Le 4 octobre 1789 à Mamers.

Le dimanche 4 octobre 1789 dans une première délibération, le comité municipal de Mamers décidait d’envoyer à Monsieur, frère du roi, un placet afin de le supplier « de ne pas tirer à Consequence Sur Le priX de l’adjudication du Bois  de Cette année pour Subvenir auX Besoins des pauvres de la Ville et Gens peu Fortunés ». Cette mesure avait été prise afin de financer le comité du charité chargé d’assurer l ‘approvisionnement de la ville en grains et farines.

La seconde délibération portait sur les mesures à prendre contre les sieurs Pinceloup et Boutard qui avaient tenté d’organiser une troupe afin d’empêcher les boulangers de livrer du pain hors de la ville. Au cours de cette information on en apprend plus sur le déroulement des événements. Dès le samedi soir, le sieur Pinceloup avait organisé une réunion à l’hôtel du roi d’Espagne au cours de laquelle plusieurs hommes ( jeunes et moins ) s’étaient engagés par écrit à former une compagnie de chasseurs. Le lendemain les sieurs Pinceloup et Boutard avaient déposé au greffe de la municipalité ledit « placet » signé des volontaires et une « sorte d’arrêté », ce qui avait suscité l’arrêté pris par le comité par la suite ( voir l’article de ce blog : http://www.nogentrev.fr/archives/2017/02/08/34911812.html ). Les deux « agitateurs » faisaient manifestement partie d’une certaine « élite » mamertine. Ce qui peut expliquer le passage suivant extrait de l’arrêté pris par le comité municipal la veille ; « […] Le Comité a Fait et Fait deFFense à toutes personnes de quelles qualités et conditions quelles Soient de Faire aucun attroupement particulier distinct des Compagnies de La Milice Bourgeoise Sans Y avoir eté authorisé par Le Comité de Sureté [...] ». C’était clair pour le sieur Boutard qualifié de praticien, soit médecin, ce n’était pas aussi certain pour le Sieur Pinceloup[1]. Le comité décidait de mener une information et recevait les déclarations de quelques témoins puis décidait d’emprisonner dès le lendemain matin le sieur Pinceloup pour huit jours et seulement trois pour Boutard. Cependant, il n’est pas certain que tous les membres du comité étaient  d’accord avec cette décision en effet le compte-rendu de l’arrêté en question précisait que il «  […]  a eté arresté par Le Comité à La pluralité des Voix  […] », c’est donc qu’il y eut vote qui ne fut pas unanime sinon ce fait eut été consigné sur le registre.

89-10-04 à Mamers

« [ en marge gauche haut du feuillet 27 verso :

253

Pour le prix des

Bois ]

Aujourd’huY  quatriéme d’octobre mil Sept cent quatre vingt neuf.

A L’assemblée Du Comité Municipal de Mamers tenue en L’audience Lieu ordinaire des assemblées du Comité de Sureté a eté arresté qu’il Seroit adressé à Son Altesse Royalle Monsieur Frere du RoY un placet à L’efFet de la Supplier de ne pas tirer à Consequence Sur Le priX de l’adjudication du Bois  de Cette année pour Subvenir auX Besoins des pauvres de la Ville et Gens peu Fortunés

[ en marge gauche milieu  du feuillet 27 verso :

254

information

contre Pinceloup ]

A eté ensuitte arresté que Sur Les differentes plaintes qui ont eté portées contre Les S.rs Pinceloup et Boutard qui Se Sont Ingerés de Former une Compagnie de Chasseurs Composée de plusieurs Jeunes Gens de la ville Sans y avoir eté authorisé de la part du Comité de Sureté qui pour parvenir a Faire executer Leur projet ont d ont présentés à L’assemblée du Comité d hier une espece de placet Souscrit d’un certain nombre de Jeunes gens et même de gens mariés appuyés d’un espece d’arresté Fait entre euX dont Le depot a eté Fait au greffe du Comité, que le S.r Pinceloup Se trouvant accusé d’avoit tenu des propos Indecents Lorsque Le Comité a Fait publier Le Jour d’hier Sur les deuX heures ou environ aprés midy l’arresté consenti de La part de tous Les Membres d’Icelui, Il  Sera à l’Instant Informé  desd. Faits par audition de temoins pour aprés L’Information Faitte estre Statué ce qu’il appartiendra.

