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Chasles signature15

 

Origine :

Originaire d’une modeste famille d’artisans anciennement établie en Beauce. Son père était menuisier à Chartres. Il était l’aîné de cinq enfants.

Sa carrière ecclésiastique : 

Il commença ses études au collège Pocquet à Chartres et les termina au collège du Plessis à Paris où il fit de brillantes études. Il fut ordonné prêtre à Chartres en 1780. La même année il fut nommé professeur de rhétorique au collège Pocquet de Chartres, c’est de cette époque que date son seul écrit prérévolutionnaire connu : Timante, ou portrait fidelle de la plupart des écrivains du XVIIIème siècle dans lequel il égratigne légèrementla philosophie[1]. Vers 1785, il était secrétaire particulier de l’archevêque de Tours, Joachim François Mamert de Conzié (archevêque de Tours entre 1774 et 1795 ). En 1786, il était chanoine prébendé de St Gratien de Tours et bénéficiait de la Chapellenie de Taboureau[2], en 1788, il y ajoutait la chapellenie de Poncay[3]. Il vécut alors l’époque la plus brillante, financièrement parlant, de sa vie voire quelque peu mondaine.

En 1789, il fut élu secrétaire de l’assemblée de l’ordre du clergé des baillages de Touraine.

A Chartres.

En 1790, il quittait Tours et acceptait un emploi sans traitement à St Maurice de Chartres. Début 1791, il prêtait serment à la constitution civile du clergé, bien que n'y’étant pas obligé puisque non-fonctionnaire public.

A Chartres, il créa un journal : Le correspondant ou Journal du département d’Eure – et – Loir ; avec comme épitaphe : « Je suis fidèle à l’esprit et à la lettre des décrets de nos représentants ». Le 1er numéro était daté du 6 mai 1790, le dernier le fut du 7 février 1791. Cette feuille était de ton plutôt modéré. Mais en fondant son journal, il se posait en concurrent d’un autre journal chartrain les Annonces, Affiches, et Avis divers de Chartres et du département d’Eure – et –Loir. Le rédacteur de ce journal fit courir le bruit que Chasles avait des sympathies aristocratique et ecclésiastique en utilisant le passé de ce dernier. Le journal de Chasles était alors considéré comme de « centre – droit »  selon certains chartrains qui considéraient ce journal comme l’organe de Feuillants de la région chartraine.

A Nogent – le –Rotrou[4]

L’évêque constitutionnel d’Eure – et – Loir, Nicolas Bonnet, envoya Chasles à Nogent – le –Rotrou vers le mois de mai 1791. Le 6 mars, il était élu principal du collège de Nogent[5] et chapelain de l’Hôtel – Dieu de la ville. Il y fut installé solennellement le 12 juin suivant, jour de Pentecôte. 

Dès son arrivée à Nogent, il prit soin de donner des gages du patriotisme révolutionnaire sans que l’on puisse déceler un quelconque calcul politique, Chasles dût, comme beaucoup d’autres[6], connaître une radicalisation certaine au cours de cet été 1791 qui mit en pleine lumière la trahison de la cours.

Il s’inscrivit immédiatement à la Société des Amis de la constitution ( dites des Jacobins ) de Nogent – le –Rotrou. Celle – ci le députait à la municipalité le 17 juin pour demander « d’assujettir indistinctement tous les citoyens de cette ville, même les fonctionnaires publics » au service de la Garde nationale.

En août 1791, il était président de ladite société.

Chasles principal du collège :

Il ne s’intéressa pas beaucoup, semble – t – il, à ses fonctions de principal du collège. Celui – ci n’avait déjà que peu d’élèves avant son arrivée, à la rentrée suivante il se trouva presqu’entièrement déserté. Des pétitions émanant de quelques citoyens se plaignirent de cette situation. Chasles protestait devant le district, le 3 novembre 1791, que la municipalité de Nogent ne faisait rien pour restaurer les bâtiments du collège, empêchant toute reprise de son fonctionnement[7]. En mars 1792, il présentait, au district de Nogent – le –Rotrou, un mémoire, afin de redonner sa pleine activité au collège. Il préconisait de réparer les bâtiments, d’abandonner les revenus de l’établissement à la nation et d’  « établir un plan d’études analogue aux circonstances actuelle et aux besoins locaux », enfin de transférer l’école militaire de Thiron – Gardais dans le collège de Nogent pour en faire une école nationale. Ensuite, il ne fut plus question du principalat de Chasles qui délaissa ses fonctions. Toutefois en novembre 1792, il envoya au département d’Eure – et – Loir une pétition pour conserver sa place de principal. Les électeurs de l’assemblée primaire du district venaient de procéder à son remplacement le 19 novembre. L’arrêté départemental du 22 décembre 1792 lui donna satisfaction.

