Guère épais !

Dixième partie d’un ensemble d’articles consacré à la guette et la Révolution française ( principalement entre 1790 et 1795 ) pour voir les précédents articles : http://www.nogentrev.fr/archives/varias_/index.html

3. La convention girondine ( 3 ).

3.2 Les premières annexions : 

  • Savoie annexée le 27 novembre 1792.
  • Nice le 31 janvier 1793.
  • En Belgique :

 

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Le 4 décembre 1792, une délégation Belge demandait, à la convention, l'indépendance de la Belgique. Le 12 janvier 1793, des représentants du « peuple libre de la ville de Louvain » demandaient à la convention d'abolir le décret du 15 décembre 1792 et de ne pas annexer la Belgique . Même démarche des représentants de Mons, le 21 décembre 1792, qui déclaraient à la Convention que le pouvoir révolutionnaire ne serait à leurs yeux « qu’un pouvoir usurpé, le pouvoir de la force ».

En ce début 1793,  certains en France commençaient à se demander s’il ne valait pas mieux rapporter le décret du 15 décembre ( des ministres : Lebrun, Roland, des députés de premier plan du camp girondin : Brissot, Guadet, Gensonné ainsi que le général Dumouriez ). Cambon, soutenu par Clavière, força les résistances en s’adressant directement à l’assemblée qui lui donna raison le 31 janvier 1793 ( occasion du discours de Danton cité ci-dessus ).

Finalement, le décret du 15 décembre 1792, s’applique en Belgique par la force ( ainsi qu’en Rhénanie ), on y réunit des assemblées populaires locales, mais on s’abstient d’organiser une assemblée générale de la Belgique comme cela avait eu lieu en Savoie.

Les villes et territoires belges furent donc annexées un à un à la France durant le mois de mars 1793 : le 1° mars, Bruxelles et sa banlieue ;le 2 le Hainaut sous le nom de département de Jemmapes ; le même jour réunion à la France de Gand et les communes de Franchimont/Stavelot et Logne qui n'en font plus qu'une ;  le 4 la ville de Florennes et 36 villages alentour ;  toujours le 4, la ville de Tournai et sa banlieue ; le 9 la ville et banlieue de Louvain ; le 11, Ostende, le 16 mars, Namur, Ham-sur-Sambre, Charles-sur-Sambre, Fleurus, Wasseigne ; le 23, Nerel, Aeltre, Thouroult, Blanckenberg, Etloc, Damne, et la banlieue de Bruges ; le 25, beaucoup de communes de Tournaisis.

Toujours en Belgique, le 16 mars 1793, Danton, Delacroix et Camus sont à nouveau envoyés en mission pour superviser ces opérations : les deux premiers vont y acquérir une solide réputation de violence dans l'établissement des contributions et réquisitions, de débauche voire de déprédation ( ils expédièrent de Belgique deux voitures qui furent arrêtées à Béthune faute de laissez-passer. Un inventaire en fut dressé qui avait disparu avant leur procès. Les accusateurs du Tribunal Révolutionnaires ont prétendu qu'elles contenaient pour 400 000 livres d'objets précieux, du linge selon les accusés. Mathiez quant à lui parle de «  trois fourgons chargés de linge fin et d'argenterie expédiés par des créatures de Danton et par son ordre à lui et à Delacroix »[1] ).

Dans les pays annexés les biens des adversaires de la Républiques sont mis en vente au profit de la France. Des réquisitions, contre remboursement en assignats, sont imposées surtout en Rhénanie. Les contributions payées à la France sont payables en numéraire et non en assignats.Très vite on y impose le cours forcé des assignats, en fait on exporte l'inflation. :

- Condorcet, grand humaniste, ancien ami de D’Alembert et sans doute le survivant le plus connu des encyclopédistes était, en plus d'être un ci-devant marquis, un personnage aux opinions politiques fluctuantes. Au printemps 1789, au moment de la rédaction des doléances, il avait défendu fermement les ordres privilégiés lors l’assemblée de la Noblesse à Mantes, puis s’était opposé à la Déclaration des droits. L'année suivante, en 1790, il avait protesté contre la suppression des titres de noblesse, la confiscation des biens du clergé et la création des assignats. Ensuite, il avait fondé le très fayettiste club de 1789, avec l’abbé Sieyès, dans le but de contrer celui des Jacobins. Cependant après Varennes, il était devenu fervent républicain. En tant que directeur de la Monnaie ( un comble pour quelqu'un qui dénonçait peu de temps auparavant la création des assignats ), il faisait autorité en matière de finance. C'est sans doute à ce titre "d'expert" qu'il trouve tout à fait normal d’exporter les assignats dans les territoires annexés, prétendant que ces derniers allaient apporter aux peuples conquis la prospérité !!!

 

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- Anarchasis Cloots, "l’orateur du genre humain", milliardaire, dit quant à lui que les armées françaises disposent d’une arme secrète incendiaire qui va leur apporter la victoire, cette arme c’est l’assignat !!!

 

C’est ni plus ni moins qu’une politique de pillage organisé qui est imposée aux pays annexés.

 

 

 



[1]       A. MATHIEZ. « Danton. L'histoire et la légende ». In Girondins et Montagnards. Paris : Les éditions de la passion, 1988. Page 291.