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En 1792 deux grandes vagues de mouvements populaires taxateurs secouèrent la Beauce et les pays limitrophes. Ils s’inséraient dans le cadre d’une crise économique généralisée, dont un des indicateurs fut la montée continuelle du prix du pain en 1791 et 1792. A Chartres, le pain de 9 livres passa de 14 sols 6 deniers en 1791 à 1# 5 sols et 6 deniers en novembre 1792. Sur cette hausse se greffèrent d’importantes variations saisonnières au moment de la « soudure » : 60 % de hausse en l’espace de trois mois sur le marché de Châteauneuf – en – Thymerais au cours de l’été 1792[1]. La méfiance à l’égard des assignats se développait ; plutôt que de vendre leur récolte en échange d’assignats, les cultivateurs préféraient la stocker dans leurs greniers, contribuant ainsi à créer une disette factice. En 1792, les marchés furent à nouveau vides. La crise ne fut pas que frumentaire, elle touchait toutes les activités économiques, les industries de la métallurgie et de la laine furent également durement touchées. Le « prolétariat » fut spécialement affecté par le discrédit des moyens de paiement papiers. Ils ne disposaient que d’assignats.


[1] M. VOVELLE. « Les campagnes à l’assaut des villes sous la révolution ». In Ville et campagne au 18ème siècle ( Chartres et la Beauce ). Paris, 1980. P. 232.