Chasles et les prêtres réfractaires de Nogent – le –Rotrou :

L’affaire des sœurs patriotes.

Dès sa prise de fonction comme chapelain de l’Hôtel – Dieu[8], il rencontra une hostilité ouverte de la part des administrateurs de l’Hôtel – Dieu et des sœurs dirigeant cette maison. Les prises de positions révolutionnaires du nouveau chapelain n’étaient pas du tout à leur goût. Le contraste avec Deniau, protecteur des réfractaire nogentais, était frappant. Chasles transforma son église, la chapelle St Jacques de l’aumône, en une véritable école de civisme, ne manquant pas d’y célébrer une fête civique. Le 22 août 1791, il requérait le corps municipal « […] de lui accorder acte du discours qu’il vient de prononcer sur l’autel où a été célébré le service pour le repos des frères d’armes morts à Nancy »[9]. Les officiers municipaux répondaient qu’ils ne pouvaient trouver d’expressions assez énergiques pour féliciter Chasles d’avoir développé dans son discours les principes de la liberté, de l’égalité, de l’union et de l’amour des lois.

En tant que chapelain de l’Hôtel – Dieu, Chasles devait dire chaque matin une messe basse, à la chapelle de l’Aumône, pour le personnel de l’hospice. La supérieure, la sœur Lizeron, et une autre sœur, Victoire Bellecard, refusèrent d’assister à aucun office célébré par un prêtre assermenté. Les trois autres sœurs s’étaient soumises aux lois constitutionnelles[10]. Chasles se plaignit à la municipalité de cette désaffection. Celle – ci sollicita le district afin d’obtenir, auprès du département, le renvoi des deux religieuses « gangrénées de principes empoisonnés » selon sa propre expression[11]. Le bureau d’administration de l’Hôtel – Dieu et les deux sœurs incriminées réagirent en adressant une pétition au département. Par un arrêté du 30 septembre 1791, ce dernier enjoignait à Chasles et aux officiers municipaux de Nogent de laisser lesdites sœurs de la Charité jouir du culte qu’elles avaient adopté. Défense fut faite de les troubler dans leurs opinions. C’était inciter les réfractaires à la résistance, on reconnaissait leur culte. Forts de cet arrêté, les administrateurs de l’Hôtel – Dieu invitèrent le sieur Bermond, ci – devant chanoine de la Collégiale SJean de Nogent, à dire des messes tous les jours de fête et dimanches, dans l’oratoire de cette maison.

Cette dernière décision et l’arrêté départemental mirent la ville en émoi. Le dimanche 2 octobre 1791, le sieur Bermond ne put dire sa messe « […] à cause de la rumeur et du bruit qui s’est élevé dans les salles au moment ou il allait commencer, que même les volets qui étaient ouverts pour que les malades puissent entendre la messe ont été fermés à cet instant ce qui l’avait forcé de se retirer [...] »[12]. Les malades ne voulaient pas entendre les prêches d’un réfractaire. L’affaire rebondit  quelques jours après. La supérieure, la sœur Lizeron, avait demandé à la maison mère des sœurs de la Charité, à Paris, le rappel des trois sœurs « patriotes » et leur remplacement par deux sœurs aux opinions plus conformes aux siennes. La nouvelle fit beaucoup de bruit. Le 6 octobre, à 8 heures du matin, la sœur Lizeron fut prise à partie par une douzaine de particuliers qui « […] venais au nom du peuple lui déclaré s’opposer au départ des sœurs rappellées […] »[13]. Ils lui ordonnèrent aussi de faire sortir de l’Hôtel – Dieu, sous les 24 heures, les deux nouvelles sœurs qui venaient d’arriver. Ils lui parlèrent avec politesse mais la menacèrent de ne pas user des mêmes ménagements si elle n’obtempérait pas. Chasles, voisin de l’Hôtel – Dieu, intervint. Il trouva sur la place publique un « grand nombre de citoyens inquiets, mais sans armes ».Il harangua la foule et lui fit un « beau » discours. Les manifestants bénéficièrent du soutien de la municipalité. Impressionnés par la réaction populaire les administrateurs de l’Hôtel – Dieu placèrent les deux nouvelles sœurs et les trois sœurs « patriotes » sous la protection de la municipalité. Les officiers municipaux ordonnèrent, dès le lendemain, le départ de deux nouvelles sœurs. Ils firent annoncer cette nouvelle au son du tambour à tous les carrefours de la ville ; « […] ce départ s’est fait en présence d’une foule considérable […] » déclara le procureur de la commune[14]. Le département blâma la conduite de Chasles dans cette affaire et par un arrêté, du 27 octobre 1791, le destituait de ses fonctions de chapelain de l’Hôtel – Dieu. En conséquence, l’évêque Bonnet nomma l’abbé Morin, curé de Notre – Dame de Nogent et administrateur de l’Hôtel – Dieu, à la place de Chasles comme desservant de la chapelle St Jacques de l’Aumône.

