Le mercredi 11 août 1790, la municipalité de Mamers recevait la plainte portée contre le Sieur Pinceloup du Tertre, garde national, pour avoir provoqué en duel son colonel, le sieur De Frebourg, et l’avoir traité de « Jean f. » en public.

Manifestement ce fait est à mettre en relation avec les délibérations des jours précédents concernant la mise en place de deux nouvelles compagnies de gardes nationaux, une de grenadiers et l’autre de chasseurs[1], sans exclure la possibilité d’un antagonisme plus ancien entre les Sieurs De Frébourg et Pinceloup.

Il était arrêté de procéder à enquête sur ces faits.

Rappelons que le Sieur Pinceloup avait déjà eu maille à partir avec la municipalité précédente, déjà à propos du recrutement d’une compagnie « sauvage » de chasseurs (voir : ici.)

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«[En marge-gauche au milieu du feuillet 72 verso :

100. Duel

        D.]

auJourd’hui onzieme Jour d’aoust Mil SePt Cent quatre vingt dix

Les maire Et oFFiciers municiPaux SouSsignés aSsemblés Extraordinairement Sur Les SePt heures du Soir Le procureur dela Commune adit que M. defrebourg Clerc tonsuré Seroit venu Le trouver il Y a une heure Sur Les Six heures du Soir et lui auroit Porté SaPlainte verballe de Ce que une demie heure auParavant Le Sieur Pinceloup du tertre Garde nationnalle Se Seroit Présenté Chez au Portail de la maison de monsieur Son Père Chevalier de Saint Louis et Colonel delagarde nàtionnalle Et en Lui adreSsant La Parolle Lui auroit

Soixante treiz.e

Demandé ou Etoit  mondit Sieur defrebourg Son Père, quilVenoit armé d’un Sabre et d’une Epée Lui ProPoser de mettre L Epée a lamain quil Le Lui avoit déjà ProPosè differentes fois et quil [mot rayé non déchiffré] L’avoit déjà Refusé, qui Sil nelamettoit Pas il Etoit un Jean f et quil Lui arracheroit Sa CroiX deSaint Louis ceq Ceque Ledit Sieur Pinceloup auroit RePetté à haute voixen Se Retirant En Présence d’un Grand nombre de CitoYens et voyant que Ledit Sieur de frebourg Clerc tonsuré avoit Sur Lui fermé Le Portail de L’hotel demonsieur de frebourg Colonel et Lavoit LaiSse dehors

Comme des Faits auSsi Grave fait dela Part d’un Garde nàtionnalle aSon Colonel meriteroient Surement une imProbation [le « P » est en surcharge] mais Punitives Siles faits Sont Prouvés ; Requiert Le Procureur dela Commune quil En Soit a Sa Requeste LePlus Promptement PoSsible informé ; Pour après Laudition des temoins etre Pris telle Requisition quil aPPartiendra EtaSig

 Et Comme la derniere deliberation nest Point arresté et aSigné Requiert le Procureur dela Commune quelle Le Soit et a Sig

Deux Lignes Entierre et neuf mots Rayés nuls.    Odillard

Lecturevu Le Requisitoire Cy deSsus nous maire et officiers municiPaux SouSsignés authorisons monsieur Le Procureur de la Commune a faire aSsigner devant nous demaïn douze du Courant tous et tels temoins quil Jugera à ProPos deProduire auxfins d’Etre Entendus+ [rajout en fin de délibération : + Par nous maire a l hotel deville] deux heures aPrès midy Et dePosition Sur Les faits Contenus au Requisitoire Cy deSsus Circonstance et dePendances et dont du tout Lui avons accordé acte

Fait et arresté a L’hotel deville Cedit Jour onze aoust mil Sept Cent quatre vingt dix Sur Les huit heures du Soir ou nous nous Sommes & Extraordinairement aSsemblés

Hardoüin Denos     Petithomme         Besniard

                                  Dubois            Treboil

Le CamuSat                                        PetithommeFils

                                                        Commis Greffier municiPal»[2]

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[1] Doit-on en conclure que le colonel était défavorable à la mise en place des compagnies souhaitées, entre-autres, par le Sieur Pinceloup.

[2] AD72 1MI 1343 (R129).