Et Procedant à Lad. Information est Comparu Julien Peuvret M.e  d’Ecolles de cette Ville y demeurant Lequel nous a declaré avoir entendu dire avoir entendu dire [ sic ] par Le Sr Pinceloup en S’adressant aud. FleurY tambour Lorsque Le Jour d’hier Il publioit L’arresté du Comité Sur les deuX heures aprés midY au b prés des halles Vous IreZ dire à ces Messieurs du Comité qu’ils ne Sçavent ce qu’ils disent ce q est ce qu’il a dit Sçavoir et a Signé une Sillabe rayée nulle  Peuvret.

Est aussi Comparu M.e Jacques Clement Levassier de La Cailliere, Prestre habitué de cette Ville y demeurant Lequel nous a declaré avoir entendu dire par le S.r

28.e

Pinceloup de cette Ville Il y a quinZe Jours que le Comité ne Sçavoit Ce qu’il Faisoit et que  S’il etoit à la teste Il le Conduiroit mieuX et a Signé

Levassyer Cailliere prestre

Est aussi Comparu Jacques Fleury tambour de la Milice Bourgeoise de cette Ville y  demeurant Lequel nous a declaré que publiant hier Sur les deuX heures aprés midy L’arresté du Comité portant deffenses a toute personne de Faire des attroupements Sans y estre authorisé  Et qu’on Scavoit Avoir  eté projetté de la part du S.r Pinceloup Il  entendoit dire  par Celui cy que le Comité ne Sçavoit ce qu’il disoit et que Lui deposant eut a le dire au Comité est ce qu’il a Repeté plusieurs Fois # [ rajout en marge : # declare en outre que le S.r  Boutard Praticien en cette ville+ [ rajout en fin du présent rajout : + Etant avec le S.r Pinceloup  Jacques Fleury ] Lui présenta à Lui tambour des papiers pour qu il eut à les publier à L’Instant ] a lui donné lecture de Sa présente declaration qu’il a Signée. Jacques Fleury

Est pareillement Comparu Guillaume Peuvret M.d Boulanger de cette Ville y demeurant Lequel nous a declaré avoir entendu dire # [ rajout en fin de déclaration : # hier Lors de la publication de L arresté du Comité, approuvés  Les mots auroient, Lues  [sic ], et publiquement  ] par le S.r Pinceloup par plusieurs fois que le Comité ne Sçavoit ce qu’il disoit et qu’il Vouloit que le tambour qui publioit l’arresté du Comité publia Le Contraire, et qu’au même Instant de Son Propos Led. S.r Pinceloup+ [ rajout en fin de déclaration : + ainsi que le S.r Boutard  ]  auroient présentés a Fleury tambour des papiers qu’il  avoit tiré de Sa poche Affin qu’il publia Le Contraire IO [ rajout en fin de déclaration :IO de L’ordonnace ] est ce quil a declaré et a Signé

G Peuvret

Vu ce qui Resulte des declarations desd. Temoins, et Considerant  que la Conduitte desd . S.rs Pinceloup et Boutard et notamment celle dud. S.r Pinceloup est Indescente et despectueuse pour tous les Membres du Comité et capable d’exciter en cette Ville un Esprit de Revolte et de Sedition ; Instuit d’ailleurs de certains autres Faits Sur  lesquils  | sic ] Le Comité Se reserve de  prendre Les ConnoisSances necessaires et de Faire toutes poursuittes Sur IceuX S’il y a lieu a eté arresté par Le Comité à La pluralité des Voix que Les S.rs Pinceloup et Boutard Seront arresté demain matin à La garde descendante et conduit dans Les prisons de cette ville par quatre Dragons Et  deuX Cavaliers de Marechaussée qui Seront requis à cet effet en La personne de Leur Commandant pour Ledit S.r Pinceloup rester pendant l’espace de huit Jours et Le S.r Boutard pendant trois Seulement.

Fait Et arresté En L’audience du Baillage Les Jour Et an que dessus.