Le corps municipal avait prévu cette décision du département, où les administrateurs de l’Hôtel – Dieu avaient beaucoup d’amis et Chasles quelques ennemis[15]. Il avait décidé, dans sa séance du 7 novembre 1791, d’en appeler au corps législatif. Chasles fut choisi pour y être député, étant connu « […] pour l’étendue de ses talents et l’ardeur de son patriotisme [...] »[16]. Il accepta volontiers, cependant il ne remplit pas sa mission tout de suite. Il fut retenu à Nogent par les élections. Aidé par la Société Patriotique, qu’il animait, il mena une campagne énergique, s’appuyant sur les éléments les plus populaires contre les aristocrates, les « prêtres » et ceux qu’il appelait les « bourgeois ». Il fut élu maire de Nogent  le dimanche 13 novembre 1791.

L’affaire Morin.

Chasles Hotel Dieu13Au moment où se tenaient les assemblées électorales dans la ville de Nogent, la mobilisation contre les « agissements » des administrateurs de l’Hôtel – Dieu redoubla d’intensité. La campagne de la Société Patriotique n’y fut sans doute pas pour rien. Une première escarmouche eut lieu le dimanche 13 novembre 1791. On tenta d’empêcher l’abbé Morin de célébrer la messe dans la chapelle de l’Aumône. Le dimanche suivant, 20 novembre 1791, un rassemblement considérable de personnes armées et « […] d’autres en plus grand nombre sans armes […] »[17], se pressait devant les portes de l’église St Jacques de l’Aumône à l’heure des vêpres. Chasles entra dans la chapelle et pria Morin de se retirer, celui – ci n’en fit rien. Chasles prit alors l’assistance à témoin « […] que l’on disait malgré lui les vêpres dans son église […] »[18]. Morin dut se retirer devant les menaces de la foule. Le bureau de l’Hôtel – Dieu blâma Chasles, précisant qu’il n’occupait plus les fonctions de chapelain de l’Hôtel – Dieu. Il signalait, au district,  qu’à l’occasion de ces tumultes « […] les malades avaient recommencés leurs injures et menaces envers les sœurs […] »[19].

Le 29 novembre 1791, le département prenait un nouvel arrêté interdisant à Chasles, ou à toute autre personne, de troubler l’abbé Morin dans l’exercice de ses fonctions. Ce même arrêté chargeait l’accusateur public du district de poursuivre les auteurs et instigateurs de l’émeute du 20 novembre, ainsi que ceux qui continuaient de tenir des discours séditieux pour perpétrer les troubles[20].

Mais Chasles était alors en position de force. Il tenait la mairie et surtout il était soutenu, contre les administrateurs de l’Hôtel – Dieu, par les masses populaires. Le 28 novembre 1791, il se présentait à la barre de l’Assemblée nationale afin d’y exposer les « vertiges politiques » dont était agitée la ville de Nogent – le – Rotrou. Ces « vertiges » il les attribuait « […] à une corporation qui, au mépris de la constitution qui la réprouve, subsiste toujours sous le nom de bureau de l’Hôtel – Dieu, agit, délibère, s’assemble nuit et jour pour tracer des plans contraires à la loi […] »[21]. Il finit en demandant, au nom de la ville de Nogent – le – Rotrou, la suppression de cette « corporation ». L’Assemblée renvoya à son comité de législation qui ne donna aucune suite à cette demande. Mais Chasles fut admis aux honneurs de la séance, il revint tout puissant à Nogent. Cette pétition fit une telle impression que le bureau de l’Hôtel – Dieu se sentit obligé de protester de son attachement à la constitution auprès du directoire du district[22].

