Mars 1789 Mendiant vu à Mamers

A la veille de la Révolution, l’opinion était très largement répandue en France, surtout chez les possédants, que tout mendiant était un candidat au crime ce que soulignait le Sieur Caillard d’Allières, président du bureau du district de Mamers :

« La mendicité est l’apprentissage du crime ; elle commence par faire aimer l’oisiveté qui sera toujours le plus grand mal moral et politique : dans cet état, le mendiant sans principes, ou tout au moins sans habitudes d’honnêteté ne résiste pas longtems à la tentation du vol. Bientôt il n’a plus d’autre frein dans ses idées de rapines que la crainte des peines dues aux malfaiteurs, et dès qu’il a acquis assez d’adresse pour se persuader qu’il échappera aux recherches de la justice, il devient au moins rapineur journalier et souvent voleur de profession. Parmi les brigands, il en est bien peu ne le soient devenus par cette profession funeste dont la mendicité est le premier pas et l’indigence la première cause.[1]»

La société d’Ancien régime s’attendait toujours à ce que les mendiants passent le seuil de la criminalité. Cette « peur » ancienne et très répandue allait se concrétiser quelques mois plus tard, à la fin du mois de juillet 1789, dans ce que nous avons pris l’habitude de nommer « la grande peur » ( voir l’article de ce blog intitulé : « Mamers du 19 au 23 juillet 1789 : les folles journées » :

http://www.nogentrev.fr/archives/2016/04/22/33864142.html ).



[1] AD 72 C 94.