                  Bremont        Le Proust desageux     Hardoüin desnos

         Villajeux                      Duprey             Lair

           Petithomme pere                   Le Balleur

           Dureau              dubois  Jacques    G Peuvret     J Mulo

           Bouteveille     J Guitrel Lainés     pierre Fleur

            odillard [ ou Caillard ]    P Chauvin

          Le Camusat  Lieutenant              

              De Maire                      Renard

                                                  S.re G.er»[2]

                                                            



[1] Même si l’absence de toute précision autre que son patronyme ne nous permet pas d’identifier ledit Pinceloup avec précision, nous ne pouvons pas nous empêcher de penser ( sans certitude aucune ) qu’il pouvait être rattaché à la richissime famille de négociants en étamines implantée à Nogent-le-Rotrou. D’autant que Mamers était également impliquée, certes faiblement mais de façon certaine, dans la fabrication des étamines, et que ( comme nous le verrons plus loin ) les Pinceloup avaient des intérêts dans les futurs département de l’Orne et de la Sarthe. Enfin le patronyme est strictement limité de nos jours à Nogent et sa région. Pour avoir une idée de la richesse des Pinceloup nogentais nous  citerons le cas de Jacques Pinceloup, fils d’un négociant en étamines de Nogent – le – Rotrou où il exerçait lui – même cette activité en collaboration avec son frère, et qui entra dans la communauté des marchands drapiers – merciers du Mans, le 25 octobre 1747, par son mariage avec une demoiselle Cureau ( une des plus grosses familles de négociants du Mans ). Son apport personnel audit mariage était de 50 000 livres, la demoiselle apportait la même somme. Signalons qu’il était de plus seigneur du Theil – sur – Huisne et de Courgain ( voir Gérard, Guyau. 1789-début 1793 : le mouvement populaire dans le district de Nogent-le-Rotrou. Mémoire de maîtrise : Université de Paris VII ; 1984. Pages 25 à 27 ).

[2]  AD72 1MI 1343 ( R 130) – 110 AC 9,11,12 et 13.

Le 4 octobre 1789 à Mamers.

 

Le dimanche 4 octobre 1789 dans une première délibération, le comité municipal de Mamers décidait d’envoyer à Monsieur, frère du roi, un placet afin de le supplier « de ne pas tirer à Consequence Sur Le priX de l’adjudication du Bois  de Cette année pour Subvenir auX Besoins des pauvres de la Ville et Gens peu Fortunés ». Cette mesure avait été prise afin de financer le comité du charité chargé d’assurer l ‘approvisionnement de la ville en grains et farines.

 

La seconde délibération portait sur les mesures à prendre contre les sieurs Pinceloup et Boutard qui avaient tenté d’organiser une troupe afin d’empêcher les boulangers de livrer du pain hors de la ville. Au cours de cette information on en apprend plus sur le déroulement des événements. Dès le samedi soir, le sieur Pinceloup avait organisé une réunion à l’hôtel du roi d’Espagne au cours de laquelle plusieurs hommes ( jeunes et moins ) s’étaient engagés par écrit à former une compagnie de chasseurs. Le lendemain les sieurs Pinceloup et Boutard avaient déposé au greffe de la municipalité ledit « placet » signé des volontaires et une « sorte d’arrêté », ce qui avait suscité l’arrêté pris par le comité par la suite ( voir l’article de ce blog : http://www.nogentrev.fr/archives/2017/02/08/34911812.html ). Les deux « agitateurs » faisaient manifestement partie d’une certaine « élite » mamertine. Ce qui peut expliquer le passage suivant extrait de l’arrêté pris par le comité municipal la veille ; « […] Le Comité a Fait et Fait deFFense à toutes personnes de quelles qualités et conditions quelles Soient de Faire aucun attroupement particulier distinct des Compagnies de La Milice Bourgeoise Sans Y avoir eté authorisé par Le Comité de Sureté [...] ». C’était clair pour le sieur Boutard qualifié de praticien, soit médecin, ce n’était pas aussi certain pour le Sieur Pinceloup[1]. Le comité décidait de mener une information et recevait les déclarations de quelques témoins puis décidait d’emprisonner dès le lendemain matin le sieur Pinceloup pour huit jours et seulement trois pour Boutard. Cependant, il n’est pas certain que tous les membres du comité étaient  d’accord avec cette décision en effet le compte-rendu de l’arrêté en question précisait que il «  […]  a eté arresté par Le Comité à La pluralité des Voix  […] », c’est donc qu’il y eut vote qui ne fut pas unanime sinon ce fait eut été consigné sur le registre.