Chasles profita de sa nouvelle situation de maire pour régénérer le bureau de l’Hôtel – Dieu. Le mode de recrutement en fut modifié. L’ancien bureau était constitué des deux premiers officiers municipaux, d’un fondé de pouvoir de l’évêque et de deux citoyens élus par les « habitants notables »[23]. Le nouveau bureau fut composé de quatre citoyens élus par le conseil général de la commune de Nogent – le – Rotrou. C’était la victoire totale des « patriotes révolutionnaires », et plus largement des masses populaires, sur les partisans de l’ancien ordre des choses qui dirigeaient encore l’Hôtel – Dieu en 1791. Les anciens administrateurs tentèrent une légère résistance, notamment au moment de l’apurement de leurs comptes, mais ils n’étaient plus en mesure d’inquiéter Chasles[24].

Les temps n’étaient plus à la clémence vis – à vis des prêtres réfractaires et de leurs amis. Le 29 avril 1792, l’Assemblée nationale venait de déclarer suspects tous les prêtres refusant de prêter le serment sous les huit jours, sous peine d’être privés de tout traitement ou pension. Ils devaient être éloignés des communes où des troubles avaient éclatés. L’Assemblée répondait ainsi aux vœux exprimés par la municipalité de Nogent  juste un an auparavant, le 1er mai 1791.

Chasles et la Société populaire à l’assaut de la municipalité  

A travers le problème religieux toutes les oppositions politiques se cristallisèrent. Chasles le comprit fort bien. Il sut profiter de la mobilisation populaire qui s’amorçait au début de l’automne pour consolider la position des patriotes révolutionnaires. Les masses populaires se mobilisèrent contre les réfractaires et leurs « agissements » mais peut – être plus encore contre les membres du bureau d’administration de l’Hôtel – Dieu. Les membres de ce bureau étaient responsables pour une bonne part  de la répression des mouvements  frumentaires de l’automne 1790. 

Au début de l’automne 1791, Chasles était à la tête une nouvelle société à Nogent, la Société patriotique, Il est probable que cette dernière société ne soit en fait que la Société des Amis de la constitution délestée de ses membres les plus modérés qui avaient quitté la Société suite à la fuite du roi. S’appuyant sur cette Société, il fut élu administrateur du district le 6 novembre, place dont il fut destitué par le département le 17 du même mois. Le procureur syndic du district, Dugué – le – Jeune, ayant  dénoncé son élection au poste d’administrateur du district comme illégale le 10 novembre, l’assemblée primaire qui venait d’élire Chasles n’avait pas été convoquée à cet effet mais seulement pour pourvoir à des cures vacantes.

 Le 13 novembre de la même année, Chasles était élu maire de Nogent – le –Rotrou.

Il occupa ce poste jusqu’à son élection à la Convention, par l’assemblée électorale du département, en Septembre 1792. Les autres députés du département d’Eure – et – Loir étaient : Brissot, Pétion, Giroust[25], Lesage, Loiseau, Bourgeois et Fremanger.

Le 14 juillet 1792, Chasles baptisait deux jumeaux sur l’autel de la Fédération à Nogent : Pierre – Fédéré et Nicolas – Fédéré. Il se disait toujours prêtre, mais sa pensée il l’exprima le 23 juillet 1792 comme suit : « Si le peuple fût si longtemps esclave et malheureux c’est qu’aveuglé par la superstition et trompé par les prêtres, il ignora longtemps ses droits et sa force »[26].

A la Convention.

Arrivé à Paris, son premier soin fut de se faire recevoir aux Jacobins, ce qui fut fait le 28 septembre 1792.

Il se rangea dans les rangs montagnards sans jamais s’engager dans aucune « faction » quoi que d’après ses déclarations il a pu sembler proche des « hébertistes » après la mort de Marat. Mais ce fut de ce dernier qu’il se réclamait.

Il effectua plusieurs missions de représentant du peuple :

-       Du 9 mars 1793 au 20 avril 1793 : dans les départements de Seine – et – Oise et d’Eure – et – Loir pour effectuer la levée des 300 000 hommes. Il en profita pour susciter la création de Sociétés populaires dans le Nogentais : à Authon – du – Perche et à La Bazoche – Gouët.

