Septembre 1793jpgDans sa délibération du mercredi 9 septembre 1793, la municipalité de Nogent délibérait à nouveau sur les subsistances  en envoyant une pétition au département ( ce qui lui permettait à l’occasion de souligner les difficultés de coopération entre l’administration du district et celle de la commune ) :   93_09_09

 « Suit la Tenueur de la PétitioN adressée par la Commune de NoGent Le Rotrou au déPartement d’Eure & Loir

Le neuF Septembre 1793

Le Conseil Général de la Commune De NoGent le Rotrou va donc encore rétracer au déPartement d’eure & Loir l’affreuse situatioN où il se trouve rélativement auX Subsistances aFin de le Convaincre de l’imPuissance publique où Il Se trouve la commune de NoGent de réaliser l’aPProviSionnement nécéssaire à Ses Habitants sans le Secours de quelques moYens eXtraorDinaires et que l’autorité dePartementale peut Seule ordonneR.

Nogent comme on le Sait, est une ville eXtremément PoPuleuSe ; Ses ressources industrielles consistoient dans la FabricatioN d’étamines ; ses ressourceS Industrielles  consîtent Dans la Fabrication d’étamines [ sic ] ce commerce qui auGmentoit multiplioit les ramicaTion [ sic ] de Son Commerce Jusqu’à l’infini ; cette fabrication a eprouvé une chute Subite dans la SuppreSsion du Costume Religieux et dans l’interceptioN des rélations Commerciales avec l’Espagne & l’Italie, qui Faisoient Son principal débouché ; de Sorte que Ses habitants se trouvent partie Réduits à une fortune mediocre, partie à un état de détreSse qui ne leur permet aucun genre de Sacrifice, et Partie a la plus déplorable des miséres.

Le ConSeil Général au commencement de mai voyant que Son marché étoit abSolument dépourvu a Cru devoir pratiquer les mésures dont lui avoient ofFert l’exemple  des Grandes villes, Qui consistoit dans l’impot Sur les riches ; NoGent a donc puisé dépuis Cette Epoque Jusqu’au Commencement de Septembre dans les bourses de quelques Particuliers, appellées riches mais qui ne JouiSSent Réellement que d’une fortune très bornée, Puisqu’a peine Trouveroient on Quatre pères de Famille de 12000# de Revenu, et 20 de 3 a 4000#.

L’enormîté des pertes occaSionnées par l’approviSionnement Tel que Frais de transport, de Commissaires, de CharGement, de décharGement et Vente en détail, ont bientôt tari la Source ou PuiSoit la Commune. l’immensîté des  [ mot rayé non déchiffré ] SacriFices Faîts volontairement Par les personnes aiSées a bientôt eFFraYé Ses adminiStrateurs qui ont Senti que Si cet Impôt volontaire ne diScontînnoit, le ProPriétaire alloit être réduit à l’eXtrême nécessité de Faire ceSser les travauX de Tous Genres Soit pour La commodité, Soit Pour L’amélioration, Soit pour l’embellissement deSSus Les ProPriétéS ; ces Inconvenient des plus funestes danS Ses eFFets ( l’inocupatioN du quart des péres de famille ) a donc vivement FraPPé les magistrats de cette Commune, et les a déterminés promptement à abandonner une méSure inFiniment Supérieure  à la maSSe des fortunes de Cette cîté.

dans cette Conjoncture Les allarmante Les MaGistrats du PeuPle chargés de l’aPProviSionnement d’une PoPulatioN déjà a 8000 ames, de Celui de la troupe qui paSse Pour aller à là Vendée, et enfin de Celui qui Sera nécéssaire Pour Tous les hommes qui vont être reunis dans le CHeF lieu de district et Y Sejourner Jusqu ‘a Ce qu’ils Soient Instruits et Formés à la TactiQue mîlîtaire, n’ont crû appercevoir de Salut pour leurs ConcitoYens que dans les dispositions de L’art 9 de la Loi du 4 mai rélative auX Subsistances, qui porte que les corps administratifs emploYeront Tous les moYens qui leur Sont conFiés pour approviSionner les marchés déPourvus de grainS ; sentant leur InsuFFisance, ils Se sont donc empressér de PréSenter le récensement Général de leurs grains au Conseil du district, afin de le Convaincre Intîmement de leur Pénurie et de l’impossibilité ou Ils étoient d’alimenter leurs administrés

Le District ne Rencontrant Dans Sa SageSse aucunes mesures asseZ promptes eT assez efficace Pour oPérer Sur le Champ l’approviSionnement de la Commune de NoGent, a eu Récours a vôtreE autorité ; vous aveZ prononcé qu’il Falloit que Les deuX autorités Constituées Se concertassent Pour Le Succés de cette oPératioN, qui est liée si étroitement au Salut Public et à la Sureté Généralle.

Mais nous le répétons, une Fatalité Dont nous ne Pouvons eXpliquer les causes empeche que les deuX autorités aGissent De Concert. Toujours divisés Sur le mode d’eXécutioN, et les mouvements qu’elles Font n’aYant  Point la même  directioN concoureront Toujours InFructueusement. La Famine, ce  Fléau Si Terrible insensiblement viendra Vomir Tous Ses déréGlements à Travers de nos eFForts Impuissants ; alors la ville de NoGent qui Par Son Patriotisme pur et eclairé avoit déJà acquis quelque Célébrîté dans la République, Sera la proie des désordres les plus aFFligeants, des devastations les plus pernicieuses, et n’offrira que l’aspect d’une cité déchirée de ses Propres mains ; Ce prèSage d’evénements Si Funestes nous porte a vous demander que vous nous accorDieZ 1° les deuX autres quintauX  Par Charrüe et Situées dans l’étendüe de ce District, afin de Compléter en nôtre Faveur les quatre accorDés à la ville de Paris, la concéssion des deuX premiers nous aYant été Faite par Votre déliberatioN du lettre du 6 7.bre PréSent mois et Sur les vives remontrances du C.en VaSseur maire 2.e tous les grains que les Fermiers d’emigrés, Sont Tenus d’aPPorter à ce district.

alors Le Conseil General Se GloriFiera d’avoir un adminiStrateur auSsi bienfaiSant.

fait et arrêté le 9 7.bre 1793 2.e de la RePublique une et IndiviSible en Seance publique du conSeil g.al dont acte                                VaSseur

                               ferré Bacle                        Maire

L. Lalouette     Pi Chereault      J Gautier    Rigot

Regnoust   Beuzelin  grenade  Hubert   J Sortais

J. C. Joubert  f. G. verdier   Chevrel   G. Petibon

Tarenne   Beaugars le gros        Baudoüin

                  P.re Lequette

                  P.r de la C. »[1]



[1] A. M. Nogent – le – Rotrou 1 D 2, feuillets 91 à 93.