 

 

 

« [ en marge gauche haut du feuillet 27 verso :

253

Pour le prix des

Bois ]

 

Aujourd’huY  quatriéme d’octobre mil Sept cent quatre vingt neuf.

A L’assemblée Du Comité Municipal de Mamers tenue en L’audience Lieu ordinaire des assemblées du Comité de Sureté a eté arresté qu’il Seroit adressé à Son Altesse Royalle Monsieur Frere du RoY un placet à L’efFet de la Supplier de ne pas tirer à Consequence Sur Le priX de l’adjudication du Bois  de Cette année pour Subvenir auX Besoins des pauvres de la Ville et Gens peu Fortunés

 

[ en marge gauche milieu  du feuillet 27 verso :

254

information

contre Pinceloup ]

 

A eté ensuitte arresté que Sur Les differentes plaintes qui ont eté portées contre Les S.rs Pinceloup et Boutard qui Se Sont Ingerés de Former une Compagnie de Chasseurs Composée de plusieurs Jeunes Gens de la ville Sans y avoir eté authorisé de la part du Comité de Sureté qui pour parvenir a Faire executer Leur projet ont d ont présentés à L’assemblée du Comité d hier une espece de placet Souscrit d’un certain nombre de Jeunes gens et même de gens mariés appuyés d’un espece d’arresté Fait entre euX dont Le depot a eté Fait au greffe du Comité, que le S.r Pinceloup Se trouvant accusé d’avoit tenu des propos Indecents Lorsque Le Comité a Fait publier Le Jour d’hier Sur les deuX heures ou environ aprés midy l’arresté consenti de La part de tous Les Membres d’Icelui, Il  Sera à l’Instant Informé  desd. Faits par audition de temoins pour aprés L’Information Faitte estre Statué ce qu’il appartiendra.

 

Et Procedant à Lad. Information est Comparu Julien Peuvret M.e  d’Ecolles de cette Ville y demeurant Lequel nous a declaré avoir entendu dire avoir entendu dire [ sic ] par Le Sr Pinceloup en S’adressant aud. FleurY tambour Lorsque Le Jour d’hier Il publioit L’arresté du Comité Sur les deuX heures aprés midY au b prés des halles Vous IreZ dire à ces Messieurs du Comité qu’ils ne Sçavent ce qu’ils disent ce q est ce qu’il a dit Sçavoir et a Signé une Sillabe rayée nulle  Peuvret.

 

Est aussi Comparu M.e Jacques Clement Levassier de La Cailliere, Prestre habitué de cette Ville y demeurant Lequel nous a declaré avoir entendu dire par le S.r

 

28.e

Pinceloup de cette Ville Il y a quinZe Jours que le Comité ne Sçavoit Ce qu’il Faisoit et que  S’il etoit à la teste Il le Conduiroit mieuX et a Signé

Levassyer Cailliere prestre

 

Est aussi Comparu Jacques Fleury tambour de la Milice Bourgeoise de cette Ville y  demeurant Lequel nous a declaré que publiant hier Sur les deuX heures aprés midy L’arresté du Comité portant deffenses a toute personne de Faire des attroupements Sans y estre authorisé  Et qu’on Scavoit Avoir  eté projetté de la part du S.r Pinceloup Il  entendoit dire  par Celui cy que le Comité ne Sçavoit ce qu’il disoit et que Lui deposant eut a le dire au Comité est ce qu’il a Repeté plusieurs Fois # [ rajout en marge : # declare en outre que le S.r  Boutard Praticien en cette ville+ [ rajout en fin du présent rajout : + Etant avec le S.r Pinceloup  Jacques Fleury ] Lui présenta à Lui tambour des papiers pour qu il eut à les publier à L’Instant ] a lui donné lecture de Sa présente declaration qu’il a Signée. Jacques Fleury