-           De août 1793 au 24 nivôse an II ( 16 janvier 1794 ) auprès de l’armée du Nord.

Après le 9 thermidor an II et la chute de Robespierre, à laquelle il applaudit, il demanda l’application de la constitution de 1793 et lança un journal intitulé L’Ami du peuple avec Lebois[27]. Dès lors, il siégea parmi les derniers montagnards

En brumaire de l’an III ( octobre-novembre 1794 ), il fustigeait dans son journal « la faction thermidorienne ». Le 12 germinal an III ( 1er avril 1795 ), il signeait une demande d’appel nominal pour défendre les députés décrétés d’arrestation suite aux émeutes du même jour : Barère, Billaud et Collot. Le soir même, il fut décrété d’arrestation et enfermé au fort de Ham, puis à Sedan. Il ne fut libéré que le 1er novembre 1796. Durant ce séjour pénitentiaire, il perdit l’usage d’une jambe blessé en 1793 lors de sa mission à l’armée du Nord, jambe atteinte par la gangrène.

Libéré il sera admis aux invalides avec le grade de chef de brigade. 

En floréal an IV( avril-mai 1796), il fut inquiété comme « babouviste » mais rapidement libéré ; il fut cependant interdit de séjour dans la Seine et Seine – et – Oise. Il se retira près de Chartres, à Mainvilliers où il acheta une maison et quelques terres, et ne regagna Paris que sous le Consulat en 1800.

Le 27 germinal an IV ( 16 avril 1796 ) il épousa à Paris une jeune veuve de 22 ans originaire de Sedan, Marie – Thérèse – Victoire Halma. Le couple eut rois enfants survivants : Philarète ( « celui qui aime la vertu » ), né à Mainvilliers le 24 avril 1797, futur critique littéraire et professeur au collège de France, Stéphanilla puis Hilaris ( un garçon ) nés à Paris entre 1802 et 1804[28]

A la restauration, il fuit à Londres début juin 1814 et rentra à Paris le 20 août de la même année, tout danger étant écarté. Il vécut dès lors à l’écart de toute activité politique sans jamais renié son passé montagnard. En 1822,  il publia sous un pseudonyme une brochure, Des Révolutions et du Peuple, qui développe les mêmes conceptions que celles pour lesquelles il s’était battu de l’été 1791 à l’an III. Il mourut à Paris le 22 juin 1826.



[1] Timante, ou portrait fidelle de la plupart des écrivains du XVIIIème siècle. Chartres, Fr. Labalte impr., 1785, in – 8°, 38 pages. Plutôt qu’un œuvre, il s’agissait du prologue d’un exercice littéraire par les élèves en rhétorique du collège.

[2] Sur la commune de Lignières.

[3] Paroisse réunie en 1820 à la commune de Marigny – Marmande dans le Chinonais. Elle rapportait un revenu annuel de 250 # en 1790.

[4] Beaucoup de documents concernant cette période ont disparu notamment une partie des délibérations de la commune de Nogent – le –Rotrou durant la période où Chasles était maire de cette ville. Ce n’est pas l’effet du hasard mais un acte délibéré de la part du neveu de Chasles,  Adelphe Chasles, député conservateur, au cours de l’année 1840 1841. Ce dernier fit disparaître officiellement tout document pouvant mettre en lumière le passé révolutionnaire de l’oncle «  maudit » ( voir sur ce point : M. JUSSELIN. L’Administration du Département d’Eure – et – Loir pendant la Révolution. Chartres, 1935. Pages  6 – 8).

[5] Il remplaçait l’ancien principal, Deniau, qui refusait de prêter le serment à la constitution civile du clergé.

[6] Notamment Hébert auteur du célèbre journal parisien populaire, Le Père Duchesnes.

[7] Le collège était en partie délabré et la commune n’avait pas les moyens de faire faire les réparations nécessaires. Enfin 1 400 #, que l’évêque versait au Bureau d’administration,  avaient « disparues », ce qui peut expliquer les débuts du conflit entre Chasles et cette administration qui gérait le collège et l’Hôtel – Dieu.

[8] La fonction de chapelain de l’Hôtel – Dieu était alors attachée à celle de principal du collège de Nogent.

[9] Délibérations de la municipalité de Nogent-le-Rotrou,  séance du 22 août 1791. Archives Municipales 1D1 page 148.

