit Sieur Gueroult et attendû qu’en Conformité Des Décrets De L’aSsemblée Nationalle, Les propriétés De Tous Les Citoyens Doivent Estre Sauves, Et Surveilles a Conclu Et DeciDé Qu’il Séroit Consigné a la Sentinelle De Devant Les Ormes portes Son attention particuliere a Ce que perSonne Ne Troublât En façon Quelconque La propriété DuDit Sieur Gueroult, Ainsît En façon Quelconque La propriété DuDit Sieur Gueroult, Ainsi que Celle de Tout Citoyen, Et Ce D’apres avoir Entendu Le procurueur De La Commune, qui a Signé avec Nous Et Nôtre Greffier dont acte.//

                                                                                 J. Crochard   baugars

                                                                                      Maire

Proust     P.re Lequette     J. matgueritH

                P.r de la C.                                                             Fauveau

                                                                                                    S.re »[10]

 

Annexe 6 : Délibération de la municipalité de  Nogent du 7 septembre 1791.

« Aujourd’hui Sept Septembre mil Sept cent quatre vingt onze dans l’assemblée du conSeil municipal de la ville de NoGent le rotrou est  comparû  le S.Giroust député par la Société des amis de la ConstitutioN lequel a exposé que la Société venoit d’obtenir la permission de l’administration du district de tenir Ses séances dans l’egliSe de S.t Jean, qu’à ce moyen elle desiroit  que la municipalité autoriSat le ralliement de Ses membres et des auditeurs qui les Suivents ordinairement en ce lieu, et a Signé

Sur quoi, Le conseil municipal, oui le procureur de la commune, a arrêté d’obtemperer à la petition des amis de la Societé eXprimé par l’organe du S. Giroust lun de Ses membres relativement au raSsemblement dans l’eglise de S.t Jean, dont acte./.

 Baugars                       Proust                              J. Marguerith          

Dagneau                                  VaSseur                          Gallet Fils         

                                     P.re Lequettte                        

                                         P.r de la C.

                                                                                    Fauveau                  

                                                                                        S.e »[11]

Annexe 7 : Délibération de la municipalité de  Nogent du 22 août 1791.

« et à l’instant est comparu le S. Chales president de la Société des amiS de la ConStitution lequel nous a requis de lui accorder acte du discours qu’il vient de prononcer Sur l’autel ou a été celebré le Service pour le repos des  Freres d’armes morts à Nancy ;

a quoi les officiers municipaux ont repondu quils ne pouvoient trouver d’eXpression assez energique, pour  feliciter le S. Chales de son discours  d’avoir developpé danS son discours les principes de la liberté, de l’egalité, de l’union, et de l’amour des loiX avec autant de préciSionn d’energie ; et de moderation, + en conSequence quils lui accordoient acte du depos quil faiSoit de la minute dudit discours. au greffe de cette municipalité ; dont acte.

+ du depôt qu’il entendoit Faire. ++ et d’avoir rappellé à la mémoire des gardes nationauX de cette ville  avec une eloquence auSsi mâle la grandeur d’amenet l’heroiSme de leurs freres d’armes qui ont sacrifié leur vie pour le Salut de la patrie.

     J. Marguerith                           Baudoüin

P.re Lequette                                                             /../ fortin le

p.rde la C.                              baugars                  Fauveau

Dagneau                                                                 S.e »[12]

 

Annexe  : Délibération de la municipalité de  Nogent du 5  septembre 1791.

« Et ledit Jour audit an dans ladite aSSemblée est comparu le S. Châles principal du collége de NoGent le rotrou lequel a déclaré qu’etant dans les dispositions les plus Fermes de mettre le collège de la dite ville en activité + [ en marge : + autant qu’il dependra de lui ], il requieroit le corps municipal de Faire Faire les reparations les plus nécéssaires et les plus urGentes à la maiSon dudit collége ;

Et à l’instant M. Le maire a repondu que cette Ville etant oberée depuis plusieurs années en ne Sachant trouver aucun moyen non Seulement pour subvenir au payement des dettes qu’on a laiSSées au corps municipal actuel, mais même aucunes reSsources pour subvenir auX besoins les plus preSants relatifs à l’adminiStration de l’hôtel commun, qu’avant de pouvoir Statuer sur la demande du S. Châles principal de ce collége il convenoit d’en communiquer a M. M. du directoire de ce District pour par euX après l’avis du directoire du département etre Statué Sur ce qui Sera bon et a Signé..//

                                                           .//. J. Crochard

                                                                   Maire

Surquoi le corps municipal, oui le procureur de la commune, mais même aucunes reSsources pour subvenir, mais même aucunes reSsources pour subvenir [ sic ], prenant en considération la petition de la petition du S  Châles, a arrêté d’inviter M. M. les adminiStrateurs du directoire du district de prendre en Consider de Solliciter du département de vouloir bien autoriSer l adminniStration municipale a Subvenir auX frais de l adminiStration provincialle du diStrict auX depenses qu’eXigE imperieusement l’etat defecteux de la maiSon du collège de nogent, dont acte. trois mots rayés nuls.

Baugars                Gallet Fils           J. Marguerith            Baudoüin

Dagneau                                                             P.re Lequettte

                                                                              P.r de la C.

                                                 Fauveau                                                     

                                                    S.e »[13]

 



[1] Pour une biographie détaillée de J. – P. – M. Chasles et une analyse de ses conceptions politiques nous renvoyons le lecteur à l’onglet Chasles de ce blog. ou alors à la seule biographie éditée à ce jour : Cl. PICHOIS, J. DAUTRY. Le Conventionnel Chasles et ses idées démocratiques. Aix – en – Provence, 1958, in 8°, 160 p.

[2] Archives municipales de Nogent-le-Rotrou, 1D1 feuillet 126.

[3] Archives municipales de Nogent-le-Rotrou, 1D1 feuillet 186. Nos sources ne précisent pas  ce qui avait motivé cette assemblée patriotique, nous savons seulement que ce fut à peu près à ce moment, le printemps 1791, que se mettait en place à Nogent une Société des Amis de la Constitution, plus connue sous le nom de société des jacobins.

[4] Archives municipales de Nogent-le-Rotrou, 1D1 feuillets 137 et 138. Signalons que lors de sa séance du 29 juillet 1791, la Société des Amis de la Constitution de Paris accordait l’affiliation à «  une société de Nogent » ( AULARD, F.-A. Recueil de documents pour l’histoire du club des jacobins de Paris. Tome III, p. 59 ).

[5] Archives municipales de Nogent-le-Rotrou, 1D1 feuillets 151. Cette délégation était reçu juste avant Chasles.

[6] Archives municipales de Nogent-le-Rotrou, 1D1 feuillets 98 et 99.

[7] Archives municipales de Nogent-le-Rotrou, 1D1 feuillets 138 et 139.

[8] Archives municipales de Nogent-le-Rotrou, 1D1 feuillets 158 et 159.

[9] Archives municipales de Nogent-le-Rotrou, 1D1 feuillets 133 et 134.

[10] Archives municipales de Nogent-le-Rotrou, 1D1 feuillet 138.

[11] Archives municipales de Nogent-le-Rotrou, 1D1 feuillets 155 et 156.

[12] Archives municipales de Nogent-le-Rotrou, 1D1 feuillet 148.

[13] Archives municipales de Nogent-le-Rotrou, 1D1 feuillets 151 et 152.