 

Est pareillement Comparu Guillaume Peuvret M.d Boulanger de cette Ville y demeurant Lequel nous a declaré avoir entendu dire # [ rajout en fin de déclaration : # hier Lors de la publication de L arresté du Comité, approuvés  Les mots auroient, Lues  [sic ], et publiquement  ] par le S.r Pinceloup par plusieurs fois que le Comité ne Sçavoit ce qu’il disoit et qu’il Vouloit que le tambour qui publioit l’arresté du Comité publia Le Contraire, et qu’au même Instant de Son Propos Led. S.r Pinceloup+ [ rajout en fin de déclaration : + ainsi que le S.r Boutard  ]  auroient présentés a Fleury tambour des papiers qu’il  avoit tiré de Sa poche Affin qu’il publia Le Contraire IO [ rajout en fin de déclaration :IO de L’ordonnace ] est ce quil a declaré et a Signé

G Peuvret

 

Vu ce qui Resulte des declarations desd. Temoins, et Considerant  que la Conduitte desd . S.rs Pinceloup et Boutard et notamment celle dud. S.r Pinceloup est Indescente et despectueuse pour tous les Membres du Comité et capable d’exciter en cette Ville un Esprit de Revolte et de Sedition ; Instuit d’ailleurs de certains autres Faits Sur  lesquils  | sic ] Le Comité Se reserve de  prendre Les ConnoisSances necessaires et de Faire toutes poursuittes Sur IceuX S’il y a lieu a eté arresté par Le Comité à La pluralité des Voix que Les S.rs Pinceloup et Boutard Seront arresté demain matin à La garde descendante et conduit dans Les prisons de cette ville par quatre Dragons Et  deuX Cavaliers de Marechaussée qui Seront requis à cet effet en La personne de Leur Commandant pour Ledit S.r Pinceloup rester pendant l’espace de huit Jours et Le S.r Boutard pendant trois Seulement.

Fait Et arresté En L’audience du Baillage Les Jour Et an que dessus.

                  Bremont        Le Proust desageux     Hardoüin desnos

         Villajeux                      Duprey             Lair

           Petithomme pere                   Le Balleur

           Dureau              dubois  Jacques    G Peuvret     J Mulo

           Bouteveille     J Guitrel Lainés     pierre Fleur

            odillard [ ou Caillard ]    P Chauvin

          Le Camusat  Lieutenant              

              De Maire                      Renard

                                                  S.re G.er»[2]

 

 

    

 

 

                                                                                                                                                                                                             

                                                                                  

                                                            



[1]       Même si l’absence de toute précision autre que son patronyme ne nous permet pas d’identifier ledit Pinceloup avec précision, nous ne pouvons pas nous empêcher de penser ( sans certitude aucune ) qu’il pouvait être rattaché à la richissime famille de négociants en étamines implantée à Nogent-le-Rotrou. D’autant que Mamers était également impliquée, certes faiblement mais de façon certaine, dans la fabrication des étamines, et que ( comme nous le verrons plus loin ) les Pinceloup avaient des intérêts dans les futurs département de l’Orne et de la Sarthe. Enfin le patronyme est strictement limité de nos jours à Nogent et sa région. Pour avoir une idée de la richesse des Pinceloup nogentais nous  citerons le cas de Jacques Pinceloup, fils d’un négociant en étamines de Nogent – le – Rotrou où il exerçait lui – même cette activité en collaboration avec son frère, et qui entra dans la communauté des marchands drapiers – merciers du Mans, le 25 octobre 1747, par son mariage avec une demoiselle Cureau ( une des plus grosses familles de négociants du Mans ). Son apport personnel audit mariage était de 50 000 livres, la demoiselle apportait la même somme. Signalons qu’il était de plus seigneur du Theil – sur – Huisne et de Courgain ( voir Gérard, Guyau. 1789-début 1793 : le mouvement populaire dans le district de Nogent-le-Rotrou. Mémoire de maîtrise : Université de Paris VII ; 1984. Pages 25 à 27 ).

[2]             AD72 1MI 1343 ( R 130) – 110 AC 9,11,12 et 13.