Il s’agissait d’une commémoration en l’honneur des mutinés de Château – Vieux, d’août 1790. Ce discours ne nous est pas parvenu.

[10] Il s’agissait des sœurs : Hélène Enjoyne, Angélique Legregois et Marie – Angélique Copin.

[11] Délibérations de la municipalité de Nogent-le-Rotrou,  séance du 07 septembre 1791. Archives Municipales D1.

[12] A. D. Eure – et – Loir, L. 148 ancienne côte, L 1172 nouvelle côte, délibérations du directoire du district de Nogent-le-Rotrou, séance du 05 octobre 1791.

[13] A. D. Eure – et – Loir, L. 148 ancienne côte, L 1172 nouvelle côte, délibérations du directoire du district de Nogent-le-Rotrou, séance du 08 octobre 1791.

[14] Délibérations de la municipalité de Nogent-le-Routrou, éance du 07 octobre 1791. Archives municipales 1 D1.

[15] Avant son arrivée à Nogent, Chasles avait séjourné à Chartres où il avait édité un journal de tendance « feuillante », il ne s’y était pas fait que des amis. Parmi les membres de l’administration départementale il y avait notamment Pierre – Joseph Dugué – l’aîné, avocat à Nogent et Jean René Lefebvre également avocat à Nogent.

[16] Délibérations de la municipalité de Nogent-le-Routrou, séance du 07 novembre 1791. Archives municipales 1 D1.

[17] A. D. Eure – et – Loir, L. 148 ancienne côte, L 1172 nouvelle côte, délibérations du directoire du district de Nogent-le-Rotrou, séance du 23 novembre 1791.

[18] A. D. Eure – et – Loir, L. 148 ancienne côte, L 1172 nouvelle côte, délibérations du directoire du district de Nogent-le-Rotrou, séance du 23 novembre 1791.

Chasles faisait preuve ici d’une mauvaise foi calculée. Il avait été destitué de son poste de chapelain de l’Hôtel – Dieu par l’arrêté départemental du 27 octobre 1791.

[19] A. D. Eure – et – Loir, L. 148 ancienne côte, L 1172 nouvelle côte, délibérations du directoire du district de Nogent-le-Rotrou, séance du 23 novembre 1791.

[20] On comprend que c’était Chasles et les membres de la Société Patriotique qui étaient visés. L’accusateur public, commissaire du roi, était Guérroult des Chabottières, également membre du bureau d’administration de l’Hôtel – Dieu

[21] Archives Parlementaires, tome 35, pages 416 et 417.

[22] A. D. Eure – et – Loir, L. 148 ancienne côte, L 1172 nouvelle côte, délibérations du directoire du district de Nogent-le-Rotrou, séance du 10 décembre 1791.

[23] Il n’y avait pas eu de remodelage de ce bureau depuis la révolution, aussi était – il composé des anciens notables de Nogent :

-       Guérroult des Chabottières,

-       Emmanuel Antoine – René Pinceloup de Morissures fils,

-       Goislard fils,

-       l’abbé Morin,

-       Alexandre Bourdeau,

-       Augustin Bourdeau,

-       Brusson,

-       Denne Montigny ( receveur ).

[24] Sur ce problème voir deux documents conservés à la bibliothèque municipale de Chartres :

-       Situation de l’Hôtel – Dieu de Nogent – le – Rotrou au 15 février 1792. Une affiche, sans lieu ni date. Ce document est signé des anciens administrateurs de l’Hôtel – Dieu.

-       Le second document est signé de Chasles lui – même :

J. – P. – M. CHASLES . Petit mot d’avis aux citoyens sur un tableau de la situation de l’Hôtel – Dieu de Nogent – le – Rotrou. Chartres, 01 / 04 /1792, 4 pages.

[25] Autre nogentais qui se rangera dans le « camp » des Girondins.

[26] P. BRUYANT. Un collège à travers les âges. Nogent – le –Rotrou, 1906. In – 8°. Page 53.

[27] Le premier numéro parut le 29 fructidor an III, le numéro 15, à partir duquel ne collaborait plus Chasles, le 30 frimaire an III. Le nom de Chasles n’apparaissait jamais, il signait ses article du pseudonyme de Typo – Libero – Phile.

[28] Michel Chasles, le géomètre et  père du théorème portant son nom, est son neveu.