Le 7 janvier  1790 à Mamers : Pinceloup dispensé de peine, distribution de pain aux pauvres.

Le jeudi 7 janvier 1790, les autorités municipales de Mamers, à la demande de la famille,  dispensaient le sieur Pinceloup d’effectuer la peine de 8 jours d’emprissonnement qui lui avait été infligée par un arrêté municipal pris en date du 4 octbre 1789 ( voir cette délibération ici ). Ce dernier s’en sortait finalement bien car il lui avait alors été reproché d’avoir tenté d’organiser, avec le sieur Boutard, un corps de chasseurs, parallèle à la garde nationale, afin d’organiser des battues dans les campagnes contre les accapareurs. L’affaire avait déclenchée un « affrontement » entre les autorités municipales et le bailli de la ville, le sieur Pélisson de Gennes ( voir la délibération du 19 décembre 1789 : ), conflit encore latent en ce début 1790.

Dans une seconde délibération, les autorités municipales de Mamers décidaient d’organiser, le dimanche suivant, une distribution de tourtes de pain pour les pauvres de la ville suite à un don de trois mille livres offertes par le sieur De Noguès sur les revenus de sa terre de Chèrepérinne située sur la comme d’Origny-le-Roux toute proche de Mamers ( mais dans le futur département de l’Orne )[1]. En fait ce don était fait en réponse à une sollicitation des autorités municipales de Mamers, probablement suite à la délibération du 21 décembre 1789 par laquelle celles-ci prévoyaient des distributions de pains et de bois pour les pauvres de la ville ( voir la délibération : céans )[2].

90-01-07 Pinceloup

« [ En marge gauche vers le bas du feuillet 54 verso:

312 ]

Aujourd’huy Septiéme de Janvier mil Sept Cent quatre Vingt diX

Les Membres de la Municipalité et du Comité de Sureté y reunis assemblés et Sur La Représentation qui Leur a été Faitte par un des Membres que la Famille du S.r Pinceloup La Sollicité de S’Interesser auprés du Comité pour dispenser Led. S.r Pinceloup de Se constituer prisonnier pour huit Jours d’après L’arresté pris Le quatre octobre dernier A eté arresté que Sur Les Sollicitations de la Famille du S .r Pinceloup CeluY cY demeure dispensé d’estre emprisonné Comme il avait eté  Condamné par La delibération dont La datte Vient d’estre Indiquée à condition cependant que le S.r Pinceloup Sera plus circonspect à L’avenir et qu’il ne donnera pas de nouveauX SuJets de Sevir contre lui

Fait et arresté à L’hôtel de ville Les Jour et an que dessus

        Bremont                     Duprey

Hardoüin desnos                                           odillard ( ou Caillard )

  Bouteveille                             Paris               denis vottier

J Guitrel                    Le Camusat                   Lair                    Maignée

                                                                                                     Maire

                                                                                    Renard

                                                                                     s.cre

55.e

90-01-07 Chèreperrine

[ En marge gauche haut du feuillet 55 recto :

313

Distribution de 400

Tourtes de pain de 12 Livres ]

Aujourd’huY Septième de Janvier Mil Sept cent quatre Vingt diX

Les oFFiciers MunicipauX et Les Membres du Comité de Sureté reunis empressés de répondre à La Générosité et auX veus bienfaisantes de M. De Nogués qui Sur leur demande leur a annoncé par Sa lettre du trente decembre dernier qu’il avoit donné ordre au S.rBonnecase Son Regisseur de Sa terre de Cherperrine L’ordre de leur remettre  SuccessiVement une Somme de Trois Milles Livres pour Les aider à Soulager Les pauvres de Mamers.

Ont arresté que dimanche prochain Il Sera distribué auX pauvres de la même ville quatre cent tourtes de pain de douZe Livres d’une qualité Supérieure au pain bis ordinaire et qui à cet effet Sera payée Sur le pied de Vingt cinq Sols La tourte, et afin que tous ceuX qui Sont dans un besoin Réel puissent participer à cette distribution Il a encore eté arresté qu’il Serait Fait une liste avant dimanche prochain de tous ceuX dont la pauvreté Sollicite des Secours qui Seront distribués dans La Cours du Prieuré Six quartiers dans les Six districts de La Ville par ceuX des Membres qui auront Fait les Listes Respectives et de Concert avec un autre Membre du Comité.

Arreté enfin que la lettre de M. Denogués Sera transcritte Sur le présent Registre.

Fait et arresté à L’hôtel de ville Les Jour et an que dessus.

Sept mots Rayés comme nuls .φ.  [ un mot rayé nul non déchiffré ]

                                Bremont

Hardoüin desnos               Duprey                 Odillard ( ou Caillard )

Paris                                 Bouteveille               denier vottier

J Guitrel                               Le Camusat                  Lair

Maignée                      Viellajeus                               Renard

 Maire                                                                         s.cre

[ En marge gauche bas du feuillet 55 recto :

314 ]   Copie de la lettre adresSée a MSs les officiers municipaux par Mr De Nogué, le 30 decembre 1789.

MeSsieurs, je donne au sieur Bonnecase regiSseur de ma terre à Cherperine L’ordre de vous remettre succesSivement et à mesure qu’il toucheras mes revenus, une Somme de trois mille livres pour vous aider à Soulager les pauvres de votre ville qui excitent Votre Louable Sollicîtude je Suis trop heureux, MeSsieurs, de pouvoir concourir à vos vües bienfaisantes dans un objet auSsi digne de votre humanité. je satisfais mon cœur, et il me proCure l’occasion de vous exprimer les Sentiments d’interest dont je Suis penetré pour tout ce qui peut contribuer à la tranquillité et à la prosperité de votre ville et le profond respect avec lequel je Suis, MesSieurs, Votre très humble et très obèiSsant Serviteur.  Signé Noguè. »[3]


[1] Le château, dont une partie est encore visible aujourd’hui, avait été érigé, sur les fondation d’une ancienne demeure,  en 1704 par le Grand Dauphin, fils de Louis XIV, pour loger dignement sa maîtresse la marquise des Alleurs, et donc également  son mari.

[2] Encore que le compte-rendu de cette délibération n’évoque pas de façon explicite qu’il serait expédié une sollicitation aux riches propriétaires de la région. La somme de 3000# était conséquente, signalons cependant que cette somme devait être versée au fur et à mesure des rentrées des revenus desdites terres de Chèreperrine. Peut-on y voir, de la part d’un propriétaire peut-être inquiet de la tournure prise par les événements, une façon de s’assurer que ses rentes seigneuriales fussent bien payées ? C’est une interprètation que rien ne permet d’assurer de façon certaine.

[3] AD  72 1 MI 1343 ( R 130 ) 110 AC 9, 11, 12 et 13.